TUMEURS
Nous voyons fréquemment s'établir pareille hypertrophie sclérale autour de grains de poudre, et alors les parties du tissu épiscléral avoisinant s'hypertrophient et se pigmentent. En pareille circonstance, nous avons été plusieurs fois consulté pour savoir si l'ablation de pareilles taches soulevées ne pourrait pas s'opérer. Un essai nous a démontré que la pigmentation est, en pareille circonstance, tellement diffuse, que même une abrasion très exacte de tout le tissu épiscléral, au moyen d'un couteau à cataracte, ne remédie guère à cette pigmentation, qui s'atténue, il est vrai, mais pour cela s'étend davantage. L'abstention est donc formellement commandée en pareille circonstance.
Les tumeurs de la sclérotique ont trouvé leur description à l'occasion de l'exposé des néoplasies, qui se développent près du limbe conjonctival dans le tissu épiscléral et conjonctival de cette région (t. I, p. 427). La sclérotique elle-même paraît, avec son tissu mal nourri, ne pas se prêter à la genèse des tumeurs, à l'instar de ce qui s'observe pour le tissu cornéen : la trame sclérale joue un rôle passif vis-à-vis des tumeurs qui l'attaquent, soit du dehors, soit de l'intérieur de l'œil; mais, ainsi que nous l'avons observé pour les gommes de la sclérotique et comme on le voit parfois dans les cas de sarcomes à cellules rondes, la tumeur peut éparpiller les faisceaux de la sclérotique et pénétrer si intimement dans sa trame, qu'on pourrait croire à une participation directe de son tissu à la genèse de la tumeur, et qu'on parle de gomme et de sarcome scléral.
Dans d'autres circonstances, et ce sont de beaucoup les plus fréquentes, on voit, au sein même des néoplasies, la sclérotique se comporter d'une façon absolument indifférente. S'agit-il d'une tumeur maligne intra-oculaire, ce sont les ouvertures de la capsule de l'œil livrant une voie aux nerfs et aux vaisseaux qui ont donné passage à la tumeur en se distendant progressivement; mais, au milieu de la désorganisation, la sclérotique intacte dessine les contours de l'œil désorganisé. A-t-on affaire à une tumeur extra-oculaire et même à celles qui, comme les myxomes, ont une tendance marquée à la dissection des trames des tissus, on peut voir le globe oculaire comprimé et réduit à un minimum de volume, mais composé essentiellement de la sclérotique intacte repliée sur elle-même et plissée en tous sens.
Ce qui se trouve donc décrit par les auteurs (voy. la Bibliographie) comme kyste, fibrome, sarcome, ostéome, n'a pas pris origine dans la sclérotique même. Ces nouvelles productions se sont plus ou moins intimement insinuées dans sa trame, qui n'a subi que des altérations passives de dissociation, d'usure et de désagrégation.
Les blessures, déchirures et corps étrangers de la sclérotique ont trouvé leur description à l'occasion de semblables lésions de la conjonctive et de la cornée (ce volume, p. 216).
GLAUCOME
Par L. de WECKER