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OM

sm 4° sm 4°

AMPLITUDES D'ACCOMMODATION ET DE CONVEllGENCE. 191

considérable pour voir l'objet nettement. Or l'œil couvert ne fait pas seulement le même effort d'accommodation, mais il l'accompagne d'un effort égal de convergence, et se porte en dedans comme si l'objet était rapproché d'une quantité correspondante à l'augmentation de l'accommo-^ dation.

Inversement, si nous faisons relâcher l'accommodation du premier œil en partie ou en totalité au moyen d'un verre convexe, l'œil couvert divergera par rapport à la position de l'objet.

Les relations des deux fonctions, de l'accommodation et de la convergence, sont tellement intimes, qu'elles ont fait admettre à quelques savants un centre d'innervation commun. Ceci n'est cependant pas admissible, comme nous le verrons. Mais il n'en est pas moins de la plus haute importance pour la pratique d'étudier les rapports qui existent entre les deux fonctions.

La première question qui se pose est celle-ci : l'amplitude d'accommodation et l'amplitude de convergence sont-elles égales, ou l'une est-elle plus grande que l'autre?

En d'autres termes, on peut se demander si le punctum remotum de l'accommodation coïncide avec celui de la convergence, et si le punctum proximum des deux fonctions est également le même.

Prenons comme exemple une personne dont les deux yeux soient emmétropes. Le punctum remotum de V accommodation se trouve là où son accommodation est nulle, c'est-à-dire à l'infini. Le punctum remotum. de la convergence, par contre, est situé généralement au delà de l'infini, en arrière de la tête. Ainsi, dans le cas très fréquent où les lignes visuelles peuvent diverger sous un angle de 2 degrés, nous avons (pour une ligne

de base de 64"°") un minimum de convergence négatif de = 1,09 am.

De ce côté, la convergence dépasse donc l'accommodation, parce qu'il n'y a pas d'accommodation négative, mais bien une convergence négative.

Voyons maintenant l'autre extrémité des deux amplitudes.

Lorsque nous avons parlé du punctum proximum de l'accommodation, il a toujours été question d'un seul œil. C'est en couvrant un œil et en faisant fixer à l'autre un objet de plus en plus rapproché que nous avons trouvé ce punctum proximum.

Découvrons subitement l'autre œil. Nous verrons que, pour voir l'objet de fixation, il est obligé de faire un léger mouvement en dehors, comme s'il avait été atteint de strabisme convergent, pendant que l'autre fixait le punctum proximum. En même temps, la personne examinée reculera un peu la tête pour voir l'objet nettement. L'œil couvert n'était donc pas dirigé sur l'objet de fixation. En effet, si nous le couvrons de telle sorte qu'il ne puisse pas voir l'objet, mais que nous puissions contrôler la direction de cet œil, nous observons que, pendant que l'un des yeux est adapté à son punctum proximum, l'autre louche en dedans. Les lignes de regard, au lieu

de se croiser au punctum proximum de l'accommodation, se croisent donc en deçà de ce point.

Ce fait, qui a été découvert par Donders, est de la plus haute importance. Il montre que la convergence et l'accommodation sont tellement liées l'une à l'autre que l'individu arrive à augmenter l'effet de son accommodation en faisant un effort de convergence exagéré, et en renonçant à la vision binoculaire. En effet, au moment où nous découvrons l'œil pendant la fixation du punctum proximum absolu ou monoculaire, l'objet situé en ce point est vu double. Nous verrons plus tard que le grand physiologiste est arrivé à expliquer ainsi toute une catégorie de cas de strabisme convergent, et, qui plus est, à en indiquer le remède rationnel et efficace.

Généralement le punctum proximum de la convergence est même plus rapproché chez l'emmétrope que le punctum proximum absolu de l'accommodation. On peut s'en convaincre facilement à l'aide d'un petit objet lumineux (voy. plus loin notre ophthalmodynamomètre). Il est vu simple et binoculairement longtemps après avoir cessé d'être vu distinctement.

La convergence est donc presque toujours sensiblement plus puissante que l'accommodation, et son amplitude dépasse celle de l'accommodation aux deux extrémités, au moins pour les yeux emmétropes normaux.

Nous pouvons nous demander maintenant si, sur toute l'étendue qui leur est commune, l'accommodation et la convergence sont toujours égales, si le nombre des dioptries d'accommodation mises en jeu est toujours égal au nombre d'angles métriques de convergence.

Pour un emmétrope, ceci est évidemment indispensable. Pour voir nettement un objet situé à la distance D, il est obligé de faire un effort d'accom-

modation -• Si, en même temps, il faisait un effort de convergence plus

grand, de sorte que les lignes de regard se croisassent en deçà de l'objet, il percevrait de ce dernier deux images homonyines, comme cela se produit en réalité pour le punctum proximum absolu, et il ne pourrait pas mettre d'accord l'accommodation et la convergence. Il serait obligé, dans noire exemple, pour éviter la diplopie, de renoncer à l'accommodation. Pour voir le point simple, il doit diriger sur lui ses deux lignes de regard; mais à cette convergence correspondrait un degré d'accommodation moindre, et l'objet ne serait pas vu nettement. Les rayons lumineux se croiseraient en arrière de la rétine, l'accommodation n'étant pas suffisante.

Quelque chose d'analogue se produirait si la convergence restait au-dessous de l'accommodation, si les lignes visuelles se croisaient en un point situé au delà de celui auquel est adaptée l'accommodation. Ou bien l'objet serait vu simple, mais indistinctement (les rayons lumineux étant réunis en i avant delà rétine); ou bien il serait vu nettement, mais double (diplopie ij croisée).

A l'état normal (chez l'emmétrope), il n'en est jamais ainsi, sauf aux deux limites de l'amplitude d'accommodation et de convergence. Le punctum

AMPLITUDE D'ACCOMMODATION BINOCULAIRE.

proximum de l'accommodation est plus éloigné que celui de la convergence, comme nous venons de le constater. Il y a vision nette, mais diplopie homonyme, ou vision binoculaire simple, mais indistincte.

L'inverse a lieu à l'autre limite des deux fonctions. Bien qu'à l'aide de prismes on puisse forcer les yeux à la divergence, l'objet n'ayant pas quitté sa place (l'infini) n'exige pas, pour être vu nettement, un changement analogue dans l'accommodation. La convergence devient négative, dans ce cas, sans exiger un effort négatif d'accommodation que l'œil ne serait pas en état de fournir. En effet, le prisme change la direction du faisceau de rayons lumineux qui provient du point fixé ; mais il ne change pas la direction réciproque des rayons entre eux. S'ils ont été parallèles avant d'entrer dans le prisme, ils sont parallèles après leur sortie ; seulement ils paraissent provenir d'un autre point, leur direction à tous ayant été changée. Il faudrait ajouter à chaque prisme autant de dioptries convexes qu'il représente d'angles métriques. Alors l'accommodation ne pouvant pas tomber au-dessous de zéro, on aurait de nouveau, comme pour le punctum proximum de convergence, vision simple, mais indistincte, parce que la convergence dépasse l'accommodation à chacune de ses extrémités.

