‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 124 sur 173 · DE D FE · texte numérisé non relu

DE D FE

RE er En er TE

se brise ordinairement dans une plus grande étendue que l'autre. Les canaux veineux qui les parcourent expliquent comment la perforation du crâne est tantôt accompagnée, tantôt privée d’un écoulement sanguin assez abondant.

Les artères qui sillonnent la face interne des os du crâne font que dans les fractures le sang s’épanche souvent entre

eux et la dure-mère. Du reste, les adhérences de cette membrane ne permettent ni aux épanchements de sang, ni aux foyers purulents de s’étendre en nappe , et deviennent une des causes qui rendent alors l'opération du trépan fort avantageuse.

Les fausses sutures, lesssillons vasculaires de l'extérieur du crâne sont autant de causes d’erreur quand on cherche à reconnaître une fracture. La disposition du diploé chez les vieillards rend compte de l’atrophie qui occupe tantôt toute la boîte crânienne, tantôt quelques-uns de ses points seulement, et qui est probablement due à l’oblitération graduelle des vaisseaux.

Quoique le crâne renferme l'organe le plus délicat de l'économie, on l’a vu détruit dans un grand nombre de points, soit par des trépanations répétées ?, soit par des maladies *, sans que cet état ait, ainsi que je l’ai déjà dit

“ailleurs ‘ et que la tête de Fieschi vient encore d’en donner la preuve, amené la mort des sujets.

Sa mollesse, ses nombreux vaisseaux, font participer le cerveau à toutes les secousses qu'éprouve la tête, et D en

1 Velpeau, Du trépan dans les plaies de tête, 1834.

2 Quesnay, Pott, Solingen, V. D. Wiel, M. Toussaint, # Lacharière, Blegny, M. Richerand, M. Paillard, etc, K Du trépan dans les plaies de tête, in-8, 1834, |

permettent d’en expliquer la commotion, les épanchements et la contusion. L'importance de ses fonctions dit assez comment les blessures du crâne peuvent devenir dangereuses , et la distribution de ses ramifications artérielles fait pressentir que les épanchements sanguins doivent s’opérer de préférence dans sa substance-grise.

Les fontanelles qui se voient au bas des régions temporopariétales disparaissent en général de bonne heure chez le fœtus, et ne sont d'ailleurs d’aucun secours pour l’accouchement. Il peut se faire des hernies encéphaliques au travers, et c'est par là que des criminels ont quelquefois introduit dans le crâne de jeunes enfants des aiguilles et d’autres instruments. |

L’antérieure, la plus constante, la plus large des fontanelles du crâne, a la forme d’un losange, et les quatre sutures qui viennent s’y rendre se croisent à angle droit. On a supposé que des épingles et d’autres corps étrangers grêles, trouvés dans l'intérieur du crâne, sans trace d’ouverture externe, avaient été introduits par cette voie", On l'a vue persister chez un jeune homme de vingt ans, et même chez un autre de trente ans. C’est pour prévenir l’encéphalocèle ainsi que l’action des corps extérieurs, qu'on à conseillé en pareil cas des bonnets matelassés de diverses manières.

La fontanelle postérieure , souvent fermée lors de la naissance , est plus importante que l’autre, sous le rapport de la parturition. On la distingue à son étroitesse, à sa forme

4 Valentin, Voyage en ltalie, etc, Manne, Bulletin de la Société médicale d'Ermulation, mai 1810,

triangulaire , et surtout aux trois branches de sutures qui y arrivent en convergeant. La direction de ceslignes est même le seul caractère sur lequel on puisse compter pour la reconnaître, quand l'angle de l’ocipital n’est pas encore ossifié, ou quand la suture sagittale se prolonge vers le trou rachidien en séparant cet os en deux parties symétriques. De l’arrangement des divers os du crâne il résulte une boîte ovalaire ou sphéroïde qui résiste aux chocs à la manière des voûtes ou des sphères. L’abondance des veines qui en parcourent l'épaisseur et l’état vasculairede leur diploé ‘ les exposent à l’hémorrhagie, quand on les perfore *, aux fongus médullaires *, aux tumeurs érectiles #, à la dégénérescence fibreuse*, à se ramollir au point de devenir saignants à la moindre pression ° et comme charnus ?; à prendre une épaisseur de huit lignes $ et même plus”, ainsi que je l’ai observé une fois à la Pitié, en 1851. Alors cependant leur substance spongieuse disparaît assez souvent. Sur une pièce que M. Andralneveu m'a fait voir, en 1852, leur épaisseur, d’un pouce sur les côtés, d’un pouce et demi dans le ‘à de la suture sagittale, était

1 Gueneau de Mussy, Arck,, t, 21, p. 610.

? Franck, Comment. de la Soc, de Gæt., t. 7, p. 70,

8 Græfe, Arch., t. 18, p. 425. F

& Lauth, Correspondance particul., 1829.

