‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 144 sur 173 · AE À · texte numérisé non relu

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porte dans la paroi latérale du pharynx, et semble aller se fixer sur le corps de l’os hyoïde.

E. — Les amygdales, placées entre les piliers du palais, Eee d’un grand nombre de eryptes entre lesquelles la muqueuse se plisse en leur adhérant d’une manière intime, s’enflamment de deux manières différentes, par la surface ou par l'intervalle de leurs bosselures. Dans le premier ças la phlegmasie produit, pour l'ordinaire, des fausses membranes qui en ont maintes fois imposé pour des ulcères, et même pour la gangrène. |

Lorsque c’est dans le tissu cellulaire inter-folliculaire et sous-muqueux que les phénomènes inflammatoires ont principalement leur siége, ils tendent à former un abcès, et, constituent une sorte de phlegmon qu'il ne faut point confondre avec celui du tissu cellulaire environnant, et dont il sera question plus bas. En se reproduisant ces inflammations déterminent souvent l’induration de l'organe. Dans les deux circonstances l’instrument tranchant de vient quelquefois utile.

11 convient au reste de préciser les AS de la tonsille, dans sa partie externe surtout. C’est dans ce lieu en effet qu’elle avoisine la carotide interne , dont elle n’est séparée que. par le consiricteur du pharynx, du tissu cellulaire, des filets nerveux et un plexus veineux assez compliqué. | L’artère étant, en général, à huit ou dix lignes en arrière et en dehors de la glande, fait que le bistourt, plongé entre les piliers du voile du palais, l’exposerait d'autant plus qu’en se gonflant la tonsille peut s’en être beaucoup | rapprochée. Pour éviter un accident aussi grave, qui doit être à peu près constamment mortel ; il faudrait avoir soin

AMYCDALES. 355 de diriger la pointe de l’instrument vers le pharynx plutôt que du côté de la branche de la mâchoire. Quoique Burns en rapporte un exentple , Portal un second *, Béclard 5 un troisième, et Barclay * un quatrième , pce malheur doit cependant être très-rare.

Dans l’extirpation de la glande indurée, il ÿ aurait moins de risques encore. Comme l'organe est saisi avec une érigne ou des pinces, alors, il ne paraît guère possible, en le coipant avec des ciseaux, le bistouri ou quelque autre instrument, d'aller jusqu’à la carotide. Le tonsillitôme®, espèces d’anneau, dont un tranchant peut glisser sur l’autre, meitrait d’ailleurs à l’abri de tout danger, sous ce rapport, puisqu'il ne peut embrasser ou retrancher que la portion saillante du corpsmalade. L’hémorrhagie qui suit une telle opération, assez considérable dans certains cas, tient à ce que les artères palatines supérieure et inférieure forment dans L'amygdale un réseau très- développé, un cercle quelquefois assez volumineux , puis aux veines nombreuses ct d’un assez gros calibre, à l’espèce de plexus appliqué en dehors et contre la paroi postérieure du pharynx.

Quoi qu'il en soit, développée outre mesure, et franchement cancéreuse, comme je l’ai vu quatre fois, l’a mygdale ne pourrait pas être extirpéesans danger. C’est à tort cependant qu’on a rejeté cette opération d’une ma-

À Oper. cit, p. 281.

2 Anat, méd.; t: 4, p: 500.

3 J, Cloquet, Dict. de Méd.; t. >, p. 184.

8 Descript. of the Arteries, p. 34, Lond,, 1812, * Fahnestoch, Correspondance privée,

nière absolue. J'en ai démontré la possibilité en 1835, à la Charité, sur un malade qui avait dans le pharynx une masse cancéreuse plus grosse qu’une œuf d’oie.

C’est dans l’enfoncement qui loge les tonsilles, et sur elles-mêmes , que se développent'le plus souvent les ulcères syphilitiques du gosier, et que les concrétions croupales commencent à se former dans la grande majorité des cas. Aussi doivent-elles être examinées avec la plus minutieuse attention, quand on à quelques soupcons de maladies semblables.

Membrane muqueuse repliée un grand nombre de fois sur elle-même , les amygdales sont sujettes à toutes les inflammations de cet ordre de tissus ; d'autant plus que leurs nombreuses anfractuosités y retiennent avec forceles diverses causes d’irritation, soit générales, soitspécifiques. Aussi est-ce là que le nitrate d'argent, l’alun , l'acide hydrochlorique, appliquésen topiques, produisent les meilleurs effets’. Le tissu qui forme le centre de chacun de leurs replis, étant assez souple et très-vasculeux, en explique les véritables abcès, et la manière dontils s'ouvrent ou dont il convient de les ouvrir. Celui au milieu duquel elles plongent par leur moitié externe , et qui est beaucoup plus lâche, se continuant avec le tissu cellulaire du cou, montre comment leurs phlegmons intenses et les plus profonds peuvent s'étendre dans la région sus-hyoïdienne,

