Les canalicules lacrymaux
Les points lacrymaux sont de petites ouvertures cratériformes placées au sommet de petites élevures coniques, les papilles lacrymales. Ces de ni es occupent l'angle médial des deux paupières, et on doit les recherche iuste où le feuillet cutané se termine en pointe et où la paupière se recourbe Tel la circonférence du lac laci-ymal (fig. 226). Ils se trouvent dans la con- «nuation directe de la lèvre interne du bord palpébral, dont , s constituen 'extrémité médiale. Par suite de cet emplacement, les sommets des pap 11 lacrvmales, ainsi que les points, regardent en arrière e / -ent ur a conjonctive (fig. 227). Lorsque l'œil est ouvert et le regard Jr e d ecle ment en avant, les deux points atteignent la conjonctive Julb ^e «Uon peut déjà maintenant se rendre compte que le supérieur «s ^ "e P "s côté du nez que l'inférieur. A cause de leur réunion interne ave tout l ap pareil palpébral, et particulièrement avec le ligament palpébral med.al, leuis
mouvements de latéralité sont imperceptiblement petits: voici pourquoi ils ne sont pas à même de suivre les déplacements de latéralité du globe oculaire. Lorsque le regard se dirige du côté du nez, finalement môme la cornée vient se placer sous les points lacrymaux ; le regard est-il dirigé en sens
Œil ouvert, les paupières écartées par des crochets.
latéral, c'est alors que les plis semi-lunaires, en s'élargissant, arrivent vers eux. Les points lacrymaux sont, par suite de leur emplacement au bord du lac lacrymal et sur la conjonctive, aptes à leur fonction physiologique. Lorsqu'ils ne plongent pas immédiatement dans le liquide lacrymal qui se réunit ici, et ne peuvent pas prendre ce liquide, de l'épiphora se produit.
FiG. 227.
Paupières détachées du fornix conjonctival et vues du côté de leur face postérieure.
^ Lorsque les yeux se ferment, alors les papilles lacrymales se trouvent situées de telle façon, à côté l'une de l'autre, qu'elles se touchent presque, et cela de telle manière que l'inférieure occupe le côté latéral de la papille supérieure, qui est juxtaposée à la caroncule ; l'inférieure en reste séparée de la largeur de la papille supérieure (fig. 227). Le point lacrymal inférieur
se trouve à ô'^^'jS, le supérieur à 6 millimètres de distance de l'extrémité
du ligament palpébral médial (1).
Pour ce qui concerne l'aspect et la forme des papilles lacrymales et de leurs points, ils se trouvent en quelque sorte influencés par la structure des disques marginaux avoisinants. Ces papilles se composent, comme les tarses, d'un tissu connectif serré et dur (^2), de façon que les ouvertures doivent forcément rester béantes d'une façon inaltérable, et ne peuvent surtout pas être influencées par les contractions du M. orbicularis ocuU, et cela d'autant moins que les faisceaux de ce muscle n'atteignent même pas les sommets des papilles. A cause de la pauvreté en vaisseaux, qui se rattache à la structure dense des papilles lacrymales, elles sont plus pâles que leur entourage. Les deux points lacrymaux et les papilles sont enfin diff'érents entre eux comme forme. La papille inférieure est plus courte, plus large et plus ramassée, son point lacrymal plus large (jusqu'à 0,3 millimètre). La
FiG. 228.
Position des conduits lacrymaux et du sac lacrymal, dessinés en bleu dans la région intacte du grand angle.
papille supérieure est plus gracile, plus élevée et porte un point lacrymal plus étroit (0,2 à 0,25 millimètre de diamètre).
Les canalicules lacrymaux, qui s'adjoignent aux points lacrymaux, sont de petits tubes placés dans le pli cutané qui contourne le lac lacrymal en le délimitant. Leur parcours est au début vertical ; après avoir pénétré un peu plus de 1 millimètre dans l'épaisseur de la paupière, ils se recourbent en un angle plus ou moins obtus qui, d'après Gerlach {loc. cit.), n'atteint jamais chez l'adulte un angle droit, se dirigent en sens médial et convergent de plus en plus vers l'extrémité de l'angle oculaire (fig. 228). Derrière le ligament palpébral médial, les canalicules aboutissent, isolés, dans un espace en diverticule de la paroi du sac lacrymal, ou bien ils se terminent, en se réunissant déjà avant, par un bout court et maigre qui pénètre dans le sac lacrymal. Le parcours de la partie horizontale — si
(1) Gerlach, Beitr. zur Anatomie des menschl. Auges, Leipzig, 1880. , • ^«
(2) Gerlach {loc. cit.) indique avec raison que les points ne sont pas tout a tait circulaires mais ovales, le plus grand diamètre dirigé en sens du bord palpébral.
