INFLAMMATION DE LA GLANDE LACRYMALE
Nous avons eu l'occasion d'observer la maladie, portant sur la glande orbitaire à l'élat chronique, sur des sujets qui avaient longtemps souffert de conjonctivites (1), de kératites pustuleuses, d'iritis accompagnées d'un larmoiement considérable. De Graefe (2) cite trois cas dans lesquels, à la suite d'une opération, et de l'occlusion de l'œil qu'elle avait nécessitée, il était survenu, dans la paupière supérieure, un gonflement considérable dû à une augmentation de volume de la glande lacrymale. Ce gonflement mil plusieurs mois à se dissiper, et la glande resta longtemps le siège d'une sensibilité assez vive, qu'on réveillait, soit par le toucher, soit en écartant complètement les paupières. Les douleurs ciliaires n'avaient existé que dans la première période de la maladie. De Graefe rapporte cette congestion du tissu propre de la glande, survenue chez ces trois opérés après un rapprochement prolongé des paupières, à la rétention des larmes et à l'irritation qui en fut l'efl'et.
Les symptômes de la dacryoadénite chronique sont: la tuméfaction de la paupière supérieure, une rougeur de ce voile membraneux, plus prononcée en dehors qu'en dedans, et la difficulté de le soulever en totalité. Parfois il est possible de sentir directement, en introduisant le petit doigt dans le culde-sac, ou après avoir renversé la paupière, la glande orbitaire augmentée de volume. Comme le gonflement de la glande, ou du tissu cellulaire voisin, s'observe le plus ordinairement dans le cours d'inflammations chroniques de la conjonctive, de la cornée ou de l'iris, accompagnées de blépharospasme, il est très difficile de déterminer quelle part la maladie de la glande prend dans l'hypersécrétion et dans les complications qui surviennent par suite de la rétention de ce liquide.
Tandis que la dacryoadénite suraiguë suit, d'après les auteurs, une marche très rapide et se termine parla suppuration dans l'espace de Irois à cinq jours, le gonflement qui provient de l'inflammation chronique de la glande lacrymale met généralement plusieurs mois à se dissiper.
mesure en largeur, à droite, 1 centimètre et demi, à gauche 1 centimètre, en hauteur elle présente 1 centimètre et demi. Dans cet endroit, la peau est faiblement œdémateuse, tout à fait mobile. La tumeur est bosselée, convexe, se termine en bas par un bord mamelonné, en forme de languette, et disparaît sous la voûte orbitaire, où l'on peut avec le petit doigt la suivre en haut et en dehors. Cette tumeur est dure, résistante, non douloureuse, soit spontanément, soit à la pression. La conjonctive des paupières et du globe de l'œil est normale, le cul-de-sac est un peu gonflé en haut et en dehors la mobilité de l'œil est parfaitement conservée, et cet organe ne présente aucune sécheresse. Le malade, qui s'est exposé plusieurs fois à des refroidissements, dit avoir eu un semblable gontlement, mais moins intense à la même époque de l'année précédente. L'usage d'une pommade à l'iodure de potassium fait diminuer la tumeur; le 16 mars, elle a disparu du côté gauche, seul le petit doigt rencontre encore sous la voiàte orbitaire le bord tranchant et résistant de la glande; à droite elle dépasse encore de 5 millimètres (Klin. Monatsbl, t. IV, p. 257).
(1) Chez un peintre polonais âgé d'une trentaine d'années, qui était sujet à des catarrhes conjonctivaux, la glande lacrymale faisait, du côté gauche, une saillie grosse comme une petite noisette. Cette saillie était lobulée, résistante, et s'insinuait manifestement près de l'angle externe de l'œil sous la voûte orbitaire. On avait pris cette petite tumeur poifr un kyste; elle disparut en six semaines par l'usage d'une pommade iodurée.
(2) Archiv. fur Ophthalmologie, t. IV, A. 2, p. 259.
L'inflammation aiguë de la glande lacrymale, surtout dans les cas où elle reconnaît une violence pour cause, réclame l'emploi énergique des moyens antiphlogistiques, et, dès qu'on a lieu de croire à l'existence d'un abcès, il faut l'ouvrir sans retard. Lorsque, par suite d'une forme chronique, la glande s'est engorgée, des frictions résolutives au moyen de pommades a l'iodure de potassium de plomb, et de l'onguent mercuriel, enfin des frictions simples, mais prolongées, avec la vaseline, sont d'un effet avantageux D'ailleurs, c'est au massage même, et non à l'action tdu principe médicamenteux, qu'il faut rapporter l'efficacité de cette pratique.