En dedans de ces limites, nous pouvons présumer que, pour l'emmétrope, la valeur de l'accommodation est égale à la valeur delà convergence; sans cela la vision binoculaire ne serait pas possible.

Amplitude d'accommodation binoculaire.

Il importe de connaître exactement l'étendue sur laquelle l'accommodation marche de pair avec la convergence. C'est l'espace dont l'individu dispose pour son travail binoculaire; on l'appelle amplitude d'accommodation binoculaire.

Ici encore, nous distinguons un punctum proximum et un punctum remotum. Pour trouver le punctum proximum binoculaire, il s'agit de déterminer le point le plus rapproché qui puisse être vu nettement et binoculairement. Donders donne à sa distance le signe P2.

Ensuite, on cherche le point le plus éloigné qui puisse être vu nettement et binoculairement, le punctum remotim binoculaire. Il se trouve à la distance R2.

L'accommodation mise en jeu pour fixer le punctum proximum binocu-

laire sera donc — ou p=, dioptries; celle pour voir le punctum remotum bino-

culaire — = dioptries, amplitude d'accommodation binoculaire est

encore la différence entre ces deux valeurs. Elle peut être exprimée par une lentille, à la distance focale de laquelle on

donne le signe Ao, tandis que sa force réfringente sera — ou a-z dioptries.

in LANDOLT. — RÉFRACTION ET ACCOMMODATION.

* . La formule de l'amplitude d'accommodation binoculaire est donc, suivant Donders (1) :

1 l jt

ou, suivant nous,

Le punctum remotum binoculaire de l'emmétrope à l'état normal est situé à l'infini. En fixant un point situé à l'infini (R2=oo), l'emmétrope relâche entièrement son accommodation (r* = 0). Eu même temps, il donne à ses yeux une direction parallèle; il n'y a donc pas de convergence (r'= = 0).

Le punctum proximum binoculaire, par contre, est beaucoup moins constant. Ainsi nous savons qu'avec l'âge, l'amplitude d'accommodation diminue. Le punctum proximum de l'accommodation s'éloigne de l'œil.

Le pouvoir de convergence ne subit pas une régression parallèle. La force des muscles qui président à la convergence ne diminue pas comme l'élasticité du cristallin. Tandis que P de l'accommodation augmente et que p diminue, P et de la convergence restent plus constants. Dans l'amétropie, le punctum remotum et le punctum proximum binoculaires doivent être infiniment plus variables encore, parce que le punctum remotum de la réfraction est déplacé sans que la convergence soit notablement altérée.

Enfin, les cas pathologiques ne sont pas rares où une affection localisée dans le domaine de la 3' paire a diminué la force accommodatrice en affaiblissant le muscle ciliaire, tandis que les droits internes ont moins souffert.

D'autres fois, au contraire, on rencontre une convergence insuffisante pour la distance à laquelle le travail oblige l'individu à maintenir sa convergence. Les plaintes si fréquentes de fatigue pendant le travail visuel, A'asthénopie, sont, la plupart du temps, dues à l'insuffisance de l'une ou de l'autre de ces fonctions, des deux ensemble, ou encore, comme nous verrons, à un défaut de coordination des deux.

Le punctum proximum binoculaire de l'emmétrope normal est un peu plus éloigné que le punctum proximum absolu. Il s'éloigne encore avec l'âge.

Chez l'hypermétrope, il se trouve, toutes choses égales d'ailleurs, plus loin •des yeux que chez l'emmétrope, tandis qu'il est plus rapproché chez le myope. Dans les degrés élevés de cette dernière anomalie de réfraction, il peut se présenter le cas que le punctum proximum binoculaire coïncide avec le remotum de l'accommodation, et le plus extrême encore, où il n'y a plus de vision binoculaire, parce que le punctum proximum de convergence se trouve audelà du punctum remotum d'accommodation. Mais ce sont là déjà des cas pathologiques.

(1) Donders, Ammalies, p. 110 de l'édit. angl., p. 98 de l'édit. allem.

Amplitude d'accommodation relative de l'emmétrope.

Lorsqu'on détermine le point le plus éloigné et le plus rapproché de la vision binoculaire, la première question qui se pose est la suivante : «Sommesnous sûrs que, pour chaque point du domaine de l'amplitude d'accommodation binoculaire, ces deux fonctions sont toujours et invariablement égales ?»

Dans le temps, on croyait (Porterfield (1) et Jean Mûller) qu'il existait entre elles une corrélation absolue, et que ce n'était qu'au delà des limites de l'accommodation qu'elles étaient indépendantes dans une certaine mesure.

Mais il est facile de prouver qne ce rapport n'est pas absolu. Un jeune emmétrope distingue encore nettement le même point éloigné malgré des lunettes concaves. Cependant ces verres exigent, pour ne pas rendre la vue indistincte, un effort d'accommodation plus ou moins considérable, tandis que la direction des lignes visuelles reste la même, le point n'ayant pas changé de place.

Nous pouvons également surmonter des verres concaves, ou supporter des verres convexes faibles pour la lecture à la même distance à laquelle nous lisons sans verres, c'est-à-dire que nous pouvons varier notre état d'accommodation indépendamment de la convergence de nos yeux.

Le fait que nous pouvons voir nettement et binoculairement un objet situé à une distance invariable, malgré des verres qui nécessitent un changement d'accommodation, est une preuve certaine que la relation entre cette dernière et la convergence n'est pas absolue; et le fait, tout aussi facile à constater, que ces verres ne peuvent cependant pas dépasser certains degrés, prouve que l'indépendance des deux fonctions n'existe qu'en dedans de certaines limites (2).

Donders a ajouté à cette preuve encore une autre non moins concluante : l'expérience ci-dessus prouve que, la convergence étant la même, l'accommodation peut varier. II a prouvé que, inversement, l'accommodation restant la même, on peut faire varier la convergence.