1 Bretonneau, de la Diphiérite, Arch., t. 13, p. 5.—Mackenzie, Ed, Med. and Surg, Jour. Ap., 1825, — Gendron. Jour comp., 1826-1828. — uimier, Jour. génér., août 1828.— Bourgeois, id., 1829.— Velpeau, Gazctte méd., janvier 1850-1835, Trousseau, Arch, t, 23, p. 383, 1830,

RÉGION PHARYNGIENNE. 397

ou même Jusqu'au-dessus de la clavicule, et ÿ produire d'assez vastes abcès, comme j'en ai observé trois exemples. Ne pouvant se porter autant en dehors, à cause de la màchoire et des aponévroses , dès que le gonflement s’en empare, elles proéminent l’une vers l’autre de manière à ré trécir en même proportion l’isthme du gosier , les narines, la trompe d’Eustache et même l'entrée du larynx; d’où surdité , difficulté de respirer et d’avaler. Leur mobilité D" permettant de les dégager aisément de l’excavation oùelles sont naturellement enfoncées, etles deux piliers du voile pouvant servir d'appui à l'instrument, fait qu’il vaut mieux, en définitive, user d’une simple érigne et d’un bistouri boutonné, porté en sciant de bas en haut, pour les exciser, que de recourir aux ciseaux et à la pince de Museux. Ayant vuesur la glotte par le côté, on conçoit qu’en tombant elles puissent la fermer en se glissant derrière l'épiglotte; mais c'estun accident que le hasard seulest capable d'amener , et qui ne me semble pas mériter l'importance que quelques personnes lui accordent encorede nos jours,

Ant. VIL — Région pharyngienne.

Plus large au milieu qu’à ses extrémités, le pharynx semble formé de deux cônes adossés par leur base, dont lun, supérieur , se recourbe en avant pour se continuer avec les fosses nasales, tandis que l’autre, inférieur, descend presque perpendiculairement.

$ 1.— La partie antérieure du pharynz en est la plus compliquée.

À.—L'ouverture postérieure desnarines, dontles parois su-

périeure et inférieure s’inclinent en bas, en formant une courbe et non pas un angle droit, explique la facilité avec |

laquelle les matières qui reviennent de l'estomac s’enga= . gent dansle nez, quand le: ‘voile du palais Ph AIs EE" ou.

détruit, et réciproquement pourquoi Les sondes ou autres Corps étrangers descendent aisément dans r arrière-b ouchol 1

du larynx, et sont éloignées, par ce moyen, des voies respiratoires , de même que les sondes ou autres tubes qu’on voudrait porter dans la glotte n’y arrivent que dif ficilement par le nez, tandis que, pour l'estomac, on Y parvient plus sûrement par cette route que par la RS 1

B. — L'ouverture buccale conduisant très-obliquement en bas dans le pharynx, qu’elle semble continuer en haut all en avant, fait à son tour que les aliments , réunis en bol sur la base de la langue, sont entraînés par leur “4 poids dans l’arrière-bouche, dès que l’isthme du gosier NE s’y oppose plus, et que les matières du vomissement onb plus de tendance à s’y engorger que dans le nez. La facon postérieure du larynx et son ouverture épiglottique , arris vant ensuite, présentent, dans le milieu, la saillie qui. correspond aux cartilages cricoïide et aryténoides , saillien plus marquée, mais aussi plus étroite en haut qu’en bas Sur les côtés on distingue deux gouttières profondes, SUN tout ense reportant vers labouche , oùu-elles v ont sé perdrôs après avoir passé en dehors de l’épiglotte; g gouttières qu 4

avec l’éminence, divisent naturellement les liquides en.

RÉGION PHARYNGIENNE. 359

deux colonnes à leur entrée dans le pharygrix , et les cmpêcheraient de s'engager dans le larÿnx, quand même l'épiglotte n’existerait pas”. Le tout est circonscrit latéralement par la face interne du cartilage thyroïde, revêtu de sa mémbrane villeuse.

Ce L'ouverture laryngienne , fente d’environ dix lignes d'avant en arrière , et d’uneligne et demie à trois lignes seulement en travers, plus large vers les cartilages aryténoïdes qu ‘en avant, et dont l'extrémité postérieure est moins élevée que l’antéricure, regardant en haut et légèrement en arrière , est surmontée par l’épiglotte, qui forme là une espèce de soupape fixée au larynx par ün pédicule dans Jangle rentrant du cartilage thyroïde, ét sur les côtés, par les ligaments aryténo-épiglottiques. La position de cette plaque cartilagineuse est telle qu’elle né ferme réellement la fente du canal aérifère que pendant la déglutitionet quand il est nécessaire de retenir une grande quantité d’air dans les poumons, par exemple, dans l’action de porter de lourds fardeaux ; encore faut- -il ajouter avec M. Bourdon * que l’oblitération du larynx s$ “opère bien plus alors par lerapprochement des cordes vocales que par l’a- baissement de l’épiglotte. F Autrement , l’épiglotte est relevée presque perpendiculairement, et sa face antérieure regarde l’arcade dentaire supérieure, tandis que l’férieure est tournée vers la paroi postérieure du pharynx. Aussi pour placer un tube

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4 Magendie, Trait, de Physiologie, 3° édit, 2 Isidore Bourdon, Rech. sur le mécan,' de la Resp., etc, Paris, 820.

