III. — Fibrome et dcgénération fibreuse de la rétine
On ne peut guère désigner comme fibreuses les petites excroissances pédiculées constituées d'un tissu cellulaire condensé qu'on voit se produire à la suite de rétinites interstitielles très intenses et qui siègent de préférence à la surface interne de la rétine plus ou moins complètement dégénérée. La formation d'une véritable tumeur fibreuse de la trame cellula'ire propre de la rétine, ne se rencontre pas. Ce qui peut encore le plus faire cette impression, pendant la vie, comme tumeur bénigne de la rétine (et de la papille), ce sont ces excroissances de tissu cellulaire consécutives à des épanchements des gaines (voy. p. 109) qui envahissent et soulèvent la rétine et qui ont été décrites à tort par M. Manz comme rétinite proliférante, ainsi que cela se présente pour le dessin (p. 109, fig. 33) de Leber. On n'aura quand ces épanchements se sont étalés sous la rétine (en la soulevant) l'impression d'une tumeur que lorsqu'une portion seulement de la papille et de la rétine avoisinante a été envahie par le sang répandu et que la rétraction cicatricielle s'est bornée à n'entraîner dans l'intérieur de l'œil qu'une portion absolument circonscrite de l'épanouissement intra-oculaire du nerf. Lorsque le corps vitré ne se trouve pas d'une limpidité parfaite, on peut réellement rester quelque temps hésitant entre pareil épanchement vaginal qui s'organise et la formation d'une tumeur. Heureusement que Vsaxe infantile qui seul prédispose aux tumeurs malignes de la rétine n'offre "que tout à fait exceptionnellement l'occasion de constater ce qu'on a désigné à tort comme rétinite proliférante. Du reste cette transformation péri%apillaire de la rétine en masses fibreuses n'a nullement ja tendance à se localiser de manière à simuler définitivement une tumeur arrondie à lignes courbes, la rétraction manifestement cicatricielle qu'elles montrent en s'organisant se révèle constamment par une attraction marquée de la rétine avoisinante, ainsi que par un relief en arêtes droites qui font saillie sur le restant de la procidente.
Il est ici utile de rappeler le peu de tendance que possède la rétine à une localisation métastatique même lorsque le tractus uvéal est devenu dans une grande partie de son étendue, le siège d'une néoplasie maligne (sarcome). 11 s agit ICI plutôt d'un déplacement en masse ou partiel des différents éléments de la rétine que d'un véritable envahissement métastatique.