Il a utilisé, dans ce but, des verres prismatiques de la manière suivante : si l'on fait fixer le même point en tenant devant l'un des yeux (ou devant les deux) un prisme, le sommet dirigé vers la tempe, on diminue la convergence, comme nous l'avons déjà vu dans la détermination du punctum remotum de celle-ci. En dirigeant le sommet du prisme vers le nez, on augmente, au contraire, la convergence nécessaire pour la vision du même point. Dans les

(1) Porterfield,/! Treatise on the Eye, vol. I, p. 410, Edinburgh, 1759, et Jean Muller Vergleicliende Physiologie des Gesichtssinnes, p. "216, 1826.

(2) Volkmann, Nem Beitraege mr Physiologie des Gesichtssinnes, 1836, p. 118. Donders, in Hollàndische Beitrdge zu den anat. iind physiolog. Wissenschaften, par Van Deen, Donders und Moleschott, 1846, vol. I, p. 379.

deux cas l'accommodation ne varie pas, l'objet n'ayant pas quitté sa place, et les rayons qui en émanent n'ayant pas subi de changement de direction entre eux.

Ici encore il existe, pour la convergence aussi bien que pour la divergence, des limites au delà desquelles l'accommodation ne reste plus stationnaire.

A l'aide des deux méthodes, Donders a constaté que, pour tous les points du domaine de la vision binoculaire, l'accommodation et la convergence sont, jusqu'à un certain degré, indépendantes l'une de l'autre.

Ainsi, pour voir binoculairement un point situé sur la ligne médiane à

166,6"""' ou — de chaque œil, il faut une convergence de 6 angles métriques,

et, de plus, pour l'emmétrope, un effort d'accommodation de 6 dioptries. Mais, tout en maintenant cette convergence de 6 angles métriques, un emmétrope, examiné par Donders, voyait encore nettement le point à travers des verres concaves, jusqu'à 2,5 dioptries, et avec des verres convexes de 3 dioptries. II pouvait donc augmenter son accommodation de 2,5 dioptries au delà de la valeur de la convergence. C'est comme si, le point de convergence n'ayant pas varié, il avait pu rapprocher le point d'accommodation. Dans notre exemple, le point de convergence étant à 166"", celui d'accom-

modation pouvait être rapproche jusqu a g:^^=

D'autre part, le même emmétrope pouvait relâcher son accommodation de 3 dioptries, ou porter le point auquel l'accommodation adoptait son système dioptriqueau delà de celui vers lequel les droits internes faisaient converger ses yeux. Le point de convergence étant à 106™"', le point d'accommodation

peut être porté jusqu'à g^— 33,3""°.

Il existe ainsi, pour chaque degré de convergence, un maximum et un minimum d'accommodation, un punctum proximum et un punctum remotum relatifs.

Donders a donné le nom d'amplitude d'accommodation relative à toute la variation d'accommodation dont les yeux sont susceptibles pour un degré donné de convergence.

Ici encore cette amplitude est égale à la différence de force réfringente que présente l'œil à son maximum et à son minimum d'accommodation, c'est-à-dire quand il est adapté à son punctum proximum et à son punctum remotum relatifs.

Si nous donnons à l'amplitude d'accommodation relative le signe ai, pour la distinguer des amplitudes a et a», en désignant le minimum par le signe n, nous avons pour cette quantité la formule :

fli =/)i— n.

Ou, si l'on préfère se servir des distances focales (ce qui est moins commode, mais ne pouvait pas se faire autrement lorsque Donders a écrit son ouvrage, le système des dioptries n'étant pas encore introduit en ophthal-

mologie), on appellera Pi la distance du punctum proximum relatif, Ri la distance du punctum remolum relatif, et Ai la distance focale de la lentille qui équivaut à la différence de réfraction que présente l'œil pendant l'accommodation au punctum proximum et celle au punctum remotum, c'està-dire Vamplitude d'accommodation relative.

La formule prend alors la forme que Donders lui a donnée primitivement (1) :

1 1 1 17 ~ Pi" ~ r7 •

Nous connaissons donc maintenant trois espèces d'amplitude d'accommodation :

1° L'amplitude d'accommodation absolue (ou monoculaire) :

Elle correspond au changement de réfraction qu'un œil peut subir seul, et îe maximum en est obtenu généralement grâce à un excès de convergence ;

"i" L'amplitude d'accommodation binoculaire :

A. ~ p.; Rî

OU

«2 =p-2 Ta.

C'est la variation totale dont l'état de réfraction de l'œil est susceptible lors de la vision binoculaire.

Po désigne la distance du point le plus rapproché, Ra, celle du point le plus éloigné qui puisse encore être fixé binoculairement;

3° L'amplitude d'accommodation relative :

fli = pt — /'i.

Cette amplitude d'accommodation se rapporte à chaque point de convergence. C'est pour cela qu'on lui donne le nom de relative. Elle est relative

(1) Donders, Anomalieit, etc., p. 110 de l'édit. angl., p. 98 de l'édit. allem.

à des degrés de convergence variables, et exprime le maximum et le minimmn d'accommodation entre lesquels la force réfringente de l'œil peut varier indépendamment de la convergence.

Il convient maintenant de nous occuper en détail de cette question et d'étudier de plus près les expériences que Donders et Mac Gillavry ont entreprises les premiers et auxquelles nous devons les plus intéressants résultats (1).

Le problème est le suivant :

Il s'agit de savoir :

1° La convergence restant la même, de combien de dioptries l'accommodation peut être augmentée et diminuée ;

2° V accommodation restant la même, de combien d'angles métriques la convergence peut être augmentée et diminuée.

\oici comment les expériences ont été faites : Donders (2) a construit un appareil consistant en une planchette en bois rectangulaire, longue de 162'=™, large de 24'='", maintenue horizontale par un pied qu'on peut hausser et baisser à volonté. L'une des extrémités de la planchette porte une échancrure pour le nez. Des deux côtés se placent les yeux, dont la position est fixée par deux baguettes arrondies qui peuvent être avancées et reculées et s'adaptent aux maxillaires supérieurs. De chacun des yeux part une rainure divisée qui parcourt toute la longueur de la planchette, et est perpendiculaire à la ligne de base. Devant chaque œil se trouve une monture de verre de lunettes, mobile sur un arc décrit autour d'un centre situé sur la prolongation des rainures, dans l'œil même. Les yeux doivent être placés de telle sorte que les points nodaux se trouvent, autant que possible, sur la ligne qui passe à travers les points zéro des divisions des rainures et que les centres de rotation puissent être considérés comme coïncidant avec les centres des arcs. On peut alors toujours donner aux verres de lunettes une position telle que leurs axes coïncident avec les lignes de regard. Deux petites lunettes adaptées à la planchette indiquent, par le croisement de leurs fils micrométriques, la place des cornées des yeux à examiner et servent à contrôlei" la position de ceux-ci. Les pièces qui portent les verres de lunettes peuvent être rapprochées et écartées, afin que l'écartement des verres corresponde toujours à celui des yeux de la personne qui fait le sujet de l'expérience.

