‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 90 sur 332 · I.ANDOLT · texte numérisé non relu

I.ANDOLT

dont la base aurait été l'ouverture pupillaire — ou à peu près, puisque le ménisque formé par la cornée et l'humeur aqueuse influe sur la direction des rayons, avant qu'ils ne rencontrent la pupille — et le sommet, le foyer conjugué 0, l'œil en reçoit deux, dont les bases sont très petites. L'un correspond à l'ouverture A, l'autre, à l'ouverture B. Mais le sommet commun est toujours en o.

Si ce point o se trouve sur la rétine, c'est-à-dire si l'œil est adapté à la distance du point 0, il verra une image nette de 0, seulement moins lumineuse, parce qu'un moins grand nombre de rayons lumineux concourent à sa formation que si la pupille avait été libre.

Mais, si la rétine se trouve en avant de ce point o, par exemple, dans le plan HH, chacun des cônes correspondant aux ouvertures formera une image de diffusion distincte, l'ouverture A en a, l'ouverture B en b. L'œil percevra donc deux images de l'objet 0-

FiG. 94.

Ces images, quoique formées par des cercles de diffusion, ne sont cepen- ' dant pas très confuses, attendu que les ouvertures auxquelles elles sont dues sont très petites. Nous savons, en effet, que l'on voit assez nettement à l'aide d'une ouverture très petite, quand même on ne serait pas parfaitement adapté à la dislance de l'objet,

La personne dont la rétine se trouve en avant du point de réunion des rayons émanés de l'objet, en recevra donc deux images sur sa rétine, et, comme nous le montre la figure, chaque image est située du même côté que l'ouverture qui lui donne naissance. Si l'ouverture A est en haut, son image 'se forme sur la partie supérieure de la rétine, et l'image la plus basse correspond à l'ouverture inférieure. Si A se trouve à droite, B à gauche, l'image a est également à droite, e\ b k gauche.

Ces images rétiniennes sont projetées au dehors en sens inverse, comme toutes les images rétiniennes. Nous recevons des images renversées, mais nous les projetons au dehors droites. On obtient la direction dans laquelle

l'objet est vu, en traçant une ligne de l'image rétinienne à travers le point nodal(K) de l'œil.

L'œil dont la rétine occupe la position HH projettera donc ses images a et b dans les directions opposées : la supérieure en bas, l'inférieure en haut, la droite à gauche, la gauche à droite, comme cela apparaît si nous faisons tourner la figure de façon que l'ouverture A se trouve à notre droite, l'ouverture B à notre gauche. Il projettera l'image a de l'objet en A',, l'image b en B'.

Nous pouvons donc dire que, lorsque la rétine se trouve en avMit du foyer des rayons émanés de l'objet, celui-ci est vu avec une diplopie monoculaire croisée par rapport aux deux ouvertures sténopéiques placées devant l'œil.

L'inverse a lieu, lorsque l'image de l'objet se forme en arrière de la rétine. Les cônes lumineux correspondant aux ouvertures du diaphragme, après leur réunion en o, vont en s'écartant l'un de l'autre. Ils rencontrent la rétine au-delà de leur foyer, par exemple, en a et (3, si la rétine se trouve au plan MM de la figure. Les images « et p sont alors interverties par rapport aux ouvertures auxquelles elles correspondent. Interverties à nouveau par leur projection, elles se trouvent finalement dans la même position réciproque que les ouvertures qui leur ont donné naissance.

Donc, si la rétine se trouve en arrière de l'endroit où se forme l'image de l'objet, celui-ci est vu avec une diplopie monoculaire homonyme, à travers les deux ouvertures sténopéiques (1).

Il est facile de comprendre que, plus la rétine s'éloigne en avant ou en arrière du foyer des rayons émanés de l'objet, plus les deux images s'écartent l'une de l'autre.

Étant donnés la distance de l'objet, l'écartement des deux ouvertures infiniment minces, et leur distance de l'œil, l'écartement des deux images doit donc servir à déterminer l'état d'adaptation de l'œil.

Considérons encore la figure 9i, et supposons le diaphragme percé d'une grande ouverture circulaire, du diamètre AB. Cette ouverture jouerait, à l'égard de l'œil, le rôle de la pupille. Le point lumineux 0 formerait, sur la rétine HH,un cercle de diffusion du diamètre ab, sur la rétine MM, un cercle du diamètre Si nous bouchons de nouveau l'ouverture, en ne la'ssanti libres que les trous A et B, ces derniers correspondent aux deux extrémités d'un diamètre de la pupille AB ; a et b, p et a, aux deux extrémités a un diamètre de cercles de diffusion. Par conséquent, l'appréciation de l'écartement des deux images sur la rétine revient à la détermination du diamètre d'un cercle de diffusion.

Ce principe a donné naissance à plusieurs optomètres.

(1) Nous n'avons pas indiqué la projection des images a et p, dans la figure, pour ne pasl'embrouiller.

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