‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 93 sur 147 · PHTHISIE TRANSITOIRE · texte numérisé non relu

PHTHISIE TRANSITOIRE

ayant déterminé une cicatrice sous-conjonctivale cystoïde s'ouvrant de temps à autre.

De même, sur un jeune sujet de dix-sept ans, M. Nagel (1) observe à la suite d'une opération de strabisme un ramollissement très notable ( — T3) avec dépression des muscles internes et plissement de la cornée (pupille rétrécie). La vision n'avait pas sensiblement diminué sur cet œil préalablement amblyope. Cette hypotonie se présentait à des intervalles répétés, interrompus par une reprise de tension qui durait plusieurs jours et finissait par se rétablir complètement. Notons que cet œil avait été de suite après l'opération très sensible à la lumière et larmoyant sans présenter de douleurs. A qui ne viendra pas l'idée qu'un amincissement notable de la sclérotique était ici le point de départ d'une filtration exagérée, ayant déterminé cette hypotonie transitoire ?

Nons arrivons maintenant aux cas où une opération a été pratiquée et où l'on cherche, non dans la nature de la cicatrice, mais dans d'obscures conditions d'innervation, les raisons d'une phthisie essentielle. Voici ce que nous rapporte M. Schwanzy.il s'agit encore d'une femme assez jeune (trente-sept ans). Une double extraction de cataracte fut pratiquée et en même temps que le cristallin une quantité notable d'humeur vitrée s'échappa des deux yeux. Il en résulta un affaissement très marqué; cependant, grâce au bandeau compressif, les yeux avaient repris leur consistance normale au bout de quarantehuit heures. Au reste, la cicatrisation s'accomplit régulièrement; seulement dans la plaie de l'œil gauche il se forma une substance semi-transparente semblable aux cicatrices cysloides consécutives aux iridectomies faites dans le glaucome. Cet œil devient six semaines après le siège d'épanchements sanguins intra-oculaires, d'hypotonie considérable ( — T 3) et présente maintenant des alternatives de diminution de tension plus ou moins accusée et revient peu à peu normal. Parce que l'on ne trouve la plaie « point ouverte », on ne songe pas à rapporter cet état (où le globe oculaire ne change pas de forme tout en devenant très mou) à une filtration très forte à travers cette cicatrice cystoïde, on trouve plus naturel d'assimiler ce cas à la phthisie essentielle^), si clairement définie par les observations de de Graefe et Nagel, et on le publie sous ce titre.

Nous ne parlons pas des phlhisies essentielles qu'on veut avoir observées à la suite d'états inflammatoires ou pendant l'évolution de maladies oculaires (Schweigger, Landsberg), car il ne s'agit là nullement d'un cadre nosologique nettement circonscrit et défini. Mais nous aurons à nous occuper, de même qu'il a été question d'un glaucome de cause extra-oculaire, s'il existe une phthisie transitoire de cause extra-oculaire. Ici il faut citer les observations de MM. Horner (2) et Baerwinckel (3). Comme complément de la sympto-

(1) Arch. fur Ophthalm., t. XIII, 2, p. 407.

(2) Ann. d'ocul., t. LXIV, p. 273. '

(3) Deutsch. Arch. fur Klin. Médecin., XIV, p. 549.

718 DE WECKER. - APPENDICE.

inatologie de la paralysie du sympathique cervical, Horner et son élève M. Nicati (1) signalent le ptosis partiel (paralysie des fibres du muscle palpébral supérieur de Mùller), le myosis et une hypotonie plus ou moins accusée. Pourtant ce dernier symptôme ne se montre que relativement rarement (7 fois sur 25 cas relatés par M. Nicati).

Le véritable développement d'une phthisie transitoire ou d'une hypotonie permanente dans les cas où un trouble trophique a porté sur toute la moitié du crâne n'a pas pu être constaté par nous. Nous avons observé des cas d'atrophie de tous les muscles d'un côté de la face avec participation des muscles du palais et de la langue, mais avec intégrité des muscles du globe de l'œil et une tension sensiblement normale.

Rappelons que la même chose s'observe pour les paralysies du trijumeau, que les anesthésies de la cornée dans le zona ophthalmique peuvent concorder avec une hypotonie nettement appréciable, de même que nous les voyons s'établir sans influence sur la tension de l'œil. Des lois précises ne peuvent donc pas pour le moment être établies, n'ayant pu recevoir une confirmation par des expériences pratiquées sur les animaux. On voit donc sur quelles faibles bases est encore établie la phthisie transitoire ou l'hypotonie extraoculaire.

M. Schmidt-Rimpler (2) a publié deux observations qu'il déclare analogues comme marche chronique à celles relatées par Horner et Baerwinckel, nous les donnons in extenso pour démontrer ce qu'on était convenu de désigner il y a peu d'années encore comme phthisie essentielle.

Une malade âgée de vingt-cinq ans rapporte qu'après une maladie de quatre semaines accompagnée de rougeur et de forte sécrétion, son œil est devenu plus petit (impossible de savoir si c'est immédiatement après ou à une époque plus éloignée). L'examen constate la présence de résidus de granulations. Comme l'oeil n'a pas été malade antérieurement, il peut être admis que c'est une attaque de granulations aiguës qui a provoqué les phénomènes inflammatoires. A part cela il existe un ptosis modéré, mais qui n'empêche pas que la paupière soit encore largement soulevée. Ordinairement la fente mesure, le regard étant dirigé droit devant soi, dans son diamètre vertical, trois quarts de centimètre. Cette mensuration donne sur l'œil droit un centimètre et quart. Le globe oculaire est plus petit que le droit. Le rapetissement est, il est vrai, seulement faible, mais parfaitement manifeste et ressort pour tous les diamèires assez uniformément. La cornée transparente ne présente pas pourtant, comparativement à celle de l'œil droit, de différence sensible de grandeur. Les pupilles des deux yeux sont assez sensiblement de même diamètre, peutêtre celle de gauche est-elle une idée plus grande. Elle réagit parfaitement bien. Kien d'anormal au fond de l'œil. Une différence dans la largeur des vaisseaux rétiniens sur les deux yeux ne peut être constatée. L'acuité visuelle et le punctum proximum se trouvent en déterminant exactement l'hyperopie de 1/40 à quatre pouces et demi. Le toucher du globe oculaire révèle un sensible abaissement de tension ( — T2). La pression n'est nullement sensible. D'après une série d'examens comparatifs, dans lesquels la sensibilité de la cornée et de la conjonctive se montre le plus souvent moindre, parfois identique, à celle de l'autre, ces membranes paraissent percevoir à gauche un peu moins le toucher. L'œil droit est sain, a une acuité parfaite et est emmétrope. Punctum proximum à quatre

(1) Nicati, La paralysie du nerf sympathique cervical, Paris, 1873, p. 25, et Klin. Monabl, VII, p. 139.

(2) Graefe-Saernisch., t. V, p. 154, 1875.

Page 1