Du milieu de l'espace interoculaire part une troisième rainure longitudinale. Dans celle-ci glisse une pièce de bois. Elle porte l'objet de fixation. Ce dernier consiste en quelques cheveux tendus sur un petit cadre, ou en quelques ouvertures excessivement fines, percées dans un diaphragme de métal.

Suivant que l'objet est plus ou moins rapproché, il exige une convergence

(1) Donders, Hollœndische Beitrœge, etc., vol. 1, p. 379, 1846, et Mac Gillavry, OKc/ersœkiiigen over de hœgrootheiU der Accommodatie, Diss. inaug. Utrecht, 1858.

(2) Donders, loc. cit., p. 97 et 98 de l'édit. angl., p. 115 et 116 de l'édit. allem.

plus ou moins forte. Dans les appareils qui se trouvent dans le commerce, la rainure médiane porte deux divisions, qui indiquent les angles de convergence pour deux différentes distances entre les centres de rotation ; c'est-àdire pour une ligne de base de 64""". et une ligne de base de 58""".

Pour déterminer le maximum de l'accommodation relative {pi), on place devant les yeux des verres concaves de plus en plus forts, qui exigent un effort d'accommodation croissant. Pour trouver le minimum, de Vaccommodation relative (fi), on munit les yeux, au contraire, de verres convexes.

Le verre concave le plus fort qui puisse encore être supporté saïu. préjudice pour la vision binoculaire et nette donne la partie positive, le convexe le plus fort donne la partie négative de l'amplitude d'accommodation relative, et la différence entre les deux constitue l'amplitude d'accommodation relative ai.

Ces expériences sont faites pour différents degrés de convergence, et les résultats notés sur des schémas, c'est-à-dire sur un système de coordonnées (fig. 82 à 88). Sur les lignes horizontales (abscisses) sont marqués les degrés de convergence; sur les lignes verticales (ordonnées) les degrés d'accommodation. Les chiffres placés le long de la verticale, sur la gauche de la figure, correspondent donc à des unités de convergence, c'est-à-dire à des angles métriques, les chiffres placés sur l'horizontale, à des unités de force réfringente, c'est-à-dire à des dioptries.

Lorsque Donders fit ses expériences, on ne connaissait encore ni la dioptrie, ni l'angle métrique. Donders fut donc obligé de ctioisir une unité de réfraction arbitraire. Il prit comme telle une lentille de 24" de distance focale, et chaque division verticale de

son schéma correspond à ~r de force réfringente (1,54 dioptrie). Les angles de conver— 24>

gence sont directement notés, de sorte que les chiffres des divisions des ordonnées et des abscisses ne semblent, à première vue, avoir rien de commun ensemble. C'est ici encore qu'apparaît le grand avantage du système des dioptries et de celui des angles métriques que nous devons à M. Nagel.

Le schéma de la figure est bien celui de Donders, mais la division est de Nagel. Kn le comparant avec la figure 57 de l'édition anglaise ou 58 de l'édition allemande de Donders, on voit de suite que celui de Nagel est infiniment plus compréhensible.

La diagonale oblique DD qui part de zéro contient tous les points pour lesquels la convergence et l'accommodation sont les mêmes.

Ainsi le point zéro correspond à l'état de repos, où les deux yeux sont dirigés parallèlement à grande distance sans accommodation. Il n'y a donc ni convergence ni accommodation. Prenons un autre point de la diagonale,, par exemple le point qui est à 8 divisions plus loin. Ici la convergence et

l'accommodation sont égales à car en ce point se rencontrent la ligne

horizontale (abscisse) qui part du point 8 de la division de gauche et indique que les lignes de regard ont une convergence de 8 angles métriques, et la verticale (ordonnée) qui part du point 8 de la division d'en bas,

ce qui signifie qu'en même temps il y a 8 dioptries d'accommodation. En

d'autres termes, les yeux sont dirigés sur un point éloigné de - de mètre de

chacun d'eux, et font un effort d'accommodation correspondant, c'est-à-dire de 8 dioptries.

La courbe p^p^p du diagramme indique le maximum d'accommodation , la courbe r j\ r, le minimum d'accommodation qui peut être mis enjeu à chaque degré de convergence. Les divisions des lignes verticales comprises entre les courbes p et r donnent donc le nombre de dioptries de Vamplituie d'accommodation relative pour le degré de convergence indiqué par la ligne horizontale qui coupe la diagonale au même point que la verticale.

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De plus, la diagonale contient, comme nous venons de le dire, les points pour lesquels la convergence et l'accommodation sont en harmonie chez l'emmétrope.

La verticale qui de la diagonale monte vers la courbe indique Vexcédent d'accommodation dont disposent les yeux pour le degré de convergence donné, c'est-à-dire la partie positive de l'amplitude d'accommodation relative.

La verticale descendant de la diagonale vers la courbe ri correspond au reWc/imenï d'accommodation dont ils sont susceptibles pour le degré donné de convergence, c'est-à-dire à la partie négative de l'amplitude d'accommodation relative.

Au point zéro, la courbe p se trouve, dans noire cas, entre 3 et 4 diop-

tries, ce qui veut dire qu'avec zéro de convergence, c'est-à-dire les lignes de regard étant parallèles, la personne peut encore faire un effort d'accommodation de 3,35 dioptries. L'emmétrope qui a fourni le schéma à Donj ders voyait donc à grande dislance encore avec des verres concaves de 3,35 dioptries, sans préjudice pour la netteté de ses images rétiniennes. Ou encore, tout en dirigeant ses yeux vers un point situé à l'infini, il pouvait leur faire faire un effort d'accommodation égal à celui qu'il aurait fait

en fixant un point situé à — = 0,3""*

La courbe r, au contraire, coïncide avec le point zéro de la convergence, ce qui veut dire que l'emmétrope ne peut pas relâcher son accommodation I davantage. C'est un fait que nous connaissons. Quand l'emmétrope regarde I à grande distance, son accommodation est au repos, et, puisqu'il n'existe ! pas de force accommodatrice négative, il n'est pas possible de diminuer l'accommodation au delà de zéro. Nous comprenons donc ce que le diagramme nous indique, c'est qu'avec zéro de convergence, la partie positive de l'amplitude d'accommodation relative est de 3,35 dioptries, tandis que I la partie négative est nulle. Toute l'amplitude d'accommodation relative pour la direction parallèle des lignes de regard est donc dans ce cas : tti = 3,35 — 0 = 3,35 dioptries, conformément à la formule

fll = /7l — Ti.

