PRO
LYMPHATIQUES. 117 pas aussi bien de leurs affections aiguës que de celles des veines ou du tissu cellulaire sous-cutané. Une fois qu’ils sont oblitérés, les parties d’où ils tirent leurs racines ne peu-
vent manquer d’être exposées aux engorgements. Leur abondance dans tous les tissus, et sur tous les points occupés par les veines, fait qu’à la rigueur ils pourraient servir de moyen de transport à tous les fluides hétérogènes qu'on accuse de causer plus ou moins de désordre dans l’économie. J’y ai trouvé du sang qui avait été absorbé dans le tissu cellulaire voisin, du pus dont le principe ne venait certainement pas de leur intérieur; outre que les matières inorbifiques qu’ils sécrètent eux-mêmes lorsque l’inflammation s’en est emparée, peuvent bien aussi, dans certains cas, circuler avec la Jymphe, et par suite se mêler au sang veineux.
Il est donc très-difficile d’aflirmer que le pus et autres substances observées dans les veines, n'y aient pas Cté versées par les Iymphatiques , et qu’elles avaient été prises au dehors directement par les veines elles-mêmes. Leur nombre , habituellement plus grand à la partie interne des membres et dans les régions où la peau offre le plus de finesse, porte naturellement à placer R les vésicatoires, les pommades et toutes les substances qu’on a l'intention de faire absorber, soit par la méthode tatraleptique, soit par la méthode endermique. C’est parce qu'ils ne laissent pas d’être volumineux au voisinage des veines superficielles, qu'on les blesse si souvent dans Ja phlébotomie, et qu'on voit Parfois suinter plusieurs gouttelettes de lymphe au fond de la petite plaie. Il est encore moins facile de les distinguer au pourtour des vaisseaux profonds , el
c'en est assez pour que, dans toutes les opérations qui se pratiquent sur les artères ou sur les veines, on en blesse à pe près inévitablement un certain nombre; mais ceci n'a que tres s—-peu d’ importance , tant que leur lésion ne se généralise pas, attendu qu'ils sont très-bien remplacés les uns par les autres”.
$ 2. — Portion gangliforme.
Les ganglions Iymphatiques sont, comme les vaisseaux: qui s’y rendent ou en partent, divisés en deux séries, les, uns étant situés sous la peau, les autres sous l’aponévrose.,
À. Ganglions superficiels. — Les ganglions Iymphatt ques superficiels, n’ayant de rapport qu'avec les vaisseaux, de la même nuance, indiquent par cela seul, quand ils se gonflent sympathiquement, que le mal à son siége en dehors des aponévroses, Les autres ne s’alièrent que par, suite de lésions situées plus profondément. Formés d'un parenchyme assez dur, destinés à modifier la Iymphe qui
les traverse lentement, doués d’une circulation difficile.
, < O1 PO f à 4 9 E = et d’une sensibilité peu développée, ces organes s engor gent avec une facilité très-grande, et deviennent souvent
malades, quoique les vaisseaux, quoique les canaux qui à leur apportent les principes morbifiques, soient restés M}
sains.
Les piqûres et tous les autres genres de plaies produi- 4 sent maintes fois le gonflement des ganglions de J’aisselle, M
1 Voir mon premier mémoire sur les maladies du système lymphatique, Arch. gén, de méd,, 1855.
LYMPHATIQUES. 114 sans affecter sensiblement les vaisseaux Iymphatiques intermédiaires. La même chose a lieu dans laine à l’occasion des chancres de la verge, et des suppurations de tout genre du pied ou de tout autre point du membre inférieur. Leur texture serrée fait que Ja suppuration y est difficile, et qu'elle s’y opère par infiltration au lieu de s’y présenter sous forme de foyers. Le peu de tissu lamelleux qu'ils renferment les empêche d’ailleurs de fournir du pus en abondance. Gomme l'inflammation n’y est pas ordinairement très-franche, on conçoit qu'il s’y développe plutôt des masses, des grains tuberculeux, de petits noyaux caséeux ou purulents que de véritables abcès. Plus fermes à la circonférence qu’au centre, les grains de pus dont ils s’infiltrent réagissent sur leur tissu, qu’ils font assez souvent disparaître, et les tranforment quelquelois en une R simple coque. Avec de telles dispositions, il est tout naturel que leur inflammation aiguë se propage facilement au tissu cellulaire qui les avoisine.
C'est ce qui fait que dans les bubons qui abcèdent , par exemple , l'affection comprend toujours deux éléments anatomiques :
1° Le ganglion, qui est rouge, enflammé, gonflé, mais non pas toujours suppuré ;
2° La couche celluleuse adjacente, qui est devenue le siége d’une collection morbide plus ou moins considérable.
Les mêmes motifs font que la résolution de ces glandes, une fois gonflées, enflammées ou dénaturées, s'opère avec une extrême difliculté; que dans bon nombre de cas elles ne reprennent point leur état naturel; que, dans leur
inflammation aiguë, il importe de ne pas confondre le
travail qui leur est propre avec celui de la couche celluleuse qui les enveloppe , et qu’une large incision est le meilleur moyen d'empêcher la séparation, le décollement de cette dernière, de même que l’amincissement de la peau”.
B. Ganglions profonds. — Ordinairement placés autour et sur le trajet des.artères, entourant les veines, environnés par les nerfs, les ganglions profonds exposent à toutes sortes de dangers et de méprises. La pression qu'ils exercent, en se gonflant, surles parties ambirantes peut déterminer de violentes douleurs, et même la paralysie en se portant sur les cordons nerveux, amener l'infiltration, l'inflammation ou la mortification du membre s'ils réaoissent plus particulièrement sur les veines et sur l'artère. Soulevés par les battements de celle-ci, ils sont de nature à en imposer pour un anévrisme , de même qu'ailleurs ils peuvent faire naître l’idée de hernies , d’abcès, de tumeurs de diverses natures. Gomme leur nombre est mal déterminé, comme certaines maladies ont le privilége de mettre en évidence les plus difficiles à découvrir, ils ont plus d’une
fois embarrassé le chirurgien par les accidents qu'ils dé- * t®) x
terminent dans des régions où l’anatomie n’en avait point encore signalé l'existence. D’après la position que je viens de leur assigner et leurs adhérences bien connues avec les vaisseaux sanguins, on prévoit que les opérations à pratiquer sur eux doivent être fort délicates et des plus dangereuses.
À 1 Voy. mon deuxième mémoire sur les maladies du système lympha-
tique , Arch. , janvier 1586.