‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 158 sur 173 · PARTIE POSTÉRIEURE: Sit · texte numérisé non relu

PARTIE POSTÉRIEURE: Sit

peau et la couche celluleuse, à un pouce environ au-dessous de la ligne courbe de l’occipital. Il est utile de s’en rappeler le siége, afin de ne pas se méprendre sur la na ture des tumeurs auxquelles ils pourraient donner nais sance. J'ai connu un jeune homme chez lequel l’un d’eux avait acquis le volume de l'extrémité du doigt. J’en connais un autre chez lequel ces ganglions se gonflent trèssouvent, de manière à former de petites tumeurs roulantes sous la peau. Beaucoup d’enfant m'ont permis de faire la même remarque.

$ 8. — NVerfs. Les branches postérieures des nerfs cervicaux en fournissentici un certain nombre. Le plexus cervical en donne quelques autres, et le sous-occipital s'y distribue principalement. Les premiers sont placés d’abord entre les muscles splénius et complexus. Ensuite leurs branches se séparent. Les unes s'engagent alors entre les complexus et la masse profonde des muscles. Les autres traversent les couches charnues qui les recouvrent, et toutes envoient des filets dans le tissu cellulaire sous-cutané. Le spinal se ramifie dans le muscle trapèze. Quel ques rameaux du plexus cervical serendent dans le même organe et dans l’angulaire du scapulum. Ceux-ci ne donnent qu’à la partie inférieure du cou. Les précédents occupent la région moyenne, et se perdent en grande partie dans les organes locomoteurs. Quelques autres filets, venant des branches auriculaire et mastoïdienne, ser rés dans les feuillets de l’'aponévrose, se perdent dans le tissu cellulaire qui les sépare des téguments. Le sousoccipital, qu’on peut considérer comme la première paire cervicale, est le plus important de tous les nerls de cette

région. En passant entre le crâne et l’atlas, il entre immédiatement dans le triangle circonscrit par les muscles obliques et grand droit postérieur de la tête, enveloppé dans le tissu cellulaire qui remplit cet espace , et auquel 1l adhère fortement. C’est à qu’il s’épanouit en trois branches principales, dont l’une descend, comme les branches profondes des auires nerfs cervicaux, sous le complexus qu’elle finit par traverser. Les deux ascendantes se portent vers l’occipital, traversent aussi les muscles ou leurs interstices, s’anastomosent avec les rameaux supérieurs du plexus cervical, entre l’aponévrose ct la peau, et avec d’autres fileis appartenant au facial.

Les nerfs postérieurs, plus abondants dans la portion sus-axoïdienne de la région du cou que partout ailleurs, expliquent en partie les douleurs si vives qu'y causent les inflammations. En y ajoutant la texture serrée des divers üssus, on aura de plus la raison des douleurs, quelquefois intolérables, qu'y font naître certaines tumeurs, et, enfin, de la difficulté avec laquelle le pus s”y rassemble en foyers. 9. — Le squeletie comprend une grande partie de l’occipital et toute la région cervicale du rachis. La portion de l'occipital qui appartiendrait au cou, ayant déjà été mentionnée ailleurs, nous occupera moins en ce moment. Sur les côtés, on voit deux saillies qui correspondent à la partie postérieure du cervelet. L’os, extrêmement mince, y est recouvert par une couche épaisse de parties molles. Les fractures y sont assez fréquentes, et d'autant plus redoutables qu'elles sont plus difficiles à découvrir. Ces bosses peuvent être perforées par des tumeurs de la

PARTIE POSTÉRIEURE. GR EE dure-mère, et même par la pression seule du cervelet. Dans ce dernier cas, 1l y aurait hernie cérébelleuse, comme on en peut voir deux exemples recueillis par Lallement et

par M. Baflos'.

On est généralement convenu qu'il ne faut pas trépa-

ner au-dessous de la ligne courbe supérieure de loccipital. Cependant si l'indication était positive, l'opération ne serait ni très-difficile, ni même beaucoup plus dangereuse que dans les autres points du crâne. Seulement il conviendrait d'agir sur le côté, et non sur la ligne médiane, ni près de la ligne courbe supérieure. On a dit aussi que les tumeurs de la dure-mère ne devaient point être enlevées, quoiqu'elles eussent percé le crâne. Le raisonnement et les faits semblent venir à l'appui de ce comseil, Toutefois, il est possible qu’une tumeur ait ere OS , sans avoir pour cela désorganisé largement la dure-mère -ou l'encéphale. Dans ce cas, je ne vois pas pourquoi son exlirpation ne serait pas entreprise, si, d'un autre côté , les progrès du mal devaient entraîner la mort du sujet. Une femme mourut en janvier 1825 à l'hôpital de perfectionnement , avec une tumeur dure et'immobile située à la partie inférieure interne d’une des bosses occipitales. Cette tumeur, qui avait percé l'os, offrait le volume d’une noix ordinaire, et la membrane fibreuse était parfaitement saine à une demi-ligne en dehors. Or, ilest évident que son enlèvement était possible, et que l'opération aurait offert les mêmes chances de succès là que sur touie autre partie du corps. |

EE nnes À

1 Boyer, Traité des Maladies chirurgicales, etc, t, 5, p. 201. FE GE

514 | DU cov.