Lorsque les yeux présentent une convergence de 3 angles métriques, c est-à-dire lorsqu'ils fixent simultanément un objet situé à g- = 333,33""'" de chacun, le punctum proximum de l'amplitude d'accommodation se trouve en pi (fig. 8!2), correspondant à 6,5 dioptries, le punctum remotum au point n, c'est-à-dire à 0,5 dioptrie.

L'amplitude d'accommodation relative pour ce degré de convergence est, par conséquent, a^ = 6,5 — 0,5 = 6 dioptries. C'est donc de 6 dioptries que l'état d'accommodation peut varier, pendant que la convergence est maintenue à 6 angles métriques.

En considérant la disposition des courbes pi et Vi, relativement à la diagonale sur l'ordonnée correspondant à 3 angles métriques de convergence, nous voyons que la partie positive de l'amplitude d'accommodation relative est de 3,5 D, la partie négative de 2,5 D. Cela signifie qu'avec 3 am de convergence, l'emmétrope en question pouvait mettre enjeu, non seulement les 3 dioptries d'accommodation correspondantes, mais jusqu'à 3 -|- 3,5 = 6,5 D. Il pouvait voir nettement le même objet à la même dislance, en regardant à travers des verres concaves de 3,5 D. D'autre part, il pouvait relâcher son accommodation de 2,5 D, en se servant de verres convexes 2,5, sans que pour cela sa convergence fût altérée.

Avec une convergence d'un peu plus de 9 am, (9,47), le punctum proximum de l'amplitude d'accommodation relative se trouve sur la diagonale même (p-2). Autrement dit, les yeux ne sont plus susceptibles d'un effort, d'accommodation plus considérable que ne comporte la convergence en ce. point, c'est-à-dire que de 9,47 dioptries. La partie positive de l'amplitude d'accommodation relative est donc nulle.

De plus, la courbe jOi ne suit pas même la diagonale à partir de ce point, mais elle la traverse pour rester au-dessous d'elle, c'est-à-dire qu'à partir de ce point l'accommodation reste au-dessous de la convergence. Le point est donc le point le plus rapproché pour lequel l'individu ait pu mettre en jeu au même degré sa convergence et son accommodation, qu'il ait pu voir net et avec ses deux yeux, p.2 est donc son punctum proximum binoculaire.

La courbe ri, en cet endroit, se trouve à 5,5 dioptries. L'amplitude d'accommodation relative est donc ici «i =9,47 — 5,5 = 3,97 D, disons 4 D. Seulement ces 4 D appartiennent toutes à la partie négative de l'amplitude d'accommodation relative. L'emmétrope en question voyait nettement avec

ses deux veux à — de distance sans verres, et avec des verres convexes 9,47 '

de 4 D, mais pas avec des verres concaves.

A partir de ce moment, la courbe p reste au-dessous de la diagonale, c'est-à-dire que l'effort d'accommodation maximum est toujours inférieur à l'effort de convergence; il n'y a donc plus de vision binoculaire nette. Ainsi, avec 12 am de convergence, les yeux ne fournissent que 9,5 D d'accommodation. Ils peuvent encore relâcher celle-ci de plus de 2 D, mais ils n'arrivent pas à la rendre égale à la convergence. Dans l'exemple choisi, la personne examinée pouvait faire converger ses lignes de regard vers le point

situé à ^ ; elle aurait vu binoculairement ; mais, l'accommodation n étant que de 9,5 D, le point aurait été vu d'une façon indistincte. Ou bien, elle aurait porté l'objet à ^g-^ pour le voir distinctement, mais alors elle l'aurait vu double, attendu que, pour réaliser ces 9,5 D d'accommodation, elle était obli* gée de faire un effort de convergence de 12 am. L'objet se trouve à de l'un des yeux; mais la ligne visuelle de l'autre coupe celle du premier œil à ^— de mètre. L'objet est donc vu distinctement, mais double.

La courbe pi atteint son sommet sur l'horizontale qui correspond à la 10^ division des ordonnées; mais elle y arrive seulement au 18' degré des abscisses. Cela veut dire que le point le plus rapproché qui puisse

être vu distinctement se trouve à ^ de mètre de l'œil, le maximum d'accommodation dont la personne soit capable est de 10 D. Le point p (fig. 81) est donc le punctum proximum absolu. Mais ce degré d'accommodation n'est produit qu'à l'aide d'un effort de convergence de 18 am. Les lignes de regard

se croisent à ^ de mètre, tandis que chacun des yeux est adapté à un point éloigné de — de mètre.

Au punctum proximum absolu de l'accommodation, il n'y a donc plus vision binoculaire nette. Ou bien il y a vision binoculaire, mais elle est indistincte, par suite de l'insuffisance de l'accommodation, ou bien il y a vision nette, mais diplopie homonyme, par suite de l'excès de convergence nécessaire pour concorder avec l'accommodation demandée. Ainsi, dans notre cas, ja convergence aurait dépassé l'accommodation de 18 — 12,5 = 5,5 am-

Si l'emmétrope de Donders avait un écartement des deux yeux de 28"' ^

(Par.) = 64:"'"\ les 5,5 angles métriques correspondaient donc pour lui à 10 degrés pour chaque œil, ce qui peut constituer un strabisme convergent de 20 degrés, si cette rotation en dedans se localise sur un œil.

Nous voyons, enfin, qu'au point p la courbe du punctum proximum et celle du punctum remotum coïncident. L'amplitude d'accommodation relative est donc réduite à zéro. La personne examinée parvenait à distinguer monoculairement un point situé à 10<='", en louchant fortement en dedans avec l'autre œil, mais elle ne l'aurait plus vu ni avec un verre concave, ni même avec un convexe, sans déranger sa convergence.

Voilà pour l'amplitude d'accommodation relative d'un emmétrope.

Comment se coniporte l'amplitude de convergence relative?

Je veux dire : nous savons, pour tous les degrés de convergence, de combien de dioptries l'accommodation peut être augmentée ou diminuée. Nous nous demandons inversement : L'accommodation restant invariable, de combien la convergence peut-elle augmenter et diminuer?