l'on doit se servir de cette expression — est, l'œil étant ouvert, courbé, et droit, les paupières étant fermées. Les canalicules se tiennent si près de la peau de l'angle palpébral, qu'en introduisant un crin noir, ou mèine une sonde métallique, on les aperçoit par transparence. Toute la longueur du canalicule, à partir du point jusqu'au sac lacrymal, ne mesure jamais plus d'un centimètre (i), souvent 1 à 2 millimètres de moins.
L'ouverture des canalicules varie assez sensiblement. Leur entrée est formée par un tout petit entonnoir (Foitz, Ann. d'OcuL, 1800). Dans la profondeur de celui-ci se trouve la véritable entrée du canalicule. Elle représente l'endroit le plus étroit de tout le canalicule {angustia, Gerlacli) et a un diamètre de 0,08 à 0,10 millimètre. A partir de là, le canalicule s'élargit et forme un cul-de-sac, au côté médiat duquel commence la partie horizontale du canalicule. D'après la description de Heinlein et de Gerlach {Arch. f. Ophth., XXI, 3 et Gerlach, loc. cit.), deux diverticules existent d'habitude : tout d'abord un élargissement fusiforme, immédiatement au-dessous de
Sacc. lacrytn. Punct. lacrym.
Coupe à travers les canalicules lacrymaux (d'après fierlach).
l'extrémité du petit entonnoir d'entrée, et un second à l'endroit de la courbure qui représente le véritable cul-de-sac (fig. 229). La portion canaliculaire horizontale montre, sur le cadavre, une ouverture qui représente ordinairement une fente verticale de 6 millimètres de longueur et qui se trouve comprimée d'avant en arrière. Reste à savoir si aussi sur le vivant, où un courant continuel de larmes traverse le canalicule, cette conformation se présente.
Les canalicules lacrymaux peuvent être distendus jusqu'à un diamètre de l^'^jS, ce qui, vu la minceur de leurs parois, ne doit pas étonner.
L'extrémité commune des deux canalicules est d'une longueur variable ; à partir d'une longueur non mesurable, il peut s'accroître jusqu'à 2 millimètres ; la largeur de son ouverture n'atteint pas l'ensemble de celle des deux canalicules. L'entrée des canalicules dans le sac lacrymal se trouve dans
(1) Gerlach {loc. cit.) indique, pour la portion horizontale du canalicule, 6-7 millimètres. Luschka {Anat.) note en général 10 à 14 millimètres.
mO DE WEGKER. - MALADIES DES VOIES LACRYMALES, la direction d'une ligne qui divise le ligament palpébral et n'est pas exactement située du côté latéral du sac, mais bien un peu en arrière (Lesshaft, Arch. f. Anat. u. Phys., 1868).
L'incurvation et la courbure des canalicules, qui paraissent être très défavorables pour l'introduction des instruments, sont, pour cette raison, de peu d'importance, parce que, grâce à une traction exercée à la paupière en sens latéral, la direction de l'ouverture des canalicules, munis de parois flexibles, peut être rendue rectiligne, ce que Heinlein, {loc. cit.) a déjà fait remarquer avec raison. La paroi du canalicule se compose d'un épithélium élevé et pavimenteux et d'une propria ténue, munie de beaucoup de fibres élastiques, et est enveloppée d'un manteau de fibres musculaires appartenant au M. palpebralis. D'après Krehbiel (1), ces fibres ont une direction allongée en spirale. Au pied de la papille, elles entourent sous forme d'anse la partie verticale du canalicule; elles forment ainsi un sphincter. Il est indubitable que cette musculature rapetissera l'ouverture du canalicule lors de la contraction du M. palpebralis.