360 DE LA FÂCE.

dans la glotte chez les nouveau-nés, où elle est verticale

el très-petite, et chez les asphyxiés, doit-on déprimer la langue, ‘et conduire la sonde par les côtés de l’isthme bad | Cal. En effet, on tombe ainsi dans les gouttières laryngées, el le bout de l’algalie étant recourbé en dedans, ne peut

manquer de rencontrer l'ouverture épiglottique en remontant du pharynx vers la langue’, Il est bien de noter, en

outre, que cette opération doit se faire en passant de pré- | férence par-la bouche, attendu que, par le nez, on irait w archouter contre la paroi postérieure du pharynx, et qu’il « serait difficile d’entrer dans le conduit aérifère, à moins À

d’ y engager l'extrémité de l'instrument avec le doigt porté profondément dans la gorge.

Le

$ 2. — La paroi postérieure du pharynx n'offre rien de.

bien remarquable. Seulement la membrane muqueuse y est très-épaisse, surtout en haut, et renferme des follicules nombreux, très-gros, qui expliquent la fréquence des ulcères ou des inflammations dont elle peut être le siége, et la couvrent d'inégalités, de vacuoles ou de saillies ge en ont maintes foisi imposé pour des altérations dont il n’existait pas vestige. Sa couche charnue comprend les trois muscles constricteurs. Séparée de l’atlas et de l’axis par la tête des muscles droits , et par -une certaine quantité de tissu cellulaire lâche où se développent assez souvent des abcès, naturellement exposée à se laisser déprimer, perforer même par les foyers et par les tumeurs diverses qui peuvent résulter des affections du rachis dans la région cervicale , elle n’est isolée du devant des vertèbres sur la Ne s

! Maingault, 4rch,, compte rendu de l Acad,

RÉGION PHARYNGIENNE. 361

ligne médiane, que par le-ligament prévertébral, et par le muscle grand droit antérieur ou le long du cou au-devant des apophyses transverses. Il n’y a par conséquent derrière elle aucun organe essentiel qu’il soit dangereux de blesser, et rien à craindre en ouvrant par la bouche les dépôts qui peuvent la soulever. Aussi certains bateleurs introduisent-ils impunément dans leur sosier des lames de fer d’un poids considérable. L’extrémité de la tige métallique appuyant alors sur le devant des vertèbres, fait que les mâchoires maintiennent l'équilibre.

L’adhérence de la paroi postérieure du pharynx avec les organes sus-mentionnés à lieu au moyen d’un tissu cellulaire lamelleux , lâche et très-extensible, dans lequel se ramifie l’une des branches del’artère pharyngée inférieure. Des veines bien plus grosses et bien plus nombreuses , qui se réunissent et se séparent plusieurs fois pour former un plexus, dont les troncs vont , én dernier résultat, se jeter dans la jugulaire interne, s’y voient également, ainsi que des filets nerveux du glosso-pharyngien, du pneumo-gastrique et du grand sympathique.

$ 3.— C'est dans la partie supérieure des parois latérales du pharynx que se rencontre la trompe d’Eustache. Gonsütué par une espèce de pavillon ou d’entonnoir , renfermant un fibro-cartilage, qui forme les deux tiers ou les rois quarts d’un canal complété par la membrane muqueuse qui enveloppe d’ailleurs toute sa portion libre ; et plonge même dans son intérieur pour se porter à l'oreille, ce canal est placé à quelques lignes en arrière du méat moyen des fosses nasales : c’est en devant et en haut que regarde sa portion échancrée. Entre la racine de l'apo-

physe ptérygoïde et l’apophyse basilaire , existe une excavation, dans laquelle il serait facile de porter la sonde par le méat moyen, si, arrivant dans le pharynx, le bot k

de relever un peu l'extrémité de l'instrument en dehors, |

de l'instrument est tant soit PER plusrelevéqu'ilne convient. Par le méat inférieur, on n’a besoin, au contraire, que

pour qu’elle glisse presque d'elle-même . le point convenable. à Le muscle péristaphylin interne, descendant au voile | du palais, représente une colonne oblique de haut en bas et M de derrière en devant, qui circonscrit, avec l apophyse ptérygoïde et le péristaphylin externe, un triangle à base infé- M

rieure , où se trouve renfermée la trompe , et dans lequel ! le cathéter , arrivant à la paene postérieure du méat ou du M

“osthe ci

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