Ce problème pourrait être également résolu à l'aide de l'appareil de Donders. On déterminerait, pour chaque distance de l'objet, c'est-à-dire pour chaque degré d'accommodation, les prismes les plus forts qui puissent être placés devant l'œil, le sommet en dedans et le sommet en dehors, sans produire de diplopie. Les premiers donneraient la partie positive de l'amplitude de convergence relative, parce qu'ils exigent un excès de convergence- Les derniers donneraient la partie négative de l'amplitude de convergence relative, parce qu'ils exigent une diminution de la convergence, peut-être même un certain degré de divergence des lignes de regard. La somme des angles de déviation des deux prismes donnerait, en angles, \' amplitude de convergence relative. De ces derniers on déduirait facilement le nombre correspondant des angles métriques, pour l'espace interoculaire de la personne examinée.

Mais cette expérience n'est plus nécessaire quand on possède le diagramme de l'amplitude d'accommodation relative. Celui-ci donne en même temps l'amplitude de convergence relative. Nous n'avons qu'à considérer les degrés d'accommodation de chaque point de la diagonale DD, et les degrés de con-

vergence correspondants se trouvent marqués sur la ligne horizont aie q traverse chacun <les points de la diagonale, prise comme point de repère l'accommodalion.

La partie positive de l'amplitude de convergence relative se trouve droite, la partie négative à gauche, si bien que la courbe i\ qui correspond la marche du punctuiti remotum de V accommodation relative donne même temps celle du punctum, proximum de convergence relative, tandi que la courbe pi du punctum proximum de l'accommodation relative identique à celle du punctum remotum de la convergence relative.

Ainsi, pour nous rendre compte des limites dans lesquelles peut varier la

convergence, pendant que l'accommodation est maintenue à —, c'est-à-dire à

4 dioptries, nous cherchons le point de la diagonale qui est au-dessus du point 4 de la division horizontale (des dioptries). Nous verrons que la convergence peut être augmentée jusqu'à un peu plus de 7 am, c'est-à-dire

qu'en accommodant à —, les yeux peuvent converger à — , punctum proximum de la convergence relative.

D'autre part, celle-ci peut être réduite jusqu'à 0,5 am, c'est-à-dire que, nonobstant l'efTort d'accommodation de 4 dioptries, les lignes visuelles peu-

vent se croiser en un point situé à — = 2 am. C'est le punctum remotum de la convergence relative.

L'amplitude de convergence relative est donc, dans notre exemple :

a'i = 7 — 0,5 = 6,5 am.

La partie positive de l'amplitude de convergence relative est de 3 am (à droite de la diagonale), la partie négative, de 3,5 am (à gauche de la diagonale). C'est-à-dire que les yeux surmontent, en conservant laméme accommodation, des prismes à sommets dirigés vers le nez qui produisent une déviation de 3 am, et des prismes à sommet vers la tempe qui produisent une déviation de 3,5 am.

Amplitudes d'accommodation et de convergence relatives

do l'amétrope.

Nous avons prouvé que la force nécessaire pour voir un objet situé à une distance définie est l'inverse de celte distance, pour la convergence aussi bien que pour la réfraction.

Mais nous avons vu, au même endroit, que la réfraction positive nécessaire pour voir un objet situé entre Tinfini et l'œil est quelquefois fournie par la seule réfraction statique de l'œil, quelquefois par une combinaison de la réfraction statique avec la réfraction dynamique ou l'accommodation. C'est

le cas dans la myopie. Dans certaiaes conditions, elle est représentée uniquement par la réfraction dynamique, ainsi dans Vemmétropie. D'autres [fois, la réfraction dynamique a même davantage à sa charge; elle est obligée 'de suppléer à la réfraction statique, qui est négative dans l'hypermétropie. I Chez l'emmétrope, la réfraction positive entière est produite par l'accomjmodation. Dans l'emmétropie, le zéro de l'accommodation correspond aussi ' au zéro de la réfraction positive, et, par conséquent, au zéro de la conver- • gence. Toutes les trois sont nulles dans le regard à l'inhni. j L'accommodation et la convergence partant du même point zéro dans I l'emmétropie, doivent donc s'égaler partout, et un degré donné de converj gence doit correspondre à un degré donné d'accommodation, précisément parce que l'accommodation et la réfraction positive sont identiques. Il n'en est pas de même dans Vamétropie.

Ici l'état de repos de l'accommodation ne correspond pas au zéro de la réfraction positive. Il est au dessus dans la myopie, au-dessous dans l'hypermétropie.

Dans le premier cas (myopie), la force réfringente nécessaire pour voir nettement un objet n'est pas fournie exclusivement par l'accommodation, par la réfraction dynamique de l'œil, mais une partie en est constituée par la réfraction statique, par le degré de réfraction positive que représente l'œil à l'état de repos, en un mot par son degré de myopie.

Nous avons vu, en effet, que le degré de myopie est aussi égal à l'inverse de la distance du punclum remotum.

Dans le second cas (hypermétropie), l'accommodation doit fournir non seulement la force réfringente positive nécessaire pour voir l'objet, mais encore celle qui élève la réfraction de l'œil au point zéro.

Dans la myopie, l'accommodation sera donc toujours moindre que la convergence; dans l'hypermétropie, elle sera plus forte.

Prenons comme exemple une personne dont les deux yeux sont myopes et

ont tous deux leur punctum remotum à — . La myopie est donc de 8 dioptries.

En relâchant entièrement son accommodation, la personne voit nettement

un objet situé à -j-- Mais, pour voir à celte distance, elle est obligée de faire

un effort de convergence de -x-. Le zéro de l'accommodation se trouve " 8

donc à —, c'est-à-dire à une distance pour laquelle la convergence n'est

pas zéro, mais 8 angles métriques.

Si l'objet se rapproche, l'accommodation etk convergence augmenteront; mais l'accommodation sera toujoui's de 8 unités au-dessous de la convergence. Ainsi l'objet étant à de mètre, il faudra 10 angles métriques de convergence et 10 dioptries de force réfringente positive. Mais, de ces 10 dioptries, 8 sont fournies par la réfraction statique de l'œil et deux seulement par la réfraction dynamique, c'est-à-dire par l'accommodation.

Pour 42 angles métriques de convergence, il faut 12 — 8 = 4 dioptries d'accommodation.

Portons maintenant l'objet au delà du point zéro d'accommodation, au delà du punctum reniotum de l'œil, par exemple à l'infini. Il sera alors au zéro de la convergence. Pour que la vision fût nette, il faudrait donc que l'accommodation fût de 8 dioptries au-dessous de zéro. Mais celle-ci ne peut devenir négative. L'œil ne peut que la rendre nulle. Alors il se trouve adapté à son punctum remotum, à son zéro d'accommodation, au-dessous duquel il ne peut pas descendre. Notre myope pourra voir binoculairement des ob-

jets situés entre l'infini et g de mètre, s'il dispose d'une amplitude de convergence normale; mais, sur toute cette étendue, il verra indistinctement, parce que sa réfraction sera toujours trop forte; pour l'infini, elle sera de 8 D trop forte; à 2 mètres, de 8 —1/2 = 7,5 D; à,l mètre, de 8 — 1 = 7D; à 1/2 mètre, de 8 — 2 = 6 D. Le myope doit donc s'abstenir de tout effort d'accommodation, tant que la convergence augmente de zéro jusqu'au chiffre de la myopie. A partir de ce moment, le montant de l'accommodation mise en jeu sera toujours au-dessous de la valeur de la convergence, d'un nombre de dioptries égal à celui de la myopie.

