CATARACTE TRAUMATIQUE
de cyclite faciliteront l'immigration de produits cellulaires dans le sac capsulaire et leur organisation.
Des masses fibro-plastiques peuvent aussi s'insinuer du voisinage dans l'intérieur de la capsule, s'y organiser et constituer avec les cellules immigrées et organisées un tissu fortement vasculaire, organisé à la manière de ce qui a été exposé pour les cataractes capsulaires. A cette organisation l'épithèle capsulaire prend une part active, de manière qu'on peut le voir superposé en couche épaisse au-dessus du tissu cellulaire organisé à des degrés divers (voy. fig. 165). Il arrive alors qu'on rencontre, après résorption de la majeure partie du cristallin, de larges plaques enfeutrées avec des produits inflammatoires de l'iris, qui ressemblent, comme aspect microscopique et histologique, à des cataractes capsulaires de très fortes dimensions.
Fig. 165, — Formation de tissu cellulaire dans l'intérieur du sac capsulaire après blessure
(d'après Alt).
La cataracte traumatique peut-elle résulter d'une simple commotion du cristallin, sans déplacement et bien entendu sans rupture respective aucune? Les essais de maturation qu'on a entrepris dans ces derniers temps, plaident absolument en faveur de pareille production. Do même les expériences exécutées par M. Berlin, qui ébranle avec une baguette élastique l'œil de lapin, ont montré qu'il pouvait se former un trouble des masses corticales antérieures.
M. Otto Beckur {Graefe-Saemisch, t. V, p. 275) cite une observation qui reproduit fort bien cette expérience. En dégageant la glace formant stalactites qui se trouvait placée à l'entrée d'un tunnel, un cône de glace tombe sur l'œil d'un gardien du chemin de fer, et lui produit une rupture de la choroïde pour laquelle il se présente à plusieurs reprises à la consultation, sa vision étant de suite tombée à 1/5. A partir de la troisième semaine qui suivit l'accident, on put constater l'apparition d'im trouble près duipôle antérieur du cristallin ; il resta stationnaire après avoir occupé l'étendue d'une pupille moyennement dilatée au moins pendant une année, après laquelle le malade s'est soustrait à l'observation.
Tout clinicien a occasion d'observer des cataractes unilatérales que rien n'explique comme santé générale, état circulatoire local ou général de l'individu, et que celui-ci rapporte sans hésitation à l'effet d'un choc (branche
d'arbre pendant la chasse), d'une contusion de l'œil. Ce que Ton a bien moins occasion de vérifier, c'est si pareil œil a été préalablement le siège d'aucune altération cataracteuse que l'ébranlement du o'istallin n'aurait fait qu'activer; mais les observations de développement rapide de cataractes, après une contusion de l'œil, sont tellement fréquentes, que le doute que M. de Arlt (1) admet à cet égard, doit forcément surprendre. Notre maître dit : « Si des ébranlements de l'œil qui n'entraînent ni une rupture de la capsule, ni une déchirure de la zonule peuvent déterminer directement un trouble du cristallin, pour cela il ne se rencontre pas de preuves irréfutables, on ne l'admet qu'ordinairement. »
Nous pensons, d'après les recherches récentes de pathologie et d'observation clinique, qu'on est autorisé à l'admettre, et nous citons encore les observations de M. Just (3) qui constate l'apparition de la cataracte presque instantanée dans une attaque de convulsions ; dans les deux cas, les yeux avaient été préalablement reconnus exempts de cataracte. Sur un enfant de huit mois qui fut examiné deux heures après l'attaque, on constate à droite une cataracte complète, à gauche commençante. Il est à noter que les parents avaient eu deux enfants avec des cataractes congénitales ; mais la mère avertie par ce fait affirmait avoir vu se développer le trouble de la pupille sous ses propres yeux et sur des cristallins préalablement reconnus transparents. Du reste, la rareté de pareilles observations ne signifie rien comme preuve propre à infirmer, car il n'arrive qu'exceptionnellement qu'on ait observé attentivement les cristallins, quant à leur transparence, sur lesquels ultérieurement une opacité se développe; notre observation de cataracte zonulaire, développée et observée sur les yeux d'un enfant et confirmant la nature non congénitale de telle affection, au moins dans un certain nombre de cas, est restée aussi encore unique, et cela seulement parce que les conditions favorables à de pareilles observations doivent se présenter avec une extrême rareté.
Les blessures de la cristalloïde postérieure se rencontrent bien rarement sans que des désordres graves aient été entraînés par une lésion du corps ciliaire, la présence d'un corps étranger qui a traversé le cristallin, etc. Lorsque par hasard une blessure de la cristalloïde postérieure simple s'est produite, on constate que les changements nutritifs, la dissolution des parties herniées du cristallin, l'imbibition des parties avoisinantes, la cicatrisation ou obstruction par des masses vitreuses, s'effectue avec une extrême lenteur, rendant ainsi expérimentalement compte de la bien moins grande activité des courants nutritifs dans la région du pôle postérieur, région du siège usuel de la cataracte par inanition.
Quant au traitement, on peut avancer d'une manière générale qu'il importe beaucoup, dans les cas qui nous occupent, de maintenir, autant
(1) Kliniache Mo7iatsbl., 1873, p. 47.
(2) Ueberdie Vorletzungen des Auges, ibid.,]). 296. {3} Centrait, fur Augenheilk., pn\, 1880.