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1 Gazette médicale de Paris, 1830,
de l'os nasal et le cartilage triangulaire. Si ce nerf était le siége d’une névralgie, il ne scrait pas difficile de le découvrir et d’en faire la section. Toutes ces lames élastiques sont recouvertes d’un périchondre, très-dense, qui les unit aux parties environnantes , et se continue sur les os pour former le périoste. |
Des affections syphilitiques, des boutons cancéreux, des ulcères rongeants, exigent quelquefois l’amputation de l'extrémité libre du nez, et les remarques anatomiques qui précèdent font voir que l'opération peut être pratiquée jusqu’à l'endroit où les os s’unissent aux cartilages. C’est à l’occasion de cette ablation, ou de la perte du lobule par accident ou par maladie, qu’on a recommandé la rhinoplastique.
J.— Toutes les parties que nous venons de voir sont ainsi superposées :
1° La peau;
2° La couche cellulo-graisseuse ;
3° Les muscles et l’aponévrose (les vaisseaux etles nerfs sont répartis dans ces différentes couches ) ;
‘4° Le périoste et le périchondre ;
5° Les os et les cartilages,
Dans le lobule et les ailes, ces divers objets sont tellement mêlés que leur division en couches distingtes est à peu près impossible. Manquant de squelette, et n’étant pas soutenue en dedans, cette partie du nez, d’une texture homogène, n’exige d'attention pour les plaies que si elles en comprennent toute l'épaisseur. On devine qu’alors la suture en est le meilleur remède.
Comme le lobule est fortement excavé du côté des na-
rines, On conçoit qu'une déperdition de substance, assez superficielle en apparence, de son sommet, en amènerait facilement la perforation, et qu’alors le passage continuel de l'air en rendrait aisément l'ouverture fistuleuse.
Tant que la portion osseuse n’est pas altérée, il est permis de tenter le raccoûtrement du nez. Le lambeau qu’on emprunte au front est trop vasculeux ct trop souple jusque dans son sommet, pour qu’on ait à en redouter la mortification, et son homogénéité en rend l’agglutination on ne peut plus probable avec le contour avivé des parties conservées. Une fois les os détruits au contraire, la rhinoplastique offre moins d'avantage qu’un nez artificiel, attendu que, n'ayant plus aucun support, les tissus nouveaux se laissent affaisser comme de la peau disséquée,
La manière dont toutes les parties molles du nez sont umies entre elles permet de les disséquer au loin, de chaque côté, de les découper pour les ramener et les allonger, en les tirant à soi de manière à pouvoir se dispen= ser des lambeaux d'emprunt. Mais la rétraction qui s’empare du lambeau après la guérison, réagissant toujours avec désavantage, en pareil cas, sur le nouveau nez, qui s’aplalit et s’élargit au point de rester extrêmement difforme, fait que c’est une ressource qu’il ne faut appliquer qu'aux pertes de substance sans disparition du bout
de l’organe.
$ 2. — Warines ou région olfactive.
Gonstituée par les fosses nasales, la région olfactive est limitée, en haut par le tiers antérieur de la base du crâne; en bas, par la voûte palatine; en dehors, par la régio à
zygomatique et l'orbite; en arrière, par le pharynx; en avant, par l'ouverture du nez. La cloison qui sépare les fosses nasales s'incline souvent plus d’un côté que de l'autre, défaut de symétrie qui, porté très-loin, peut influer sur le timbre de la voix, sur la respiration, et faire croire à l'existence de tumeurs morbides. Partant de là, des chirurgiens ont fini par détruire la cloison elle-mêfhe , sous prétexte d’arracher les prétendus polypes. J’ai vu, en 1824, à la consultation de M. Bougon, deux malades qui avaient subi des tentatives de ce genre. La portion cartilagineuse de la cloison touchait le cornet inférieur. Chez l'un on s’y était repris à trois fois différentes, et on y était allé avec si peu de ménagement, que les deux fosses nasales communiquaient par une ouverture dans laquelle on imtroduisait facilement le bout du petit doigt.
À. — L'ouverture antérieure des narines regarde plus ou moins directement en bas, suivant que le lobule du nez est plus ou moins relevé. Sa forme est celle d'un ovale dont la petite extrémité serait en avant. La membrane muqueuse , épaisse , adhérente , peu colorée, participant encore à la plupart des caractères de la peau, y supporte des poils, sorte de vibrises destinés à retenir les corpuscules étrangers. Son squelette est formé par le cartilage à double branche indiqué dans la région nasale. Renfermé entre la peau et la membrane muqueuse, ce cartilage ne touche pas, par l'extrémité postérieure de sa branche interne, à l’épine nasale antérieure. Se contournant en dehors, au contraire, comme pour former un cercle, en se rapprochant de sa branche externe , qui, de son côté , s’incline en dedans, il fait que la grosse extrémité de l’ouver-
ture antérieure du nez se trouve véritablement dans la lèvre supérieure ; que cette ouverture est placée plus bas que le plancher des fosses nasales; que, pour introduire une sonde, une pince, le doigt, un corps étranger quelconque dans les narines, il faut d’abord marcher obliquement en haut, dans l’espace de plusieurs lignes, avant d'incliner l'instrument vers la ligne horizontale, et que, pour voir dans ces cavités, il est nécessaire de relever assez fortement le lobule du nez.
