‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 138 sur 147 · CONSIDÉRATIONS SUK L'OPÉRATION DE LA CATARACTE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUK L'OPÉRATION DE LA CATARACTE

I traction du sphincter vers la cicatrice, où l'on aperçoit du dehors fort peu de l'iris » (Graefe-Saeiuisck, t. V, p. 413). Il n'est pas non plus sans importance que M. 0. Becker indique « qu'il ressort des observations de Critchett et Klein qu'un traitement opératoire des prolapsus iridiens après l'extraction, soit qn'on les touche avec le nitrate d'argent, soit qu'on les décapite à diverses reprises, doit être envisagé avec une très grande probabilité comme une se- J conde cause qui favorise l'apparition de l'ophthalmie sympathique ».

Ce n'est pas, comme nous l'avons déjà dit et ainsi que le défend M. Otto Becker, parce que moins d'yeux disparaissent par suppuration à la suite de l'extraction linéaire comparativement à l'extraction à lambeau, que j l'ophthalmie sympathique a fait son apparition depuis l'introduction de l'extraction linéaire combinée, et déjà de simples chiffres tirés des statis- I tiques prouvent l'inanité d'un pareil raisonnement, car, si d'après M. Noyés j qui compulse 10 000 opérés, arrive à 10 pour 100 de pertes par suppuration i à lambeau et à 4,8 pour 100 de pertes causées par extraction linéaire, on ne j saurait admettre que la différence seule de 6 pour 100 en plus d'yeux aurait j renfermé tous les cas d'ophthalmie sympathique qui, pour les anciens opéra- I teurs, était chose inconnue.

Il ressort au contraire clairement ce fait que les sections périphériques qui ont facilité le pincement de l'iris près de son angle iridien (les déviations pupillaires sans apparition de l'iris au dehors) (de A rit) sont une des causes prédisposantes. En second lieu, ce sont les pincements du moignon de l'iris après excision d'une portion de l'iris (l'établissement d'une cicatrice à migration) qui donnent lieu à un écart semblable des lèvres internes de la plaie, facilitant la migration de micro-organismes le long des voies lymphatiques intra et sous-choroïdiennes. En troisième lieu, il faut accuser de semblable prédisposition les enclavements de la capsule. Enfin, le traitement chirurgical d'un prolapsus iridien facilite de même l'introduction et la propagation des éléments migrateurs d'un œil à l'autre. C'est ce mode de traitement qui peut aussi, à une extraction à lambeau compliquée de prolapsus, ajouter tous les inconvénients de l'extraction linéaire, car par l'ablation ou la cautérisation réitérée, on finit par attirer la périphérie de l'iris vers la section et par mettre l'entrée des voies lymphatiques choroïdiennes en j communication directe avec le dehors.

ARTICLE XVIII

QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR L'OPÉRATION DE LA CATARACTE ENVISAGÉE D'UNE MANIÈRE GÉNÉRALE.

1° Faut-il opérer un œil de cataracte lorsque Vautre est complètement sain? — De Graefe (1) avait résolu cette question par l'affirmative, à la

(1) Transactions of the Americ. Ophthalm. Society, 1879, p. 587.

1074 DE WECKER. — MALADIES DU CRISTALLIN

condition toutefois que le procédé opératoire indiqué par la nature de la cataracte possède, en lui-même, toutes les garanties désirables d'un succès assuré. Il ne pouvait, en conséquence, être question pour lui que des différentes méthodes d'extraction linéaire et de discission. Actuellement, nous pouvons y ajouter l'extraction à lambeau simple ou combinée. Il y a tant d'avantages à voir des deux yeux, même sans vision binoculaire, que l'on ne saurait hésiter devant les faibles inconvénients que présente l'absence de fusion des images rétiniennes. L'expérience a prouvé que, malgré l'extrême différence que l'on établit entre deux yeux, relativement à leur réfringence, en enlevant l'un des cristallins, c'est-à-dire en privant l'œil opéré de sa faculté accommodatrice et en le rendant presque toujours fortement hypermétrope, on abolit pour cela la faculté de confondre en une seule les deux images, ou, autrement dit, la vision binoculaire, mais on les superpose et l'on néglige l'image diffuse ; aussi peut-on chez pareils opérés par un moyen bien simple, à notre avis, s'assurer de la persistance de la faculté de superposer les images, après une opération de cataracte unilatérale, par l'usage du stéréoscope.

De Graefe pensait(l) que l'énorme degré d'anisométropie n'était pas, clans un certain nombre de cas, un obstacle pour la fusion des images (que nous regardons comme simplement superposées (2), d'après l'essai stéréoscopique), parce que l'établissement de la vision binoculaire lui paraissait démontré par le mouvement d'abduction ou d'adduction que l'œil opéré exécutait en plaçant alternativement devant lui un prisme à base dirigée en dehors ou tournée en dedans. Chez la plupart des opérés de cataracte sur un seul côté, avec bonne acuité visuelle sur l'autre œil, il est extrêmement difficile de provoquer par ces essais de prismes de la diplopie, car sans corriger l'aphakie, l'opéré porte toute son attention sur l'œil sain, et, après correction, il fait abstraction de l'œil à image de dimensions moindres.

Une diplopie spontanée n'existe que chez les malades qui, pendant l'évolution de la cataracte sur l'un de leurs yeux, ont été gênés par l'image trouble ou par la diffusion de la lumière sur cet œil qu'ils ont exclu par un mouvement d'adduction (hypermétropes) ou d'abduction (myopes) de la vision binoculaire. Il arrive, dans ces cas, que, surtout pour la vision de près, les opérés se plaignent d'une diplopie à laquelle on remédie facilement par le port d'un verre dépoli placé devant l'œil opéré, lorsque l'autre jouit encore d'une bonne vision, etestalors en général préférépour la vision de près.

En résumé, nous pensons que les malades opérés de cataracte, d'un seul côté, sont privés de la vision binoculaire; mais l'œil exclu pendant la fixation

(1) Archiv fur Ophlhalmologie, Bd A. 2, p. 177.

(2) Je puis aussi, avec un œil gauche emmétrope avec V = 1 et un œil d'un myope 7 avec V = 1, aisément provoquer de la diplopie pour la vision de loin, et alors peu à peu ramener l'image distincte d'un point lumineux au centre du cercle de diffusion que me donne l'œil myope. Je superpose les images comme anisométrope sans les fusionner pour cela.

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