Tci la colonne vertébrale est assez fortement concave. Ses apophyses épinéuses sont d'inégale longueur. La première vertèbre, n’en ayant point, permet à la tête de se renverser facilement en arrière. Celle de la seconde est grosse et très-longue; celle de la troisième est très-courte. Les suivantes vont graduellement en augmentant jusqu'à la proémi-

nente; en sorte que , depuis l’axis jusqu’à la septième, 11°

existe une échancrüre remplie par les parties molles surtout, échancrure qui doit engager à choisir le milieu du cou pour placer le séton. Étant presque horizontales, et, conséquemment, très-éloignées les unes des autres, elles donnent une certaine latitüde aux mouvements.

Les apophyses transverses, aussi très-courtes, diminuent t de la septième et de la première à la étendue dont jouissent les mouvements du

graduelle mu troisième.

cou est une conséquence naturelle de leur peu de lon-

sueur. Leur base est traversée par un canal pour le pas-

sage de l'artère vertébrale, qui se trouve ainsi protégée contre l'action des corps extérieurs. C’est en arrière de l'artère que passent les nerfs, et en dehors qu'ils se divisent.

Les facettes articulaires, plus rapprochces de la ligne horizontale que dans les autres régions, s'inclinent de plus en plus en descendant de la seconde jusqu’à la septième ; en sorte que leur déplacement est d'autant plus difhcile qu'on s'éloigne davantage de l’axis. La luxation des vertèbres cervicales au-dessous de l’axis, ‘admise par les uns, rejetée par les autres, est certainement possible. On en possède maintenant des exemples incontestables. S'il n’y a qu'une facctie qui passe devant l’autre, sans déchirure du

cartilage inter-vertébral, la luxation est incomplète , et peut exister sans paralysie; mais si les quatre surfaces se sont abandonnées en même temps que le fibro-cartilage s’est déchiré, la paralysie se déclare à l'instant, et quelquefois même la mort a lieu. |

C’est entre l’altas et la seconde vertèbre que l’arrangement de ces surfaces est important à noter. Ici, elles sont planes, horizontales ou légèrement inclinées en dehors. D'un autre côté, l'aflas n’a point de lames proprement dites, ni d’apophyses épineuses, ni de corps, point de ligament jaune par conséquent, ni de fibro-cartilage. [Len résulte que les mouvements ont lieu naturellement dans tous les sens, que la rotation peut être portée très-loin sans Fe mais que si, néanmoins, on dépasse le quart de cercle, la luxation s'effectue, parce qu’alors l’une des “facettes de l’atlas passe en avant et l’autre en arrière de celle de laxis. Il importe surtout de ne pas oublier Ja possibilité de cet accident dans l’accouchement par les pieds, En eflet, si, par exemple, la face s’est d’abord présentée en avant, l'accoucheur ne manque pas d'essayer de Ja reporter en arrière. En faisant tourner le tronc sur lui-même, à chaque traction il ne lui est pas diflicile de ramener le dos du.fæœtus vers les pubis. Dans ce cas, si la tête n’a pas suivi les mouvements imprimés à Ja poitrine, si elle est restée dans la position qu’elle OCCupail au commencement de la manœuvre, la luxation des deux premières vertèbres est presque inévitable , et la mort de l'enfant précède son extraction.

L'union de la tête avec le rachis mérite une attention toute particulière. Les condyles de l’occipital, convexes,

510 pu coû,

allongés, dirigés cbliquéement en dehors et éñi arrière, eh rapport enfin avec les facettes supérieures de l’altas, ne lui permettent que des mouvements de flexion et d'extension; mais comme les ligaments occipito-atloïdiens sont souples et assez larges, comme l'arc postérieur de la vertèbre est mince et n’a point d’apophyse épineuse, ce double mouvement peut être porté assez loin.

L'apophyse odontoide, espèce de pivot sur lequel tourne l'altas, fixée en dedans des condyles de l’occipital au moyen de deux courts faisceau x fibreux, ne peut presser sur la moelle qu'après avoir rompu le Higament transverse

de la première vertèbre, à moins qu’elle ne passe pardessous, cas pour lequel il faudrait que les, ligaments

odontoïdiens eussent été préalablement déchirés. On conçoit que, d’une manière comme de l’autre, pour produire

ce désordre, il faille une force considérable. Il paraît.

néanmoins que les suppliciés par la corde périssent fréquemment ainsi. Le plus souventles ligaments de l’odontoide sont d'abord rompus. L’apophyse s'échappe ensuite

de son anneau, et se place-dans le canal rachidien, de |

manière à déchirer la moelle, et à proäuire une mort instantance. Quelquelois aussi le faisceau transverse est brisé; et la mort a lieu de la même manière.

Chez les enfants, il faut beaucoup moins d'efforts pour produire le même ellet. L'apophyse verticale de la seconde verièbre est peu développée dans le jeune âge. Ses ligaments sont beaucoup moins résistants. L’anneau qui la renferme est moins serré. On comprend ainsi comment, en saisissant un enfant par les côtés de la tête, et le soulevant assez pour que ses pieds abandonnent le sol, on

PARTIE POSTÉRIEURE. 917 peut le faire mourir avec la rapidité de l'éclair, s’il fait quelques mouvements pour se RéGaE Tel est le cas rapporté par d. L. Petit. ‘

Les deux premières vertèbres cervicales sont unies en-

Page 1