Pour ce qui concerne les différences d'âge, les canalicules des jeunes sujets présentent, à part une moindre longueur et une plus grande étroitesse, un parcours plus régulier et une incurvation nettement accusée, qui va, chez l'embryon mêmc^squ'à un angle droit dans leur partie médiate (Gerlach, loc, cit.). Le même auteur indique que l'on peut bien, chez les enfants des premières années de la vie, obtenir des coupes frontales des canalicules, indiquant leur parcours entier, mais qu'on ne réussit plus à cela chez l'adulte, parce qu'ici s'adjoint, à la courbure en sens supérieur et inférieur, encore une autre en arrière, correspondante à la courbure en surface du globe oculaire. A un âge plus avancé, les paupières inférieures ne montrent pas rarement un faible ectropion atonique, qui suffit à supprimer le contact du point lacrymal avec la conjonctive et entraîne ainsi de l'épiphora (2).
Des variétés se rencontrent pour les canalicules, mais elles ne sont pas fréquentes. Pour ce qui concerne tout d'abord les papilles lacrymales, elles se différencient sensiblement comme forme et grandeur; elles peuvent s'élever à une hauteur de 3 millimètres et plus, et, inversement, être presque effacées. - Les points lacrymaux n occupent pas toujours le sommet de la papille, mais peuvent descendre vers le côté postérieur ou antérieur (Bochdaleck) (3). Un dédoublement des points lacrymaux et conjointement des canalicules est rare : je compte U cas cités dans la littérature (4). En même temps le canalicule accessoire peut se terminer en cul-de-sac (de Graefe) ou aussi aboutir de son côté au canal lacrymal. Bochdaleck a même observé trois points lacrymaux a la même
^Ta présence ou l'absence de la partie terminale impaire du canalicule vers l'extrémité médiate a donné lieu à de nombreuses interprétations. La défense acharnée en faveur d'une terminaison unique par les Français et l'attaque non moins tenace des auteurs
(1) Die Musculatur der Thrdnenwege u. der Augenlider, Stuttgart, 1878.
(2) Schreyer, Versuch einer vergl. Anatomie d. Auges, u. der Thrdnenorgane d. M. nacli Geschlecht, etc., Leipzig, 1810.
(3) Prager Viertefjahrschrift, 1866, II. ■ , . i * vit
(4) Comparez l'article de moi et de Schirmer dans Graefe- Saemisclh t. 1 et vu.
allemands, ont même suggéré à iSapjPe?/ l'idée qu'il puisse s'agir ici d'une différence nationale. Qu'il puisse en être ainsi, ne peut nullement être réfuté, mais, dans ce cas, Krause {Handbiich d. mensch. Anat., t. III, 1888, p. 12()) me paraît être davantage dans le vrai, lorsqu'il dit que la différence résulte simplement d'une interprétation différente : « Quelques-uns attribuent comme appartenant aux canalicules la petite cupule du sac lacrymal, située près de l'entrée des canalicules». Qu'il peut réellement exister un point terminal commun, a été indubitablement démontré par Gerlach {loc. cit.).
Depuis que j'ai décrit le sphincter des papilles lacrymales {Graefe-Saemiscli, t. I), sa présence a été confirmée par tous les explorateurs ultérieurs, à l'exception de Ileinlein {loc. cit.); cetauteur doute de l'existence de pareil sphincter. Gerlach (loc. cit.), qui, après lui, se prononce avec le plus de détails à ce sujet, donne (pl. I, fig. 8) un dessin qui correspond entièrement à mes observations et à celles de mon élève Walzberg {Bail der Thrànenwege, Rostock, 1876), mais en critiquant que ce sphincter se compose de fibres circulaires pures. A cela j'objecterai qu'il n'existe nulle part un sphincter composé de muscles striés, qui est constitué par pareilles fibres circulaires. A l'objection de Gerlach, que le sphincter en question ne se trouve pas conservé dans la papille, je désire faire remarquer qu'il s'agit ici particulièrement de savoir ce qu'on désigne comme papille. Je les ai, dans mes recherches, comptées, à partir du point oîi une coupe horizontale à travers le bord palpébral n'atteignait plus le bord palpébral, mais enlevait un fragment ovale, libre de tout côté. Si l'on fait des coupes successives de la papille, on ne reçoit tout d'abord que le tissu connectif dense à l'entour du point lacrymal; alors, comme je l'ai aussi pu confirmer^ se suivent des coupes, qui ne présentent qu'en avant de la musculature et ce n'est qu'après que le sphincter clos se présente. Je crois que je me trouve, pour ce qui concerne les faits, en parfait accord avec Gerlach.
