MALADIES DE LA GLANDE LACRYMALE
Introduction. — En padant de l'importance numérique faible des maladies de l'orbite, nous avons fait ressortir la disproportion entre le chilfre courant de ces maladies et l'étendue qu'on a, en général, donnée à la description des maladies de l'orbite; nous avons expliqué (voy. p. G99) cette disproportion par la gravité que présentent en général les maladies orbitaires et la difficulté de leur diagnostic. Ces deux raisons ne se rencontrent ordinairement pas, pour justifier un exposé de détails minutieux pour les maladies des voies lacrymales; pourtant, si l'on considère que, dans le grand traité de Graefe-Saemisch, on consacre un demi -volume (5^20 pages) à des affections qui ne constituent que 0,19 pour 100 des affections oculaires, tandis que pour celles des voies lacrymales, qui, d'après Ruete et Hasner, atteignent 2 pour 100 de toutes les affections oculaires (d'après Arlt, 2,3 ; Pagenstecher, 2,6 ; Schirmer, 4 pour 100, et notre statistique (1) même, 6 pour 100), on voit, dans le même traité classique, seulement 58 pages consacrées à la description de ces maladies, on sera frappé de cette disproportion que, seule, la facilité du diagnostic ne saurait expliquer, mais qu'il faut bien rapporter au fait que nombre d'auteurs, planant dans les sphères élevées des recherches mathématiques et physiques, croient ne pas pouvoir, sans porter atteinte à leur dignité, descendre dans la vallée des larmes.
Pourtant on sera bien plus utile à un malade, si on lui facilite la lecture en lui guérissant un larmoiement, qu'en lui déterminant son angle métrique, et qu'on se rende bien compte, que si la facilité du diagnostic a pu, jusqu'à un certain point, justifier le peu d'importance donné à la description des voies lacrymales, il ne saurait nullement en être ainsi pour ce qui concerne la facilité de guérir de pareilles affections. Mais encore ici on se console parce que le mal restant non guéri, le malade sera ennuyé, agacé, mais n'en mourra pas pour cela, et l'on en prend d'autant plus aisément son parti qu'il ne trouvera pas davantage de secours ailleurs, et cela, avec d'autant plus de raison, qu'on Ta soigné soi-même avec moins de délicatesse.
Que les jeunes confrères qui débutent dans la carrière veuillent bien ne pas prêter l'oreille à pareils raisonnements, si préjudiciables pour leur réputation, car si, en dépit des énormes progrès que notre thérapeutique a faits, nous nous voyons encore complètement désarmés dans certaines affections dégénératives de la rétine et du nerf optique, en sorte que nous devons assister impassibles à l'extinction progressive de la vue chez un malade,
(1) Voyez le tableau, p. 10G8.