‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 2)Chapitre 125 sur 147 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Comme auteurs de la section linéaire, il faut regarder Saint-Yves (1707) et Pourfour du Petit (1708), qui, il faut le dire, ne se servirent de ce procédé que pour extraire des cristallins tombés dans la chambre antérieure ou des débris de cataracte. C'est à tort qu'on a prétendu que Siegward, Palucci et Wardrop auraient fait des extractions linéaires, lorsqu'il ne s'agit que d'incisions à lambeau peu élevé et plus ou moins anguleux. A partir du milieu du siècle dernier, l'extraction à lambeau introduite par Daviel fut donc la méthode générale, et ce n'est qu'au commencement de ce siècle que Gibson(l811) tenta de généraliser une incision linéaire pour extraire des cataractes molles ou ramollies par une discission préalable. Gibson ponctionna la cornée à une ligne de distance de son bord avec un couteau à cataracte, et donna à la plaie, en enfonçant l'instrument, une étendue de 3 lignes. Travers (1814) fit quelques années après sortir, par une extraction linéaire (quater section), des cataractes qu'il avait préalablement luxées et incomplètement broyées en pénétrant avec une aiguille, séance tenante, à travers la sclérotique. Plus tard il attaqua par le même procédé des cataractes molles et demi-molles, sans lésion préalable, en se servant du couteau pour l'ouverture de la capsule et en réservant les cataractes diires pour l'extraction à lambeau. Indépendamment de Gibson, Frédéric Jâger (1812) recommande son extraction partielle pour les cataractes capsulaires, opération qui avait été, dans un cas isolé, faite dans le même but par Palucci. C'est Fr. Jâger et Gibson qui donnèrent à ce mode d'extraction le nom de linéaire.

Vers le milieu de ce siècle. Desmarres (1) tenta de répandre l'extraction linéaire pour des cataractes consistantes, en essayant de broyer, au moyen de la curette de Daviel, le noyau contre la surface postérieure de la cornée. C'est ce procédé un peu brutal, et le plus souvent suivi d'accidents sérieux, qui eut, nous le pensons, l'avantage d'inspirer à de Graefe l'idée (2) de combiner l'iridectomie à l'incision linéaire.

Cet auteur y fut conduit en rélléchissant que la portion de l'iris contiguë à la plaie était justement ce qui s'opposait à l'introduction de la curette en arrière du noyau, et que, d'ailleurs, ce temps de l'opération devait être constamment suivi de la contusion de cette membrane en ce même point, surtout lorsqu'on s'attachait, à l'exemple de Desmarres, à pratiquer le broiement de la cataracte. Nous avons déjà insisté (p. 958) sur ce que de Graefe revendique hautement, pour son opération, la qualité de linéaire : « La hauteur dépasse ordinairement [à peine 2/3 à 3/4- de millimètre, mais jamais 1 millimètre, ce qui, sur une section de 10 à 10""",5, est assez insignifiant. » Dans la lettre que de Graefe nous adressa (voy. Chirurgie oculaire, p. 33), notre maître s'exprime ainsi sur la naissance de son procédé : « A mon avis, ce que la nouvelle méthode offre de neuf, c'est qu'elle représente la conclusion d'études qui me sont propres, aidées, sous bien des rapports, par d'autres travaux, sans que pour cela elles cessent de m'appartenir. Ces études avaient pour but la réduction de la hauteur du lambeau, pour principe la recherche d'une linéarité aussi grande que possible, tout en donnant à la section les

(1) Clinique européenne, 1859, n° 8.

(2) Archiv fur Ophthalmologie, t. V, A. 1, S. 161.

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