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cher aux tissus fibreux, on aurait un large cylindre creux, subdivisé en une infinité d’autres petits cylindres.
Un pareil arrangement, que je démontrais dans mes cours dès l’année 1822, mais que M. Gerdy ‘ a le premier décrit avec soin pour la cuisse, se voit assez bien sur les préparations déposées en 1 835 par MM. Chassaignac et Denonvilliers dans les cabinets anatomiques de la Faculté. Sans lui, toute inflammation, toute suppuration sous-aponévrotique, deviendrait presque inévitablement diffuse au point de pouvoir envahir l'intervalle des deux articulations du membre. Avec lui on conçoit, au contraire, que le sang, le pus, la sérosité, l'urine, que l'inflammation elle-même puissent rester comme emprisonnés dans chacune de ces gaînes, et gagner d’une de leurs extrémités à l’autre en agissant sur toute l'épaisseur du muscle ou des muscles quis’y trouvent rénfermés, sans atteindre les gaînes voisines. Cependant, comme les divers compartiments qui en résultent sont loin d’être toujours complets, d’être également solides partout, il est tout simple que les affections de l'un en
4 Bulletin des Sciences méd., tom. 4, février 1825. M. Gerdy, qui réclame lidée que je viens d'émettre sur les gaînes, fibreuses, se trompe quand il dit l'avoir publiée en 1825. Sa thèse né fait mention que des aponévroses de la cuisse. 11 se trompe encore en assurant que j'avais vu les préparations déposées par lui dansles cabinets de l'école sur ce sujet. Ses plaintes ont d’ailleurs lieu de m’étonnér, car il répète partout dans son livre « que mes descriptions sont fort inexacs tes; ce qui veut dire, je présume, qu’elles ne ressemblent pas aux siennes? J’ajouterai, à mon tour, que les pièces dont il parle et que je viens d'examiner sont trop incomplètes pour que personne puisse ja
mais en tirer aucun pañti. S
a Voy. Anat. des formes, etc., pag: Vii-181-209:
APONÉVROSES. O1 occupent bientôt plusieurs autres. Chaque cloison qui s'enflamme où qui suppure est une sorte.de filtre qui, se irans{ormant d'une manière graduelle en tissu cellulaire sur quelques-uns de ces points, peut communiquer le mal aux gaînes voisines. La suppuration se comporte 1 comme sous la peau. Le tissu lamelleux, fin et souple, qui revêt les parois du canal fibreux, est le moyen de diffusion des fluides et de l’inflammation, comme dans la couche sous-cutanée ; tandis que l'épaisseur des muscles, comme le tissu purement celluleux de l'extérieur, est plus favorable à la circonscription des foyers. Il faut ne pas oublier, néanmoins , que l'élément cellulaire des faisceaux charnus n’est point aréolaire comme sousla peau, et que, partout, sa disposition lamineuse le rend plus propre aux infilirations morbides.
- La densité ; la résistance des compartiments « en question étant nécessairement moindre dans certains points que dans d’autres, font que les fluides morbifiques qui s’y déposent tendent toujours, quand même ils n’y seraient pas dirigés par les lois de la pesanteur où de la capillarité, à se porter, à s’accumuler dans des régions que des notions diatomiques parfaitement exacles permettraient de spécifier d'avance. Aussi est-ce tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt en bas, tantôt en haut, que les abcès se portent, au lieu de se fixer dans le point affecté d’abord. Si les deux cloisons et la portion de gaîne commune quiles unit sont également fortes, le pus glisse du côté des extrémités de la partie, ou gagne de plus en plus en profondeur. Dans le cas contraireil s'étend latéralement , ou finit par devenir sous-cutané.
Ce n’est pas seulement à cause de la profondeur du foyer que lafluctuation des liquides épanchés sous les aponévroses est difficile à sentir, mais bien aûssi parce que leur ondulation se perd en grande partie dans l'épaisseur du membre avant d'arriver aux doigts ; tandis que, sous la peau, Je fascia leur fournit un point d'appui qui les force à réagir : mmédiatement de dedans en dehors, quand on les presse.
