‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 2)Chapitre 119 sur 147 · CATARACTES CONGÉNITALES COMPLÈTES · texte numérisé non relu

CATARACTES CONGÉNITALES COMPLÈTES

le centre, et n'attaquant que couche par couche du cristallin, en sorte que par hasard on aurait attaqué un pareil cristallin au moment du début de sa transformation cataracteuse.

La cataracte aridi-sillqueuse peut affecter, suivant que la résorption après liquéfaction s'est développée sur un cristallin plus ou moins complètement développé, des variétés sensibles de forme. Sur des yeux microphthalmiques (atteints de nystagmus), on peut observer des cataractes membraneuses qui, après dilatation de la pupille, n'occupent qu'une partie centrale restreinte se réunissant par des filets soit à l'iris, soit au corps ciliaire, filets qui représentent la zonule épaissie et enroulée en divers endroits. Ces cataractes montrent un plissement notable de la capsule, et sur la surface postérieure de la cristalloïde postésieure existent souvent des vestiges de l'artère hyaloïde (Wilde) avec vaisseaux embryonnaires. L'étendue de ces cataractes est souvent si peu considérables que leur extraction ou dilacération peut être évitée par la formation d'une simple pupille artificielle.

Dans une autre variété de cataracte aridi-siliqueuse congénitale, on voit la cataracte occuper toute l'étendue d'une pupille, qui se dilate difficilement à cause des adhérences de la cataracte avec elle. Ces cataractes montrent encore une certaine épaisseur, et cela surtout lorsqu'elles se trouvent, ainsi que cela arrive fréquemment, doublées par les résidus d'une membrane pupillaire incomplètement absorbée. Entre les feuillets plissés de la cataracte, on ne rencontre ordinairement plus rien qui correspondrait à des éléments normaux du cristallin, mais bien un tissu rappelant le tissu cellulaire comme aspect et étant analogue à celui de la cataracte capsulaire (pyramidale). Il va sans dire que des cataractes aridi-siliqueuses, mais alors pures sans dépôts de membranes pupillaires, ou de vestiges d'artère hyaloïde peuvent résulter de la transformation d'une cataracte juvénile ramollie.

Il nous reste à citer quelques formes congénitales de cataracte qui méri tent, à cause de leur extrême rareté, plutôt leur mention dans une monographie que dans un traité clinique. Ce sont : la cataracte fitsiforme. Lorsqu'on a occasion d'observer beaucoup de cataractes zonulaires, on peut rencontrer des cas où, sur les pôles antérieurs et postérieurs de la zone opaque, il se greffe une opacité qui donne alors à la totalité des parties opaques la forme d'une toupie. On rencontre de même des sujets chez lesquels cette opacité, passant du pôle antérieur au pôle postérieur, se combine seulement avec un vestige de la cataracte zonulaire entourant dans une pupille dilatée comme une auréole de saint le noyau. Enfin il se présente, d'après Knies (1), une opacité traversant de part en part le cristallin suivant son axe antéro-postérieur. Au centre, qui est transparent, l'opacité se répand sous forme de clochette à l'entour des parties transparentes. Vers les pôles antérieurs et postérieurs on voit parfois s'étaler l'opacité en plaquettes, parfois avec une

(1) Ueber den Spindelstaar u. die Accomo dation bei dèmsdben {Archiv. f. Oplithah, t. XXIII, p. 320).

légère dépression de la capsule. Comme ces cataractes partielles et stationnaires se rencontrent surtout sur certains sujets dans des familles où d'autres variétés de cataractes se sont présentées (cataractes zonulaires), et comme elles paraissent héréditaires, on est porté à les considérer comme un arrêt de développement.

La cataracte polaire antérieure et postérieure peut résulter du développement incomplet d'une cataracte fusiforme ayant laissé les parties centrales du cristallin non envahies. Nous avons déjà parlé des opacités siégeant vers les pôles antérieur et postérieur du cristallin qui se rapportent, elles, soit à la persistance de la membrane pupillaire, soit à celle de l'artère hyaloïdienne.

Parmi les anomalies congénitales du cristallin, nous devons encore citer les malformations qui sont le coloboma cristallinieny le lenticonus et Vectop ie cris tallin ienne .

1° Le coloboma lenticulaire ne s'observe que dans les cas où à la suite d'une fermeture tardive de la fente oculaire, il est survenu un arrêt dans le développement de la choroïde et de l'iris, et que comparativement avec le coloboma de cette membrane, il y a eu arrêt dans le développement du corps vitré, d'une partie de son enveloppe et par suite de la zonule. On ne rencontre jamais cette déformation du cristallin, signalée par de Arlt, que lorsque le manque de développement porte sur l'anneau ciliaire, c'est-à-dire lorsque le coloboma choroïdien, des plus accusés, se confond avec celui de l'iris ; au contraire, le cristallin montre un bord équatorial absolument régulier lorsqu'il existe un coloboma isolé de l'iris ou de la choroïde. C'est donc dans les cas de coloboma les plus prononcés du tractus uvéal, combinés toujours à un certain degré de microphthalmie que nous avons pu rencontrer sur le bord du cristallin une incurvation dont le sommet se trouve dirigé exactement dans l'axe du coloboma choroïdien et iridien.Dans les colobomas de la choroïde qui n'atteignent même pas le corps ciliaire on peut, à travers le coloboma de l'iris, se rendre compte que le cristallin ne présente même pas le moindre élargissement du contour qu'il montre près de son bord par la réflexion totale de la lumière.

2° Une difformité du cristallin rappelant le kératocone et désignée comme lenticonus a été observée deux fois (Webster, Placido). L'absence complète de toute opacité, ni du côté de la cornée, ni de la cristalloïde antérieure, exclut toute idée d'une confusion avec la cataracte pyramide, le cône proéminant comme élevure absolument transparente dans la chambre antérieure. L'anomalie paraît congénitale, quoique dans le cas observé par Placido, à la clinique de M. Van der Laan, ce trouble visuel ne fut constaté qu'à l'âge de Ja puberté. Il faudrait bien se garder de confondre avec un lenticone la différence de réfraction notable qui se produit parfois comme symptôme prodromique de la cataracte, entre le noyau et les masses corticales et qui à l'exploration avec le miroir plan donne absolument les ombres du kératocone et simule un changement de courbure du cristallin. Pour le

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