La description de Hyrtl {Corrosions-Anatomie, Wien, 1873) indiquait le canalicule comme tourné en spirale; je l'ai moi aussi pu confirmer sur des préparation remplies l'excès (voy. fig. 232); pourtant je ne voudrais pas modifier ma description donnée plus haut et je me rapporte ici aux objections suggérées par Walzberg {loc. cit., p. 34). Il s'agit seulement d'un nombre variable de plis, qui par l'injection forcée prennent une forme anormale. Pendant la vie et sur des préparations non injectées iln'eslpas question de ces plis en spirale; aussi le crin le plus souple et le plus fin ne rencontre jamais, pendant l'introduction, un temps d'arrêt et arrive sans obstaclejusque dans le sac lacrymal, ce qui ne serait pas possible en présence de plis.
Il sera question plus loin d'autres valvules décrites pour les canalicules.
^. Sac et canal lacrymaux.
On différencie l'espace dans lequel aboutissent les canalicules susdécrits en deux parties : le sac lacrymal, qui en représente la partie orbitaire, et le canal proprement dit, qui parcourt un canal osseux et aboutit dans le conduit nasal supérieur. Tous deux sont en dépendance la plus intime des os, ce qui va sans dire pour le canal, limité de tous côtés par des os, mais aussi pour le sac^ qui, comme nous l'exposerons plus tard, est, à cause de son recouvrement, forcé de s'appliquer à l'os. Pour le parcours du sac et du canal, la direction du canal osseux et de la fossa lacrymalis est donc déterminante. Si l'on observe une série de crânes, on voit que cette direction varie individuellement d'une façon sensible, et, si on la marque par un petit rouleau de papier qu'on y introduit et qui s'applique de tous côtés aux parois, on peut voir que la direction peut, des deux côtés, s'écarter de la verticale, ou peu s'en écarter. Pour le parcours du plan frontal, il faut prendre en considération en quel rapport se trouvent, d'une part, la largeur du dos du nez et l'écart des deux angles oculaires, et, d'autre part, la largeur de Yapertura pyriformis et l'écart que font les canaux nasaux inférieurs. Sur la
FiG. 230.
Direclion du canal lacrymal osseux sur deux crânes, indiquée par de petits rouleaux de papier, ouverture nasale étroite, A vu de face, B de profil. Crâne à ouverture nasale large, G vu D de profil. - »
figure 230 sont indiqués deux cas extrêmes, choisis d'après un nombre considérable de crânes. Les deux crânes indiquent presque la même largeur de nez, comprise entre les cristae lacr. poster., mais l'un est muni d'un dos de nez élevé et d'une ouverture étroite, l'autre d'un dos de nez peu élevé et d'une large ouverture. La direction du canal, vu de face, s'explique d'après les dessins mêmes, sans rien dire. Pour l'un des cas, le canal se dirige en bas et du côté médian; dans l'autre, il est en quelque sorte vertical.
Veut-on sur le vivant se renseigner sur ces écarts de la verticale? On se tiendra le mieux aux données de Arlt, qui partent d'une manière rationnelle de points anatomiques précis, importants ici. Arlt dit (Graefe- Saemisch, t. III, p. 484) : « Si l'écart de l'aile du nez — là où il touche la peau de la joue — est égal à l'écart des points situés au milieu de deux
FiG. 231.
Coupe à travers le sac et canal lacryni. Coupe supérieure. Gross. 2.
ligaments palpébraux internes, il n'existe pas de déclinaison latérale. Si, comme cela arrive ordinairement, cet écart est plus considérable que celui des points indiqués, alors la déclinaison latérale mesure moitié de cette différence. Exceptionnellement, les deux ailes du nez sont tellement rapprochées que leur écart est moindre que celui des points susindiqués ; alors la déclinaison latérale est négative. En appliquant une sonde droite au-dessous de la base des ailes du nez, on peut, au milieu du ligament palpébral, se rendre aisément compte de la déclinaison latérale (1). » Seulement, dans es cas comme celui représenté figure 230, B, la direction
(1) L'indication de Lusclika (Handb.) que canal et sac lacrymal parcourent une ligne allant du milieu du ligament palpébral à la couronne de l'incisive externe, ne concorde certainement pas toujours.
de la fossa lacryma est la même que celle du canal ; dans la figure A par contre, il existe une différence sensible entre eux, et je la trouve dans un très grand nombre de crânes allemands (comparez figure 230). La fossette lacrymale a une position bien plus oblique que le canal auquel elle aboutit par une courbure relativement tranchée. Cette courbure frappe encore par le fait qu'elle dirige son plan bien plus en avant que le creux du crâne B.