Dans l'hypermétropie, les choses se passent autrement.

Ici le zéro de l'accommodation est au-dessous du zéro de la convergence. Quand cette dernière est nulle, les lignes de regard étant dirigées parallèlement, les yeux ont déjà dû faire un effort d'accommodation pour corriger leur défaut de réfraction, c'est-à-dire pour s'adapter à l'infini. Soit l'hypermétropie des deux yeux de 2 dioptries; le punctum remotum, le zéro de

l'accommodation est à en arrière de 1 œd, dans la partie négative du diagramme, de 2 D au-dessous de zéro. Pour voir à l'infini, ilfautque l'accommodation supplée à ce défaut de réfraction, alors que la convergence est encore au repos.

Si l'objet s'approche, que la convergence augmente, l'accommodation sera toujours plus forte que la convergence d'un nombre de dioptries égal au défaut de réfraction statique, c'est-à-dire au degré de l'hypermétropie. Ainsi,

l'objet se trouvant à g de mètre exige 8 am de convergence et 8 D de force

réfringente positive. Mais, pour les fournir, il faut que l'œil comble d'abprd la lacune de sa réfraction statique, qui est de 2 D dans notre exemple. Il le fait à l'aide de son accommodation. Alors seulement il peut se donner les 8 dioptries de force réfringente positive demandées. Il les emprunte encore à sa réfraction dynamique. Celle-ci est donc de 2 -f- 8 = 10 D, alors que la convergence n'est que de 8 am.

On voit que le rapport entre l'accommodation et la convergence doit être dans l'amétropie autre que dans l'emraétropie.

Dans la myopie, la valeur de l'accommodation reste au-dessous de celle

de la convergence, tandis que l'hypermétropie exige plus d'accommodation que de convergence.

La vision binoculaire et nette exige donc que le rapport entre l'accommodation et la convergence soit différent dans l'amétropie et dans l'emmétropie. L'est-il en réalité? C'est là une question de la plus haute importance.

Si le myope unissait à la convergence le même effort d'accommodation que l'emmétrope, il verrait l'objet simple, parce que sa convergence serait exacte, mais il le vendait indistinctement, parce que sa réfraction serait trop forte du nombre de dioptries qui exprime sa myopie. Si, au contraire, il se laissait guider par le désir d'avoir des images nettes, il accommoderait moins; la convergence serait donc insuffisante, il y aurait divergence relativement à la distance de l'objet, et celui-ci serait vu nettement, mais double (diplopie croisée).

L'inverse aurait lieu pour l'hypermétrope. S'il convergeait bien, il accommoderait insuffisamment, et l'objet serait vu binoculairement, mais diffus, parce que l'œil manque de la force réfringente représentée par le degré d'hypermétropie. Au contraire, s'il adaptait son accommodation à la distance de l'objet, il convergerait trop, et cela d'autant d'angles métriques que son hypermétropie compte de dioptries. Il verrait donc nettement, mais il aurait une diplopie homonyme, due à ce strabisme convergent artificiel.

A priori, il n'est pas admissible que la nature ait commis une telle absurdité, et que le rapport entre l'accommodation et la convergence se soit établi ainsi au rebours du bon sens. De fait, si nous entendons quelquefois des amétropes se plaindre de symptômes d'asthénopie, de troubles de la vision qui peuvent s'expliquer par un désaccord entre les deux fonctions, dans le sens que nous venons d'indiquer, il n'en est pas moins vrai que la grande majorité des amétropes se tirent assez bien d'affaire pour avoir, sans strabisme, une vision binoculaire suffisamment nette.

Le tableau de l'amplitude d'accommodation et de l'amplitude de convergence relatives est d'ailleurs là pour nous prouver que, si les deux fonctions sont liées l'une à l'autre, ce lien n'est cependant pas d'une étroitesse absolue.

Nous avons vu (fig. 82) que notre emmétrope peut encore relâcher son accommodation de 3 dioptries, tout en maintenant sa convergence à - de mètre.

Cela indique que, s'il devenait myope de 4, de 2 ou même de 3 dioptries,

il pourrait néanmoins converger à - de mètre et voir nettement.

Il ferait un effort d'accommodation de 1, de 2 ou de 3 dioptries de moins que l'emmétrope dans les mêmes conditions. Pour le même degré de convergence, il dispose encore de 3 dioptries d'accommodation relative positive. Il pourrait donc maintenir sa convergence, et, en même temps, corriger une hypermétropie allant jusqu'à 3 dioptries.

Si, chez l'emmétrope, il existe une telle latitude dans les rapports entre les deux fonctions, il est à espérer que l'accommodation s'est également réglée, plus ou moins, d'après la convergence, dans les cas où une amétropie existe depuis des siècles, ou lorsqu'elle s'est développée ou modifiée graduellement de génération en génération. Nous voyons des familles, des peuples entiers, qui, depuis des temps immémoriaux, ont dû être hypermétropes. Nous en voyons d'autres où l'hypermétropie se change en emmétropie, et l'emmétropie en myopie d'une façon lente mais graduelle. Pourquoi l'accommodation et la convergence, qui dépendent, il est vrai, du même nerf, mais non des mêmes muscles, pourquoi ne modifieraient-elles pas leurs rapports conformément à l'exigence des cas?

Les recherches d'Iwanoff semblent prouver que, dans beaucoup de cas, le muscle ciliaire est développé davantage et d'une autre façon dans les yeux hypermétropes que dans les yeux myopes. Cela permettrait de conclure à une adaptation de l'appareil accommodateur à l'état de réfraction de ces yeux. Mais, même sans qu'il existât des différences anatomiques bien prononcées, il pourrait y avoir l'accord voulu entre l'action du muscle ciliaire et celle des muscles moteurs des yeux, si l'innervation des deux subissait une modification conforme aux exigences de la réfraction statique.

Il faudrait, par exemple, que, dans la myopie, l'innervation des muscles préposés à la convergence ne s'accompagnât pas, dès le début, d'une innervation du muscle accommodateur, et que la première fût toujours plus énergique que la dernière.

