‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 35 sur 135 · INFLAMMATION DU NEUF OPTIQUE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU NEUF OPTIQUE

ournit ici le moyen de contiNjlo principal. Les résultats que ces expériences m'onl donnés sont les suivants :

« Lorsqu'on remplit avec la solution d'agar-agar la gaine du nerf à tel point qu'à chaque instant on s'attond à voir éclater la gaine, ce qui permet de cotislater <iuel extrême degré d'extension présente l'espace intervaginal et jusqu'à quel point la g.iiiic cède, ei qu'on examine l'œil à l'oplitlialmoscope, on trouve que, i)endant l'injeclion, les veines se gonflent dans toute leur longueur, les ai'tères se rétrécissent. Une fois l'injection complètement terminée, la papille devient d'un blanc pur, les vaisseaux, artèi'cs et veines tellement exsangues qu'elles deviennent presque invisibles et ne s'apcrçuivcnt qu'à peine en ayant recours à un pins fort grossissement. En même temps apparaissent (pas toiiours) des hémorrhagies au voisinage de la papille. Peu d'iieures après, il survient nu gonllement de la papille avec forte opacité de ses limites; elle paraît opaque, gris blanciiàti'e, aussi des vaisseaux deviennent visibles, des veines plus épaisses, des lines artères de moindre calibre. Après dix-huit heures, on aperçoit sur la papille, fortemenl gonllée et opaque, les artères très ténues et minces, les veines larges, gorgées de sang et fortement tortueuses dans tout leur trajet. En même temps, le gonllement de la papille et son opacité se sont encore accrus, et les ailerons de fibres à myéline deviennent plus proéminents. Dans les jours suivants, l'image reste, à peu de chose près, la môme ; çà et là, il survient encore de nouvelles hémorrhagies; les artères restent minces, les veines fortement distendues. A cette époque, l'image ophthalmoscopique correspond à ce qu'on désignerait chez l'homme comme stase papillaire. L'évolution de ce changement se produit rapidement dans l'espace de vingt-quatre à trente-six heures après l'o()ération, pour se maintenir au degré qu'il a tout d'abord acquis.

« L'examen microscopique de pareils yeux d'animaux étudiés à ce moment donnait le résultat suivant : Tout d'abord, même onze jours après le début de l'expérience, l'espace intravaginal se trouvait être fortement comprimé, les fibres de la portion centrale de la section du nerf optique complètement grumeleuses; les fins vaisseaux de la gaine piale, complètement comprimés, tandis que les plus forts présentaient une ouverture visible — nulle part trace d'une névrite ou périnévrite. La papille est fortement gonflée ; le gonflement est produit par l'imbibition œdémateuse d'une masse amorphe qui écarte les fibres et a, en partie, entraîné leur désagrégation. Parfois, et par-ci par-là, des foyers de corpuscules rouges du sang, avec quelques rares corpuscules blancs; en partie, il n'existe qu'un soupçon d'un réseau fibrineux rougeâtre comme résidu des hémorrhagies observées antérieurement. Dans l'espace périchoroïdien se rencontrent des masses amorphes entremêlées avec de l'agar-agar qui y a, en partie, pénétré. La rétine se trouve de inème, dans de grands espaces, détachée de son épithélium pigmenté par une masse amorphe transsudée et présente une destruction plus ou moins prononcée de sa couche de bâtonnets. Aussi, dans les ailerons de fibres à gaine de myéline, on rencontre des hémorrhagies ou des résidus hémorrhagiqucs, simultanément avec broiement de fibres. Ci' qu'on peut distinguer de vaisseaux sur la papille et les ailerons, ce sont des veines distendues et gorgées de sang et un certain nombre de fins capillaires. Les changements sont à peu près les mêmes que Markwordt {Arch. f. Augenheilk., X) a obtenus chez les chiens après avoir lié le nerf optique avec ses vaisseaux centraux près du globe oculaire — abstraction faite de la forte opacité généralisée de la rétine; l'atrophie du nerf optique termine l'expérience.