B. — La voûte, paroi la plus longue des narines, se Me en trois portions.
1°. La première ou l’antérieure, ie en bas dans la direction du nez, au dos duquel elle correspond , forme, en s’unissant avec la cloison, unerainure assez profonde, où la membrane muqueuse est fixe et villeuse, sans présenter de follicules et quoique moins adhérente qu’à l’ouverture qui vient d’être examinée, J’y ai souvent observé des polypes vésiculeux. Les ulcères sanieux ou cancéreux appelés ozènes y ont fréquemment leur siége. Son squelette est formé par une petite portion de l’échancrure nasale de l'os frontal; par la face postérieure de los nasal, qui est incliné en dehors vers l’apophyse montante du maxillaire supérieur; par la face interne du cartilage triangulaire , et de celui de l’extrémité libre du nez. En se terminant sous ce dernier, la gouttière nasale forme une espèce de culde-sac, qui rend le lobule beaucoup moins épais qu’on ne serait tenté de le croire en l’examinant à l'extérieur, et fait que, dans l’ablation ou la cautérisation des boutons cancéreux, il faut se garder d’aller trop profondément si on ne veut pas s’exposer à faire communiquer l'intérieur
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du nez avec l'extérieur. Un cas de ce genre s’est présenté,
en 1825, à l’hôpital de la Faculté, et j'en ai rencontré deux autres depuis, dont un chez une vieille femme morte du choléra, dans les salles de la Pitié, au mois d'avril
C’est entre l’aile du nez et la membrane muqueuse que sont placés les vaisseaux et les nerfs ethmoïdaux. Une artériole et une veinule assez grosses traversent l’os carré vers son milieu pour se porter au lobule et sur le dos de l'organe. La circulation activée de l’artériole explique la coloration qui se manifeste dans ces parties pendant le cours de quelques maladies, coloration qui indique, en général, un épistaxis , et qui dirigea le célèbre pronostic de Galien. Le nerf naso-lobaire est renfermé dans un sillon qui le conduit au bord inférieur de l’os, là où une petite échancrure lui permet de Por la face externe des
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2°, La portion moyenne de la voûte des narines est horizontale, et correspond à la fosse ethmoïdale du crâne. Elle a deux ou trois lignes de largeur seulement. Sa membrane muqueuse est épaisse, molle et villeuse. La plaque criblée de l’ethmoïde, et, en arrière, une très-petite portion des apophyses d’Ingrassias, en forment le squelette. C’est par là que les projectiles, les corps étrangers de toute nature, poussés avec une certaine force, peuvent arriver dans le crâne, et tuer sur-le-champ en dilacérant le cerveau. De toutes manières, c’est le point où les blessures sont le plus dangereuses, car, quand même leur effet ne s’étendrait pas jusque dans la boîte encéphalique, elles produiraient au moins Ja perversion de l’odorat, à cause
NARINES. 200 de l'épanouissement du nerf olfactif dans ce point. La fréquence des maladies, le peu d'épaisseur des os, souvent cariés dans la syphilis invétérée, et les rapports anatomiques de cette région avec le crâne, expliquent la présence dans le nez des hernies du cerveau dont parle Boyer’, et des tumeurs fongueuses de la dure-mère que j'y ai
encontrées, accident que l’absence primordiale de la lame Eté de l’ethmoïde observée par M. Blandin*® rendrait encore plus facile. C’est à l’endroit où cette portion de la voûte s’unit à la précédente que se trouve, sur les côtés de l’apophyse Crista galli, la petite fente qui laisse passer du crâne dans le nez le filet ethmoïdal du nerf ophthalmique et l'artère du même nom. 5°. La troisième portion, ou la plus reculée, du plafond nasal, mclinée en bas et en arrière, correspond à la selle turcique. Sa membrane muqueuse, un peu plus serrée, présente des follicules et se continue avec celle de la voûte du pharynx. Son squelette formé par un prolongement de l’apophyse orbitaire de l’os pâlatin, un aileron du vomer, qui, avec le corps du sphénoïde, constitue un petit canal que parcourent l'artère et le nerf ptérygo-palatins, est complété en devant par le corps du sphénoïde encore et par les cornets de Bertin. Ici, se trouve une ou verture inégale, de dimensions variables, qui conduit dans les sinus du sphénoïde. Quelques raisons portent à croe que lodeur qu’exhalent certains sujets dépend d’ulcérations de la membrane qui tapisse ces cavités, qui