Pour ce qui concerne ce second écart des sac et canal lacrymaux de la verticale, elle est pour nos régions assez constante ; je trouve que pour des crânes allemands le canal est dirigé au sens d'une ligne allant d'arrière en avant, et partant du milieu de la fossette lacrymale pour aboutir à la pre-
Lig. palp. raed. Saccus lacr.
Canalis acr.
Os ethmoid.
Coupe à travers le canal naso-laci'ymal, au milieu de sa longueur. Face sup. de la coupe. Gross. 2.
mière molaire. Sur le vivant, on pourra se la représenter, si l'on réunit par une ligne l'angle palpébral médial avec la limite entre la seconde dent prémolaire et la molaire. Pour des crânes non allemands, cela n'est pas admissible sans restriction, car, dans beaucoup de cas, la ligne en question passe à travers la seconde molaire et même entre la limite de la seconde et de la troisième molaire (1).
L'ouverture de la partie cutanée du sac et canal est sensiblement moins grande que celle de l'ouverture osseuse, attendu que les deux se trouvent séparées par un grand nombre de larges vaisseaux, pour la plupart veineux
(1) Ces données se rapprochent beaucoup de celles de Luschka (Handb.), qui dit la première jusqu'à la seconde molaire.
(fig. 231). Ceux-ci se trouvent dans une couche qu'il faut désigner comme sous-muqueuse, mais qui est si intimement réunie au périoste, qu'une délimitation entre eux n'est même pas à démontrer avec le microscope. La muqueuse même est de structure lymphoïde, et garnie dans toute son étendue d'un épithélium cylindrique élevé, qui porte en certains endroits aussi des cils vibratiles (Walzberg, loc. cit.). Il ne peut être parlé d'une ouverture de la partie supérieure du sac et canal à l'état normal, car celle-ci représente une fente dont le diamètre longitudinal occupe une position sagittale et mesure 2 à 3 millimètres. En largeur, cette fente ne s'écarte sur des coupes bien durcies et conservées (fig. 231) que d'une façon insignifiante.
Dans les parties entourées d'os, l'ouverture du canal, en s'écartant, est un peu plus large. Si l'on injecte le sac et canal sous une forte pression avec une masse dure, cassante, alors il se dilate sensiblement, et il reste, entre l'ouverture de la partie cutanée et du canal osseux, un espace juste assez grand pour recevoir les vaisseaux vidés avec leur support de tissu connectif. En haut, où le commencement du sac et canal n'est pas entouré de toutes parts d'os, son extensibilité est telle qu'elle mesure presque le double de la partie inférieure. Ainsi un moulage de Hyrtl {Corrosions AnatomiCy pl. I, fig. 6) montre un sac lacrymal de 8 millimiètres avec un diamètre du canal de 4 à 4"'",5.
Pour ce qui concerne, en particulier, l'emplacement du sac lacrymal, celui-ci repose sur la fossette lacrymale et est contourné, dans sa partie supérieure, du ligament palpébral médial, qui se tient comme arc tendineux entre les deux cristae lacrymalis. Il est avec la surface dorsale des faisceaux antérieurs de ce ligament, plus intimement réuni qu'avec le faisceau postérieur de ce ligament et l'os, dont il se trouve séparé par de nombreux vaisseaux interposés (fig. 232); son extrémité supérieure en cul-de-sac (fundus) s'adjoint à l'extrémité supérieure du ligament palpébral ou le dépasse un peu (fig. 233). Entre le bord inférieur du ligament palpébral fortement tendu et le commencement du canal osseux, reste un espace où le sac lacrymal manque même d'une couverture solide. S'il se dilate, ce sera juste ici, où il peut le mieux et le plus fortement se distendre. Gomme en^arrière le contenu de l'orbite le garantit au moins quelque peu, ce sera surtout la paroi antérieure qui court danger. Elle est seulement couverte par lajpeau et des fibres faibles de l'orbiculaire, qui, au surplus, s'atrophient encore facilement, et c'est ici tout d'abord qu'il se formera une dilatation en recessus du sac. Celle-ci est si fréquente qu'on l'admet même de différents côtés comme normale. Ce n'est que sous l'influence d'une plus forte pression de la part du contenu qu'aussi la paroi postérieure du[sac lacrymal se distend dans cette région. La partie, couverte par le ligament, oppose naturellement aux forces, qui tendent à la distendre, une résistance plus longue et efficace. C'est cette partie libre du sac, placée directement sous la peau, qu'on choisit comme la plus apte pour l'ouvrir.