Dans l'hypermétropie, c'est l'impulsion nerveuse du muscle ciliaire qui devrait être prépondérante, tandis que celle des droits internes ne viendrait qu'en second lieu.

Il faut donc admettre la possibilité d'une adaptation à l'amétropie du rapport entre l'accommodation et la convergence, surtout si elle s'est développée assez lentement chez l'individu, ou plutôt dans la race,, pour donner au rapport normal des deux fonctions le temps de s& modifier.

Nous ne serons pas surpris cependant de rencontrer quelquefois un désaccord entre la convergence et l'accommodation. Nous verrons, en effet, aii chapitre des causes de l'amétropie, qu'une anomalie de réfraction peut se développer si rapidement que, ni la disposition anatomique du muscle ciliaire, ni l'innervation des muscles intrinsèques et extrinsèques de l'œil ne sauraient se modifier en si peu de temps.

D'autre part, l'amétropie peut atteindre des degrés tels que la convergence devient insuffisante dans la myopie et l'accommodation dans l'hypermétropie.

Mais laissons là ces considérations théoriques, et rentrons dans le domaine positif des expériences.

Donders et Nagel ont examiné d'une façon précise le rapport entre l'accom-

modation et la convergence dans le cas qui nous occupe. Voici, par exemple^ (fig. 83) (1) le diagramme pour un myope de 4 dioptries :

Il s'agit d'un jeune homme de vingt-trois ans, étudiant en médecine. Les chiffres de ce diagramme ont la même signification que dans celui de l'emmétropie. Le point zéro de l'accommodation, qui correspond au punctum remotum (r), se trouve au point 4 de l'horizontale, parce que, au repos déjà^ l'œil a 4 D de réfraction positive. La diagonale, qui contient les points pour lesquels l'effort de convergence et celui d'accommodation sont les mêmes, prend son origine à ce point 4. Elle monte vers la droite, sous un angle de

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/ — j j e 7 0 m ji 72 13 is m n ie li a?

FiG. 83.

45 degrés, parallèlement à celle del'emmétropie, mais déplacée de 4 divisions à droite, ce qui correspond aux 4 dioptries de myopie.

Au-dessus de la diagonale se trouvent encore les valeurs de l'accommodation relative positive; au-dessous, celles de l'accommodation relative négative; à gauche, la convergence relative négative; à droite, celle de la convergence relative positive. La courbe indique, par conséquent, le degré du minimum d'accommodation ou du maximum de convergence. La courbe Pip^p correspond au maximum d'accommodation et au minimum de convergence.

La situation du point r prouve que l'accommodation est nulle, pendant que la convergence varie de 0 à 4 angles métriques (4 am de convergence rela-

(1) Nagel, loc. cit., p. 497, fig. 47.

DE WECIvER ET LANDOLT.

Iir. — 14

tive négative). Mais pour la même convergence, l'individu peut aussi mettre en jeu 6 dioptries d'accommodation (6 D d'amplitude d'accommodation relative positive), comme l'indique la courbe qui coupe l'ordonnée 4 à 6 divisions au-dessus de la ligne G.

Pour zéro de convergence, l'accommodation relative positive est de 4,75 dioptries, comme le prouve le point pi sur l'ordonnée zéro. Tout en dirigeant ses yeux parallèlement, le myope en question pouvait donc encore metlre en jeu 4,75 dioptries d'accommodation, ce qui élevait sa réfraction positive à 4-|-4,75=8,75 dioptries. Il aurait, par exemple, bien réuni les images d'un stéréoscope sans prismes ni verres convexes. La boîte des stéréoscopes ayant environ {66""" de profondeur, il faut 6 dioptries de réfraction positive pour voir nettement les images placées au fond de la boîte, et leur réunion en une seule exige le parallélisme des lignes de regard. Le myope de Nagel disposait même de plus de réfraction positive qu'il ne lui en fallait pour voir à 166""" sans altérer la direction parallèle de ses lignes de regard.

De zéro jusqu'à 4 ani de convergence, il ne peut y avoir d'accommodation relative négative, parce que l'accommodation ne peut être relâchée au-dessous de zéro. Mais à partir de ce point, l'amplitude d'accommodation se partage en deux composantes, de même que l'amplitude de convergence relative. On les trouve de la même façon que pour l'emmétropie.

Au point ^2 la courbe pip coupe la diagonale. Cela signifie qu'en ce point, le maximum d'accommodation correspond encore à la convergence, mais qu'au delà, il reste en arrière de celle-ci. Le point est donc le punc-

tiim proximum binoculaire . Il se trouve à — de mètre de chaque œil (12 am),

et le myope en question, pour le voir, doit faire un effort d'accommodation de 8 D. En effet, la vision du p^ exige 12 D de réfraction positive. La myopie en fournit 4; il en reste 8 pour l'accommodation. En même temps, le myope pouvait encore diminuer sa force accommodatrice de 6 dioptries (accommodation relative négative), comme l'indique la courbe ri sur la même ordonnée. Mais, avecle même effort d'accommodation, le myope pouvait encore converger davantage, c'est-à-dire jusqu'à 17,3 angles métriques. La convergence était donc, dans ce cas, plus forte que l'accommodation.

En effet, à partir du point p.2, les courbes psPip et rip restent au-dessous de la diagonale. Pour chaque degré de convergence, l'accommodation pouvait encore varier de la valeur comprise entre les deux courbes, mais, même avec le maximum d'effort, elle ne pouvait pas atteindre le degré en rapport avec la convergence.

Au point p, les deux courbes se confondent. Il n'y a plus d'amplitude ' d'accommodation relative. C'est \e punctum proximum absolu.

Le maximum d'accommodatiôn dont le myope était capable est dé 11,5 dioptries. Ce degré de réfraction dynamique, combiné avec sa réfraction statique, donne 11 ,5 -j- 4 = 15,5 dioptries de réfraction positive. Son pune-

tum proximum absolu se trouvait donc à 64,5 millimètres de chaque

œil. Mais ce maximum d'accommodation n'a été atteint que grâce à un effort Je convergence de 18 angles métriques, comme l'indique le diagramme. Ce myope était donc dans le même cas que l'emmétrope de l'observation préjédente. La fixation du punctum proximuin absolu le faisait renoncer à la vision binoculaire et tomber dans le strabisme convergent.

M. Nagel donne encore uni autre diagramme très instructif, concernant un myope (fig. 84) (1). L'origine de la diagonale DD indique qu'il s'agissait ifune myopie de 7,5 dioptries. Ce myope semble ne pas avoir pu mettre d'ac-

Jh

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