5 Martin, Nouv. Bibl, méd.

5 V. Swieten, Comment., t. 2, p. 202.

7 Hippocrates, de Cap. vul., cap. 2.

8 Petit,t. 1, MM, Bérard et Dumontier l’ont vue portée à dix, douze, quinze, dix-huit lignes, Bibl, méd., t. 1, 1828, p. 437.

9 V, Swieten, loc. cit,

242 DU CRANE, accompagnée d’une éburnation presque complète’. La nature de la dure-mère rend compte des tumeurs fibreuses qu'on y observe souvent. Les épanchements entre cette membrane et les os, étant fetenus entre deux surfaces solides, se tranforment aisément en tumeurs fongueuses qui doivent être distinguées des précédentes.

En reprenant le crâne couche par couche on trouve ARE | |

1° Entre l’aponévrose et la peau un tissu serré, granuleux, qui ne se prête que difficilement à la diffusion des co Ilections, soit sanguines, soit purulentes, établies dans son épaisseur ; aussi les abcès et surtout les dépôts sanguins y sont-ils ordinairement peu étendus et très-disposés à se transformer en tumeurs de natures variées (athérome , stéatome, méliceris) ;

2° Entre l’aponévrose et le périoste une couche lamelleuse qui, par sa souplesse et sa perméabilité, favorise d’une manière toute spéciale l'épanouissement en nappes de ses inflammations, et de tous les épanchements liquides qui peuvent s’y fainéh de là l’étendue des décollements et de la HR à l’érysipèle phlegmoneux du crâne; de là aussi ces foyers de sang plus larges que saillants, qui ne sont point arrêtés par le trajet des su-

iures ;

3° Entre le péricrâne et les os, un tissu cellulaire, également lamelleux mais plus dense, qui réagit de la même : facon sur les phlegmasies et les infiltrations, mais qui, dans les décollements, reste quelquelois fixé sur les os

a rm à PS D IN CS

4 Voy, aussi Jadelor, Description d’une io ewtraord,, an 6,

s Ed

au lieu de suivre le périoste, de telle sorte qu’une collection, soit de sang, soit de pus, peut, à la rigueur, exister sous le péricrâne sans être à nu sur les os;

4° Entre la dure-mère et les os, ‘un tissu dense et filaménteux quitend à limiter, à refouler sans cesse les dépôts de toute nature vers leur point de départ, ou vers l’extérieur, qui fait du trépan un excellent remède de ces maladies, et qui favorise leur dégénérescence ou leur transformation en tumeurs diverses :

9° Entre la dure-mère et le cerveau, la cavité arachnoidienne, qui, ne pouvant guère être le siége que d’inflammations et d’épanchements diffus, fait que le trépan est rarement utile dans les collections dont elle est parfois le siége.

Il suit de ces remarques qu’il peut exister à la tête six espèces dépanchements de sang et de tumeurs sanguines, comme de suppurations et d’abcès : 1° sousla peau, 2° sous l'aponévrose, 5° sous le péricräne, 4° sur la dure -mère, 9° sous la dure-mère, 6° dans l’épaisseur du cerveau. Il en résulte aussi que les céphalæmatomes forment, ainsi que je l'ai établi d’abord en 1852", puis en 1855 ? puis en 18355, et depuis lors à la Charité sur plusieurs pièces, trois genres chez les enfants comme chez les adultes, au lieu de reposer toujours à nu sur les os comme on l’admet

opt eg om

1 De la contusion dans tous les organes. Paris, 1830,

3 Journal hebdomad, de Méd. et de Ch., 1833.

3 Art des Accouchem., 2° édit. Paris, 1835,

Voy. en outre sur ce sujet un excellent travail de M, Valleix, Journal hebdom, de Méd,, 1855-1856,

généralement en Allemagne ; puis que rien n'empêche ces collections, celles du moins qui se forment entre l'aponévrose et le périoste, de couvrir les sutures, ainsi que je l'ai observé de nouveau sur un enfant qu'avait reçu M. Salacroux, sur un autre que m’envoya M. Marie, et sur un malade admis dans mon service à la Charité, dans le courant de l’année 1855.

Je terminerai ces remarques en ajoutant que les os du crâne, se développant par un mouvement excentrique sous l'influence de leurs vaisseaux propres, au lieu d’être sous la dépendance du périoste, peuvent perdre les couches fibro-celluleuses qui en tapissent les surfaces, sans se nécroser nécessairement, qu’ils peuvent même alors s’épaissir, se couvrir de végétations, de bourrelets, de stalactites, de rugosités osseuses, soit à l'extérieur, soit à l’intérieur, ainsi que je l’ai vu souvent à la suite de plaies', que M. Larrey m’en a montré des exemples, et que M. Valleix en a trouvé sous des céphalæmatomes. Ce sont autant de particularités , au surplus, que les recherches * de ce dernier observateur expliquent parfaitement,

1 Du trépan dans les plaies de tête, 1834. Art des Accouchem., 2e édit. 2 Arch. gén. de Méd., 2° série, 1835, et Journal hebdom., 1835-1836.

Page 1