‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 2)Chapitre 121 sur 147 · FRÉQUENCE DE LA CATAHACTE · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE DE LA CATAHACTE

Nous ne pensons pas devoir, comme M. de Hasner (1), considérer la multiplicité des traumatismes propres à certaines professions comme capable d'expliquer la fréquence des cataractes qui s'y observent, surtout relativement à ceux des métiers où l'on travaille près d'un grand foyer de chaleur. En effet, chez les verriers, où ces traumatismes sont évidemment très rares, la fréquence de la cataracte semble cependant constatée. Il serait à désirer, à ce propos, que l'on réunit en corps les faits épars où l'action d'une chaleur intense quelque peu prolongée a été reconnue comme ayant donné lieu à la formation d'une cataracte (2).

Parmi les professions dans lesquelles la cataracte s'observe avec une certaine fréquence, de manière à confirmer l'influence que nous attribuons à une diminution de la proportion d'eau contenue dans les sucs parenchymateux, nous signalerons celles des mineurs employés à l'exploitatioji du sel gemme (Pologne). On est tout naturellement porté à admettre, relativement à ces fî|its, l'action spéciale du chlorure de sodium; car les ouvriers attachés aux autres mines et soumis à des conditions hygiéniques presque identiques ne présentent pas la même particularité.

Nous voudrions appeler l'attention sur un dernier point non encore mis à l'étude, à savoir si certains états de réfringence de l'œil n'auraient pas une influence prédisposante au développement de la cataracte, comme, par exemple, des degrés avancés d'hypermétropie où une tension prolongée de l'accommodation, accompagnée d'un rétrécissement de l'espace périlenticulaire, est nécessaire, lorsque les sujets en question exercent un état qui les force à s'adapter constamment pour des objets très rapprochés. Comme il semble en outre prouvé que, pendant la contraction du muscle ciliaire, destinée à augmenter la convexité du cristallin, la quantité de sang qui afflue dans les parties antérieures du tractus uvéal se trouve diminuée, il en résulte que, j tant que dure cette contraction, les matériaux de nutrition n'arrivent plus i aussi abondamment dans ces parties, et que ce phénomène doit, à la longue, retentir sur la nutrition du cristallin lui-même. Des statistiques viendront peut-être plus tard jeter quelque jour sur cette obscure question de l'étiologie de la cataracte, et nous éclairer, en même temps, sur la prédisposition I que l'hérédité détermine manifestement, dans un certain nombre de cas. Même dans l'ouvrage si étendu de M. Otto Becker les données géographiques sur la répartition de la cataracte ne sont représentées que par un

(1) Entwurf einer anatomischen Begrûndung der Augenkrankheilen. Prag.,1847, et Pra- ! ger Vierteljahrschrift, Jahrg., YIII, 1851.

(2) Froriep rapporte un cas dans lequel un plâtrier descendu dans un four encore chaud cil serait remonté avec une cataracte double et complète.

Fronmiiller raconte qu'un monsieur assis, dans un café, près d'une croisée qui donnait passage aux rayons solaires, accuse tout à coup une tr.'^s violente douleur dans l'œil tourné j vers la fenêtre, et l'on y remarque ultérieurement une cataracte qui s'est développée très rapidement. On examine avec soin la fenêtre près de laquelle se trouvait le malade, et on y voit une large bulle qui, agissant comme lentille, avait coaccntré les rayons lumineux sur l'œil affecté ultérieurement de cataracte.

tableau dressé sur 13290 malades (1) observés dans les années 1872-74 à notre clinique, et un semblable travail fait à la clinique de M. Horner sur un chiffre de 5000 malades. A la suite de ces deux tableaux nous en plaçons un troisième dressé par M. Esmerian sur le modèle de notre premier tableau, mais portant sur un nombre triple, c'est-à-dire de 40000 malades. On voit par la comparaison, comment change de suite le nombre proportionnel qui, pour les maladies cristalliniennes en général, tombe de 16,5 pour 100 à 12,09 pour 100. Une comparaison absolue entre nos tableaux et celui de M. Horner ne peut pas être établie, par la raison que, contrairement à M. Horner, nous n'avons pas cru devoir comprendre, parmi les maladies proprement dites du cristallin, des luxations et ectopies.

(1) Voy. Graefe-Saemisch, IV, p. 470.

Tableau de 5000 malades (clinique de Zurich)

0/0 de tous les malades

0/0 des affections du cristallin

0/0 de toutes

les cataractes

Cataractes acquises de jeunes su-

Total des affections du cristallin. . .

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