On y pénètre évidemment le plus sûrement, d'après Arlt {loc. cit.), en suivant les données pratiques, qui sont :
«Qu'on attire le ligament palpébral interne de façon à tendre la commissure fortement en dehors et un peu en bas, et qu'on conduit le bistouri dans un plan que j'ai l'iiabilude d'appeler le plan opératoire. Celui-ci est supposé passer à travers le point qui partage le ligament palpébral en deux et une ligne droite, qu'on suppose dirigée de la pointe du nez jusqu'au bord orbitaire, près de la commissure externe, de façon que le plan est supposé vertical à cette dernière ligne. La pointe du couteau est posée juste au-des-
Sin. max.
FiG. 233.
Coupe longitudinale à travers sac et canal nasal, leurs rapports avec le sinus maxillaire et les coques nasales. Leur direction, plis intérieurs et ouverture aro-nasale.
sous, au milieu du ligament palpébral, et enfoncée à 4 ou 5 millimètres, sans quitter le plan opératoire ; le manche est alors mis vers la partie supérieure de la racine du nez, jusqu'à ce que le dos vienne presque s'adosser à la peau, et est alors enfoncé en bas de 5 à 7 millimètres de profondeur. »
Là où le sac et le canal entrent dans le canal osseux se trouve l'endroit le plus étroit du parcours. Il se rencontre ici assurément non seulement un renflement en saillie de la paroi (comparez fig. 233 *), placé du côté latéral, et qui est produit par un épaississement du périoste résultant de l'ouverture à saillie tranchante (Henle, Syst. anat., t. II, 2' édit., p. 739).
Du canal caché dans les os, il est à noter qu'il est dépourvu de glandes sécrétantes, sur lesquelles Maier (1) avait surtout insisté. On les rencontre
(1) Ueber den Bander Thrànenorgane. Freiburg, 1859.
chez le porc, tandis que chez l'homme il n'existe que des cryptae mucosae d'une longueur et d'une largeur souvent très différentes (Walzberg, loc. cit.). Les nombreuses veines larges, qui entourent, de tous côtés, le canal pourraient être comparées avec un tissu caverneux (Henlé, loc. cit.), et il est possible qu'avec un très fort élargissement de l'ouverture du canal, elles le rapetissent et le ferment même.
L'ouverture nasale du canal est d'une conformation très variée ; dans des cas très rares, le canal cutané se termine exactement avec le canal osseux, de façon qu'il existe une très large ouverture béante, au-dessous de l'im-
Ouverture nasale du canal nasal sondé. La moitié antérieure de la coque inférieure est enlevée.
plantation de la coque nasale inférieure. Ce qui est infiniment plus fréquent, c'est que le canal court encore un certain temps dans la muqueuse même obliquement en avant, et se termine par une fente, qui représente un ovale dirigé d'arrière en avant et en bas (fig. 234). Gomme la longueur ainsi que la direction de ce prolongement muqueux du canal peuvent être très variables, il en est de même de son ouverture. La fente qu'il forme peut être large et béante, de même qu'elle peut être petite et à peine visible. Il n'est pas rare qu'il y aboutisse une rainure de la muqueuse, restant visible jusque vers l'extrémité antérieure de la coque. Si l'on réussit assez souvent chez le vivant à trouver cette ouverture à 30 jusqu'à 35 millimètres de la circonférence postérieure de la narine, on y manque aussi souvent, à cause de la conformation et de la position de cette fente. Comme variations produites par rdge, nous devons mentionner que,
1018 DE WEGKER. — MALADIES DES VOIES LACRYMALES, chez les enfants, la déviation du sac et canal nasal se relève en tirant une ligne droite de l'angle palpébral médiat à la première dent de lait. La plus grande étroitesse du canal est naturelle et ne mérite guère mention.
