‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 122 sur 173 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

L’extrémité céphalique du tronc, composée du crâne et de la face, surmonte le rachis de manière que, pour l’empêcher de basculer en avant, il faille un effort continuel des muscles de la région cervicale postérieure. L’ovoide qu’elle représente quand on [a suppose séparée du corps, fort irrégulier d’ailleurs, a sa pointe au menton, et sa grosse extrémité en arrière et en haut. L’échancrure profonde de sa région inférieure, remplie par le sommet du rachis et les parties molles du cou, lui donnerait plutôt quelque ressemblance avec une cornue si le front était moins élevé et les angles de la mâchoire moins proéminents en arrière. |

Comme son grand diamètre, étendu de la symphyse du menton au vertex, a une direction très-oblique de haut en bas, et deux fois plus de longueur en avant qu’en arrière, il est tout simple qu'abandonnée à elle-même, la tête retombe toujours du côté du sternum, ainsi qu'on le voit pendant le sommeil, chez les paralytiques et les vieillards. La même raison fait, qu'obligée de traverser soit un cer-

cle, soit un canal tant soit peu résistant, elle s’y engage à «

peu près constamment par l’occiput, ainsi que l'immense majorité des accouchements en donne chaque jour la preuve, Gela fait aussi que le contraire arrive dans les chu-

tes d’un peu haut, que la face alors tend à s'éloigner du thorax ; que sans la volonté du nageur, par exemple, c’est la face qui touchéerait l’onde la première, lorsqu'il se jette à l’eau par la tête ; enfin qu'il faut retenir le front, à l’aide de bandages, si on veut prévenir l’inclinaison antérieure du visage, quand il existe une plaie transversale à la nuque.

Le volume de la tête, l'importance des organes qu’elle renferme, la multiplicité des pièces qui la composent, expliquent suflisamment au surplus la fréquence de ses affections et le nombre d'opérations qu’on y pratique. Manifeste ettrès-grosse dès les premières semaines de l’état embryonnaire, elle peut avoir une croissance trop rapide ou trop lente, entout ouen partie ; d’où un certain nombre demonstruosités, de vices de conformation par exagération organique ou de ceux qu’on dit être par arrêt de développement. La friabilité de son tissu la rend alors très-facile à séparer du tronc, et nul doute que l’acéphalie ne soit souvent produite par cette cause.

Le fœtus, vivant à la manière d’un végétal, par l’intermède de son cordon, peut ainsi perdre le crâne, toute la tête, le cou et même une partie de la poitrine, qui se dissolvent insensiblement dans le liquide amniotique, et n’en pas moins continuer son développement pour le reste. Parmi les faits que j'ai observés, il en est plusieurs qui me semblent mettre la justesse de cette manière de voir hors de toute contestation, et prouver que c’est là qu’il faut aller chercher encore l’origine d’un grand nombre de monstruosités, bien plus que dans l'arrêt de développement, que tant de bons esprits admetteni aujourd’hui si légè-

rement. Un peu plus tard, après le troisième mois, la souplesse de ses os et la ténuité de ses tissus membraneux permettent à la tête de se mouler à toutes les formes, de se

s’allonger, à se réduire convenablement au moment de la

parturition.

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