Du reste s’il est vrai que la résistance opposée à l'épanouissement , à la turgescence des organes , par les aponévroses, soit une cause de douleur et de danger dans les inflammations, il l’est aussi, quoi qu’on en dise, qu'elles rendent les inflammations moins faciles, et qu'elles en favorisent beaucoup la résolution en comprimant les tissus malades. Ceci, cependant, ne doit s’entendre que des aponévroses d’enveloppe un peu régulières ; attendu que l’effort exercé par les autres, étant inégal, cause des étranglements parfois dangereux, plutôt qu’une compression véritablement utile. On peut, sous ce rapport, comparer les aponévroses au bandage roulé qu’on emploie avec tant d'avantage dans une infinité de maladies. De même que, pour le bien faire, il faut non seulement appliquer ce bandage de manière à ce qu’il porte également sur tous les points, mais encore le garnir de compresses diversement graduées ou de charpie partout où des vides ont besoin d’être remplis, où des masses cellulaires ou charnues plus épaisses ou plus molles tendent à en annuler l’ellet ; de même les aponévroses n'ont une action réellement antt-, phlogistique ou résolutive qu’autant qu’elles sont d’une épaisseur et d’une résistance à peu près égales partout , qu’elles agissent sur des organes de consistance homogène
et dont elles pressent également tous les points. Distribuées d’une autre manière, elles ne sont pas moins redoutables qu’un bandage compressif mal appliqué.
Le défaut d’extensibilité des aponévroses fait que si on les incise dans un but quelconque, on voit aussitôt les organes sous-jacents, pour peu qu'ils aient de souplesse, faire hernie par l'ouverture. Cela se remarque surtout à la partie charnue des membres, dans le cas d’incision pour les fractures comminutives et l'extraction de projectiles lancés par la poudre, ou de corps étrangers de toute autre nature. En définitive, cequ'on appelle débridement n’estsiefficacedans les inflammations et les infiltrations purulentes , que par suite de la résistance des fascias fibreux. Les incisions qu’on pratique alors sont autant d’issues livrées au boursoufflement des parties et à l'expulsion des fluides. Jusque à, tout étant retenu , emprisonné à l’intérieur, la compression , presque nécessairement inégale, n'avait été qu’une cause perpétuelle d’irritation et de souffrance ; dès lors cette compression s'exerce, au contraire, avec d’autant plus d’efficacité que le trop plein du sac PARA NENE se vide naturellement par les solutions de continuité qu’on y a pratiquées, et que les plaies sont bientôt le seul mal qui reste. C’est donc autant pour permettre aux parties affectées de s’épa-
nour en toute liberté s ertains points aux dépens des
autres, que pour opérer un dégorgement de fluides, qu’on doit se décider à ces sortes d’incisions, qui ont ainsi l'heureuse propriété de concentrer le mal sur un aussi petit espace que possible en donnant à l’aponévrose toute facilité de J’étouffer ailleurs.
Li ® e . E , 0 Qu'une inflammation aiguë s'empare d’une toile syno-
viale, ou du tissu lamelleux qui entoure un tendon où un paquet de tendons exactement renfermés dans une gaine ou une coulisse fibreuse, et on la verra s'étendre de toutes parts en surface tant que cette gaîne ne sera pas incisée. Elle tendra, au contraire, à se circonscrire, à se réduire même, dès que par le débridement on aura mis l'aponévrote à même de repousser les fluides au dehors en comprimant, de la circonférence au centre, toutes les parties comprises entre elle et les os. Il faut dire aussi que cette pratique conduit à plus d’un inconvénient : d’abord à l’étranglement des objets qui s'engagent dans l'ouverture ; ensuite à Ja nécessité de donner une longueur considérable aux incisions, si l’on veut agir avec quelque aisance dans la profondeur du membre. Aussi, après avoir incisé une aponévrose d’enveloppe parallèlement à sa longueur, est-on souvent obligé de limciser encore transversalement, sur les bords de la plaie. Enfin il en résulte qu’une fois divisée, l'aponévrose , étant remplacée par un tissu moins dense, reste toujours plus faible dans ce point qu'auparavant, et que les fonctions des organes sous-jacents doivent. en être plus où moins troublées.
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