‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 2)Chapitre 135 sur 147 · SECTIONS PLANES ET NORMALES · texte numérisé non relu

SECTIONS PLANES ET NORMALES

représenté comme plan, doit recevoir une faible inclinaison vers la base de la cornée (son tranchant étant tourné un peu en avant) principalement au moment de couper. »

Voici ce qu'est devenue en 1874 notre définition si simple du petit lambeau de 2 millimètres de hauteur à sommet cornéen et à extrémités situées à 1 millimètre en dehors du bord de la cornée, et nous nous demandons comment quelqu'un aurait pu exécuter celte section sans incliner le tranchant du couteau en avant, en coupant sur une sphère à parois d'une certaine épaisseur. Car une fois le couteau de 2 millimètres de largeur (qui nous servait alors pour mesurer la hauteur du lambeau) ressorti, il se trouvait dépasser de beaucoup le sommet de la cornée après sa pénétration à travers les parois du globe oculaire épaisses de 1 millimètre. Forcément, pour sortir au sommet de la cornée, cette inclinaison se trouvait commandée sans avoir besoin déparier de base cornéenne, de plan situé plus en arrière, etc.

Ce qu'il nous importe d'examiner ici, c'est la raison pour laquelle nous revenons à parler de ces sections à extrémités sclérales et sommet cornéen. C'est avec justice en effet que M. Stellwag de Carion observe que les sections à faible lambeau, qu'il désigne comme section de Arlt, sont celles qui donnent la plus grande facilité de sortie à la cataracte, parce que leur lèvre interne contourne l'angle iridien. Aussi ceux qui, comme nous, ont fait de très nombreuses opérations de ce genre avaient parfaitement la sensation dans les doigts de tomber dans cette encoignure et de n'avoir, pour achever le lambeau, qu'une résistance bien moindre à vaincre que lorsqu'ils avaient, contre la règle, trop incliné le couteau en avant ou en arrière.

Comme nous, M. Stellwag de Carion insiste sur l'importance de l'emploi de couteaux très étroits, et «d'il que la tâche de réunir les avantages de l'ancienne section à lambeau avec ceux de la section linéaire est résolue dans ces sections à lambeau périphérique et que la clé pour résoudre pareil problème se trouve dans le couteau étroit de de Graefe. » Et pourtant notre confrère de Vienne arrive à conseiller d'abandonner, comme nous l'avons fait depuis longtemps, les sections normales pour les sections planes exécutées avec le couteau étroit.

Un coup d'œil jeté sur les figures 180 et 181 (p. 957) indique de suite la différence qui existe entre les sections planes qu'on obtient avec les couteaux lancéolaires et les anciens couteaux triangulaires à cataracte, et celles qu'on forme par l'inclinaison plus ou moins en avant du tranchant du couteau étroit. Les intéressants dessins qu'on trouve dans le récent ouvrage de M. Stellwag de Carion, concernant l'ouverture interne de ces diverses sections, démontrent clairement que pour les sections périphériques à arc très faible (voy. fig. 205, 206, 207, 209 et 210), le couteau étroit fait une section interne presque linéaire par l'inclinaison du tranchant en avant. Du reste, cela se comprend facilement : la ligne courbe s'efface à mesure qu'elle se trouve tracée sur une surface creuse à rayon moindre que la surface convexe. Forcément donc il en résulte pour l'ouverture interne de pareilles

sections encore une réduction fort préjudiciable pour leur faculté d'entrebâillement, dont la faible courbure, en arc de la section externe simulait encore une certaine amplitude.

Règle générale, les sections conserveront d'autant plus leur aptitude à l'entre-bâillement que le contour delà section interne se rapprochera davantage du demi-cercle et se trouvera écarté dans la plus faible mesure du contour en arc le plus ouvert possible de la section externe. Le maximum d'entre-bâillement donnera une section à lambeau très régulièrement exécutée qui comprend la moitié de la cornée, dont la section interne contourne l'angle iridien et dont la lèvre externe court exactement à une distance telle du bord cornéen dans la sclérotique que l'exige l'épaisseur de l'enveloppe de l'œil traversée par le couteau étroit, c'est-à-dire 1 millimètre à peu près. On ne réduit pas sensiblement la base de la section, mais bien la hauteur du lambeau, si comme pour une section comme la nôtre (de 1869) ou celle de Arlt on place les extrémités de la section aussi dans la sclérotique et qu'on s'efforce de placer toute l'étendue de la section interne dans l'angle iridien, à un demi-millimètre du ligament pectiné. Pour y arriver, l'emploi et une conduction exacte du couteau étroit sont indispensables. Ces sections ne jouissent pas du maximum d'entre-bâillement, bien entendu, par suite de la sensible réduction de hauteur du lambeau, mais permettent néanmoins une sortie aisée de cataractes volumineuses.

Cette section était la section normale (à pic) la mieux disposée, donnant lieu à une ouverture interne à entre-bâillement suffisant et qui n'empiétait pas démesurément dans la sclérotique.

Pourquoi l'avons-nous alors abandonnée? Pour les mêmes raisons qu'énumère contre cette section M. Stellwag de Carion. « Pour la section de Arlt, dit notre confrère, l'ouverture interne de la plaie tombe dans toute son étendue à proximité de l'insertion du ligament pectiné. Lorsque le cristallin avance après l'écoulement de l'humeur aqueuse (voy. note, fig. 189, p. 972) et après l'ouverture de la capsule, ce n'est pas le bord supérieur de la cataracte nucléolaire qui s'adosse à cette section interne, mais bien la portion correspondante de la capsule postérieure avec la zonule. Pendant les manœuvres delà sortie du cristallin, ces parties sont poussées par le corps vitré dans la plaie et repoussent le bord du noyau de la cataracte plutôt que de Vij amener^ car la résultante de toutes les forces effectives d'expulsion se dirige, après ouverture de la chambre, vers l'endroit de moindre résistance, c'est-à-dire en haut et en avant, par conséquent dans le sens du canal de la section et ne trouve pas ici une lèvre de la plaie postérieure large et capable de résister pour de là être détournée vers le noyau de la cataracte. »

Il résulte de cette disposition une plus grande facilité de sortie du corps vitré, pendant l'accouchement du cristallin et pendant la toilette, d'où la nécessité de laisser parfois, crainte d'une rupture de la zonule, des masses corticales dans l'œil. Nous avons trop longuement insisté sur la plus grande facilité des pincements de l'iris et de la capsule dans les sections périphé-

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