XII INTRODUCTION
dant ce qui importe au praticien. Pour exécuter une opération quelconque , il ne suffit pas de savoir le nom des organes susceptibles d’être blessés, ni de ceux qui doivent être évités ; 1l faut encore se rappeler leur profondeur , leurs connexions exactes, la densité, l'épaisseur des couches qui les unissent ou les séparent, et mille autres remarques auxquelles l'anatomie chirurgicale seule est de nature à seprêter. L’anatomie ordinaire est si loin, sous ec rapport, de fournir toutes les notions désirables, que le chirurgien le plus habile serait rarement en état d'indiquer du doigt sur-le-champ et sans hésiter, en voyant une coupe d’amputation, même de la cuisse, tous les muscles, les vaisseaux, les nerfs et les cloisons fibro-celluleuses divisés, par leur nom. Qu’on juge par-là de ce qui arriverait dans les opérations plus délicates, et sur les régions véritablement compliquées.
Le cœcum estlarge et bosselé. Rempli de matières fécales dures, il peut être sentià travers les parois du ventre, et en imposer pour une tumeur morbide. Gomprimé par lui, le tissu cellulaire, abondant et lâche, qui siége au-dessous dans la fosse iliaque, peut devenir le foyer d’un dépôt. Refoulé par les viscères, arrêté en dedans par des adhérences plus fortes, le pus tend à se-porter de préférence, alors, en avant ou dans l’aine. La corde, l'instrument meurtrier du suicide ou de l’assassin, ne se portent si souvent dans l’espace thyroïdien que par suite de l’échancrure qui existe entre le larynx et l’os hyoïde. Si les fistules de cette région sent d’une guérison si difficile, c’est à la saillic du cartilage thyroïde en avant, à la rétraction opérée par Les muscles hyoïdiens supérieurs, à la texture de
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la membrane thyro-hyoïdienne, et à leurs rapports avec les autres organes, qu'il faut s’en prendre. Or, il est évident qu’en décrivant les parties, comme on le fait lorsqu'il s’agit de les faire connaître à titre de corps organiques, on ne serait point en mesure de mettre en relief toutes ces applications à la pratique.
Sans anatomie chirurgicale, point de chirurgien, est donc une proposition qui ne peut trouver aujourd'hui qu'un très-petit nombre de contradicteurs. Si les anatomistes sont loin de l’entendre tous de la même facon, c’est qu’en effet elle se prête à diverses interprétations.
1°. ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE. Ceux qui regardent l’anatomie chirurgicale comme synonyme d’anatomie toposraphique ou des régions, sont évidemment dans l'erreur. L’anatomie topographique peut être mais n’est pas nécessairement chirurgicale ; de même que l'anatomie chirurgicale n’entraîne pas absolument l’idée d'anatomie topooraphique. Les résumés pour chaque région du corps, qu'on trouve à la fin de l'ouvrage de Boyer, appartiennent à l'anatomie topographique, et ne contiennent rien de chirurgical ; tandis que les remarques pratiques éparpillées cà et à dans le manuel de Riolan et le traité de Portal donnent au livre de ces auteurs quelque chose de médicochirurgical. Étudiée par régions, l'anatomie chirurgicale seprésente, du reste, sous différents points de vue, quiont tous des avantages et des inconvénients.
A. Ordre de superposition. On peut, comme le faisait M. Bouvier dans ses leçons, examiner les tissus couche par: couche, depuis la peau jusqu’au squelette. Alors, les objets sont vus dans l’ordre où le bistourti doit les diviser. La peau