IV. L'iridodyalisis
Cette opération, si usitée autrefois par Scarpa, A. Schmidt et autres, avant que l'excision eût accaparé la presque totalité du terrain pour la formation de la pupille artificielle, a disparu des méthodes usuelles de la chirurgie oculaire. Nous l'avons reprise en partie en la combinant avec l'iritomie (voyez irito-dialysis, p. 397), et avec cette combinaison elle peut rendre des services manifestes; mais ce procédé combiné n'est exécutable que sur des yeux privés de cristallin. Si l'on a des raisons de présumer que le cristallin existe dans l'œil, il faut tâcher de combiner l'iridodialyse soit avec Viridorrhexis soit avec Yiridectomie (Bowmann).
Ces procédés ont leur raison d'être parce que l'on peut les exécuter sans faire courir à l'œil le danger de voir s'évanouir la dernière lueur d'espoir de vision par suite de l'opacification d'une étroite zone périphérique de la cornée qu'on voulait utiliser pour la formation d'une pupille artificielle.
Il arrive, surtout à la suite de brûlures, de larges suppurations qui ont déterminé des ulcères rongeants, que vers le bord de la cornée il n'existe plus qu'une étroite bandelette de tissu cornéen dont la transparence laisse espérer un bénéfice de l'établissement d'une pupille artificielle ; mais il n'arrive que trop souvent qu'en pratiquant même très correctement l'iridectomie ou l'iridorrhexis d'après les procédés ordinaires on rend opaque la bandelette cornéenne qu'on voulait utiliser, soit que la section placée dans le voisinage y détermine une sclérose qui vient se fusionner avec le restant de la cornée opaque, soit qu'une coaptation irrégulière des lèvres de la plaie contribue à la formation d'une sorte de facette en sillon parallèle à la section, soit enfin que les manœuvres répétées des pinces à pupilles ponr arracher
(1) Archivfûr Ophthalm., t. XV, p. 259.
l'iris, manœuvres qu'on est parfois forcé de multiplier, déterminent des lésions à la surface interne de la bandelette cornéenne qui la rendent ultérieurement impropre à la vision.
Il y a tout avantage ici, ainsi que l'indique la figure 98, à pénétrer avec le couteau à arrêt dans la partie cicatricielle, à le faire glisser dans ce qui reste de chambre antérieure jusqu'à ce que la pointe atteigne la périphérie
Fig. 98
de la cornée et apparaisse distinctement au-dessous de la bandelette cornéenne transparente. Pour atteindre ce but, l'emplacement de la section doit être assez près du centre de la cornée, mais rester au moins à 2 millimètres de la région transparente de la cornée.
On introduit alors des pinces à griffes inférieures jusque près du bord périphérique de l'iris qu'on saisit aussi largement que le permet l'écart des pinces dans la plaie, puis on détache cette membrane de son insertion périphérique, et si la partie ainsi détachée suit librement la pince on l'amène au dehors pour l'exciser (iridectodialysis), ou on l'enlève en l'arrachant de toutes les adhérences qu'elle a contractées avec la cicatrice cornéenne et la cristalloïde.
MALADIES DE LA CHOROÏDE
Par L. DE WEGKER
ARTICLE PREMIER
SCLÉRO-CHOROÏDITE ANTÉRIEURE. — STAPHYLÔME SCLÉRAL ANTÉRIEUR
Dans la description des maladies choroïdiennes il faut distinguer deux groupes d'affections parfaitement indépendantes les unes des autres, tant au point de vue clinique qu'anatomique. Un groupe de maladies a son siège dans les parties antérieures de la choroïde, dont les lésions premières échappent à l'inspection directe; l'autre groupe occupe la moitié postérieure de la membrane vasculaire, et ses altérations nous sont révélées par l'inspection ophthalmoscopique. Anatomiquement, ces diverses maladies sont séparées en ce qu'elles se développent dans des régions qui puisent leur sang artériel à des sources bien distinctes, et c'est pour cela aussi qu'elles ont une tendance spéciale à se cantonner dans des terrains particuliers et bien limités.
Il est vrai que cette délimitation n'est souvent guère respectée; mais cela tient à ce que le retentissement que toutes ces affections ont sur la pression, la circulation et la fdtration intra-oculaire entraîne la propagation des altérations morbides sur les parties avoisinantes, ou à ce que, comme dans certaines affections métastatiques ou diathésiques, des troubles circulatoires s'étalent progressivement dans de plus vastes districts circulatoires, et envahissent ainsi tout le tractus uvéal.
L'image clinique de la scléro-choroïdite antérieure diffère essentiellement, suivant la rapidité d'évolution de la maladie, qui en fait varier sensiblement les divers symptômes; aussi, pour mieux saisir le caractère spécial de cette affection particulière, nous distinguerons une forme aiguë, subaiguë, et absolument chronique.