Variétés — A part les valvules dont nous parlerons plus loin et dont il a déjà été question en traitantdes canalicules, nous citons comme variété l'absence complète de voies lacrvmales qu'on a plusieurs fois observée (to^ in Graefe-Saemisch, I) Aussi d une absence complète du sac lacrymal il est fait encore mention chez Mam. Si cet auteur d.t qu'une fistule congénitale du sac lacrymal est à interpréter comme une occlusion incom- Ivete de la rainure oculaire, les recherches récentes de Born {Morphol. Jahrbuch VIII, 1882) se trouvent en opposition avec cette manière de voir. D'après Born les voies lacrymales se forment d'une masse épithéliale solide, qui croît du nez en haut et se divise 1 Des variétés du Hamlus lacrymalis, une présente de l'importance. Il arrive qu'il se dédouble et se trouve placé si haut que sur le crâne macère li se trouve deux ouvertures du canal nasal séparées par une petite lamelle osseuse (Schwegel, Lf. lat
^^fàlmhsde vlppareil lacrymal. - Un grand nombre d'observateurs en ont décrit, maifmes paroles d'introduction démontrent que je ne peux pas attribuer a ces valvules la moindre importance. Elles peuvent être subdivisées de la façon suivante :
r Dans la partie initiale du canalicule [Bochdaleck et Folh). Les deux auteurs se basent sur le rétrécissement du canalicule à partir du point lacrymal. Bochdaleck [L c.) explique Vangustia comme déterminée par une valvule en anneau qui se trouverait attachée à la paroi latérale ; Folh {l. c.) l'envisage comme valvule semi-lunaire. Comme cela resso t de la description donnée plus haut, il ne peut être question ici de valvule.
2 Dan^la partie horizontale du canalicule, Vlacovich et Hyrtl (voy. plus haut) decriventunevalvule en spirale. L'insignifiance de pareille valvule a été démontrée plus liau
3 Au point d'entrée des canalicules dans le sac (valvule de Rosenmuller). I i létat normal es (voy. plus haut) la présence d'une disposition semblable au diverticulum Vatrfdu duodénum. Rosenmùller parle en général d une valvule senn-lunaire, qui relouvr raU l'ouverture du canalicule; d'autres se prononcent d'une façon P us précis . sflà pa^^^^^^ supérieure du diverticule est un peu plus grande, ou la regarde-t-on seulement cm^e' elle, alors on a une valvule supérieure cou.me l'-in^ettait /îo.as, peutif ^eaussi^ArU, qu parle d'une perforation oblique de la paroi du sac. Si 1 on dirige Plutôt soi al ention sur la partie inférieure du diverticule, alors naissent les descr pdons comme les ont données Huschke, Arnold, Béraud, Folh, qui ont décrit une valvnip infpripui-e dont le bord libre regarderait en haut. / , i
A Uei d'union du sac et de la partie du canal entourée de parois osseuses (valvule . n ATZ Kmuse) Normalement on rencontre ici un rétrécissement du canal, de Beraud ou de A)ause). nuimcucuicm, " q^, „ hmin-plet a
nui est produit par un renflement de la paroi latérale (voy. p. 1016, fig. 233). Ce bourieiet a été décHt comme valvule, et d'autant plus qu'il ressort davantage lorsque le recessus de 1 . ntéHpTre du sac se trouve être plus accusé. De fait il existe en réalité, d'une maS vaH^^^^^^^^^^^ "s enferme de vahules. Bochdaleck . une ^ois trouvé un ver.- ^hrp di^nhraLe avec un trou central qui était encore perméable a un crin 5 ^p^^^^^^^^^ de Hasner). L'interprétation d'une valvule en cet
A ? Il .uv un malentendu. Il est question ici de la paroi médiale du bout terendroit repose sur un malen^^^^^^^ son ouverture dans la muqueuse nasale même
ZmVm) lest c tout de suile fait mention deU variété mise en évidence parles t^Iherctes de Wak il c), qu'il pourrait y avoir deux ouvertures nasales super-
^t^lt^S— - -^es%^^^ endroits. On a indubitablen.^
, 6. "^^l^^f " ' , ° ..„it3 du canal lacrymal, des plis obliques qui peuvent même être reneontre a tousle ^>ld™"^ f J^^,,^ J,^^,l Pouvait perforé. La perCorat.on peut e.rcula.res. S»"™" "J™^' ^ , ,e bord libre apparaissant alors f.l.forme.
ora'^Tl^L'^b rvlt nrn,br::;plis l'ongitudinau.. BocMalecl. et décrWen
disposée.