‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 142 sur 173 · DU GOSIER · texte numérisé non relu

DU GOSIER

vaisseaux et les nerfs n’ont rien ici d'important sous le rapport chirurgical. Les capillaires veineux y étant trèsabondants , permettraient peut-être cependant d’expliquer les résultats prompts et avantageux que j'ai obtenus, et que MM. Toirac, Guillon, ainsi que beaucoup d’autres, m'ont dit obtenir en touchant cette région avec le nitrate d'argent, ou l’alun, dans certaines inflammations.

B. — Les muscles du palais sont les péristaphylins internes , qui entraînent le voile vers les fosses nasales; les péristaphylins externes, qui l’élargissent en le tirant horizontalement , à cause du crochet de l’apophyse ptérygoïde; les pharyngo et glosso-staphylins, qui l’abaissent vers la base de la langue; enfin, le palato-staphylin, qui appartient spécialement à la luette. Comme ces muscles sont placés de côté, il est facile d'expliquer l’écartement du palais, dans les cas où cet organe est divisé ; mais il ne l'est plus autant de se rendre compte du rapprochement spontané de ses plaies dans quelques mouvements convulsifs du pharynx, quand on pratique la staphyloraphie, par exemple. Ghez un jeune garçon auquel j'avais fendu verticalement toute l'étendue de cette partie, pour le débarrasser d’un polype énorme, les lèvres de la plaie, au lieu de s’écarter, finirent par se rapprocher en commen- Gant par la luette. Les lois connues de la contraction musculaire ne me semblent pas expliquer. ce fait d’une manière satisfaisante.

Que le voile, comme la voûte du palais, soit ou non formé par le rapprochement de deux parties latérales, dès que ce rapprochement ne s’eflectue pas , il en résulte une division congénitale, qui peut exister seule, ou bien être

accompagnée d'un écartement plus ou moins grand de la suture palatine, se prolonger plus ou moins en avant, et coïncider avec un bec de lièvre simple ou double. C’est pour cette infirmité, déjà notée dans les siècles passés, déjà traitée par la suture avec succès, en ï 764, par le dentiste Lemonier ‘, qu’on n’en regardait pas moins de nos jours comme incurable, que MM. Græfe ? et Roux ? ont inventé la staphyloraphie, opération simple et facile en elle-même, mais délicate et longue, à cause de la mobilité et de la profondeur des organes sur lesquels on doit agir.

C. Luette. — Le bord libre du voile palatin se prolonge dans son milieu parune éminence conique, dont la longueur varie considérablement. Ce petit corps, attaché d’autre part à l’épine postérieure des fosses nasales, porte le nom de luette. Sa figure est calquée sur celle du muscle azygos uvulæ, qui en détermine la rétraction et en partie l’élévation. La membrane muqueuse en forme la plus grande partie, le constitue même en totalité, avec des follicules, dans la moitié inférieure de sa portion libre. Ses cryptes sont tellement gros et nombreux, qu’il en résulte une couche épaisse qui donne à la luette une apparence glanduleuse très-prononcée. C’est à leur gonflement, à l’inflammation du tissu cellulaire qui les renferme, ou à l’infiltration des lames de la muqueuse, qu'est dû ce qu’on appelle vulgairement chute de la luctte. De quelque nature que soit cet

1 Robert, Mém. sur différents objets de méd,, etc. 2 Journal de Hufeland, 1817.

8 En 1819. Revue méd,, 1825,

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