‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 116 sur 135 · III. HYPERTROPHIE DE LA. GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

III. HYPERTROPHIE DE LA. GLANDE LACRYMALE

Consécutivement à des poussées inflammatoires multipliées, ou même en l'absence de semblables antécédents, on a vu la glande lacrymale s'accroître notablement et constituer une tumeur volumineuse, lobulée, tout a fait indolente, qu'on a dû rapporter à l'hypertrophie du tissu propre de la glande. Dans la plupart des cas, cette hypertrophie a été observée sur de jeunes sujets et l'évolution complète de la maladie, dont les débuts ont paru quelquefois remonter à la vie intra-utérine, a toujours mis plusieurs années à se faire. La glande lacrymale augmente de volume sans causer la moindre gêne, jusqu'au moment où elle acquiert des dimensions telles qu'elle frappe les regards, entrave l'occlusion de l'œil et comprime le globe oculaire au point de le dévier en bas et en dedans. Dans ces conditions, il se manifeste un ptosis de la paupière supérieure, sous l'influence directe de la compression que le contenu de l'orbite a subie. Jusqu'à présent, d'ailleurs, on n'a pas observé que ces désordres aient été la cause d'un trouble appréciable dans la sécrétion des larmes.

Le diagnostic de cet état morbide est loin d'être toujours facile, et la ditficullé que nous signalons consiste moins à s'assurer de la présence d une tumeur, développée aux dépens de la glande lacrymale, ou de son enveloppe, qu'à déterminer exactement la nature d'une pareille tumeur. Ainsi, il est aisé de confondre l'hypertrophie de la glande lacrymale avec un kyste développé dans le voisinage de cet organe. En outre, la dureté qu acquiert parfois la glande lacrymale hypertrophiée peut encore induire en erreur, en faisant croire à l'existence d une néoplasie maligne. Un développement très lent l'absence de douleurs et de troubles généraux sont des signes qui permettent de repousser avec quelque sûreté le soupçon d'une tumeur

maligne. ^ ' i

Quoique la maladie dont nous nous occupons soit, en gênerai, sans gravité, elle peut, dans les cas où l'hypertrophie est considérable, non seulement compromettre la fonction normale de l'organe visuel, mais encore entraîner des troubles dans la santé du sujet. Ainsi, on prétend avoir observe qu'en pareille circonstance la tumeur, écartant les parois de l'orbite, a pénétré dans les cavités voisines; mais il est fort douteux, si ces faits ^e

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rapportaient bien, comme on l'a dil, à une hypertrophie simple de Li ghande lacrymale.

Quand la tumeur atteint un volume tel qu'elle réclame une intervention urgente, l'extirpation est le seul traitement qui soit ralionnellemeiit indiqué; car, s'il existe réellement des faits dans lesquels l'hypertrophie a cédé à une médication résolutive (Hynes Walton), ils sont (ellement isolés qu'ils n'inspirent qu'une très médiocre confiance dans cette méthode. Nous donnons en abrégé quelques observations de cette maladie rare, observations dans lesquelles l'extirpation de la tumeur a permis de contrôler le diagnostic par l'examen microscopique des parties enlevées (1).

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