<* Lorsqu'on ne pousse pas l'injection avec l'agar-agar dans l'espace intervaginal au point que les vaisseaux de la papille deviennent invisibles, mais seulement jusqu'à ce que les veines deviennent fortement tortueuses et s'élargissent, tandis que les artères s'amincissent sensiblement pendant que l'espace intervaginal se remplit, de façon que l'image d'une hydropisie se produit à un point qui ne s'observe à égal degré probablement jamais chez l'homme; alors toute altération vasculaire sur la papille se dissipe déjà, le plus tard, après une ou deux heures, le plus souvent déjà, après quelques mmutes. L'œil reste alors aussi ultérieurement normal à l'ophthalmoscope. La dissection démontre encore, après six jours, l'agar dans l'espace intervaginal, moins distendu pourtant, probablement parce qu'une partie en a été résorbée aux endroits où la gaine se trouve alors relâchée. Il ne s'observe rien de pathologique ni dans la papille, ni dans le nerf optique, u

De celte première série d'expériences (injections d'agar dans l'espace

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interva-iiial), M. Dei.tschmann conclut « que, pour obtenir chez ranimai soumis à l'expérience, une image ophthalmoscopique (non anatom.que qu. se rapproche de celle observée chez l'homme, il faut un remplissage c e 1 espace ntma-inal avec «ne masse compacte qui interrompe tout d abord la c.rcuation slnouine. Ce n'est qu'après une ischémie absolue que la « stase papdai e » se présente à l'opthalmoscopique. Dans l'image anatom.que seul , aussi le phénomène de la stase passive, veineuse, prédom.ne, ains. que la transsudalion et un œdème réel, tandis que je ne suis pas capable d nul,uer quelle pavt peut bien prendre ,ci, si toutefois elle en prend une h suppression de l'afflux sanguin dans l'artère. Je pense que cette partdo, a peine être prise ici en sérieuse considération ; attendu que deja, après quel- ,uesheures,lesartèresréapparaissent, quoique ténues, tandis que les vemes sont uniformément gorgées et très tortueuses. Il faut en conclure que 1 inte.uption complète dans la circulation de l'artère n'est que transitoire, et que dé à après peu de temps le:sang arténel peut de nouveau afOuer, tandis q« laTeine ne Jeut vaincre la pression que la masse injectée exerce sur elle. Peu tre que l'ipacité rapidement survenue près de la limite papiUaire se rappelle à la courte interruption dans l'apport du sang arténel ; aussi 1 absence d'une opacité généralement répandue dans la rétine plaide contre une occlusion permanente de l'artère centrale, où elle ne fait alors jamais défaut.

,c Les expériences qui forcent d'envisager le processus comme une veutablé stase papiUaire pure et indemne d'inHammalion plaident donc complètement contre l'interprétation de la théorie par stase comme can e de 1, tase papiUaire chez l'homme (1). Personne n'a rencontre jusqu aloi s un Înflemint hydropique de la gaine qui n'aurait pu qu'approximativement 'avoir pour effet de provoquer nne ischémie complète, et cela même dans 1 s toutes premières périodes du mal qui se sont présentées a la dissection, uersonnen'a jusqu'à présent rencontré pour la stase papiUaire qu un œdème IZTsZple sais aucune altération dénotant les débuts d'une inflammation ainsi que cela a lieu chez l'animal soumis à l'expérience, personne ne retrouve chez l'homme les lésions du nerf produites par la pression Par contre, on a constaté anatomiquement qu'il y avait avec une stase pap. la.re marquée si peu d'hydropisie qu'il ne valait pas la peine d en parler, et le fa clinique de conservation intacte de la vision rencontrée assez souvent ,;er.ï.et de même de ne conclure ((u'à .ni trouble modéré de la c.rculat.on. Mais pareil trouble modéré n'a, ainsi que l'expérience le démontre, pas d'effet quoique l'on eût établi chez l'animal des condit.ons de pression, e le qu'elles ne doivent certainement pas se produire chez l'homme ou du moins telles qu'elles n'ont certainement pas été observées chez

On ne peut pas non plus admettre que l'hydropisie diminue chez l'ho.nm,. par suite de la résorption du liquide dans l'espace intervaginal. Il faut tou- (1) Notre ami a.Ja.ger s'élovail r.ontre pareille, interprélation, il y a plu3 de dix an«. (De W.)

INKLAM.MATlOiN 1)1! NEKK UKriQOK.

jours admettre qu'un reiiouvellemeiit constant de l'iiydropisie une lois /'lahlie ait lieu, attendu qu'avec l'accroissement des tumeurs cérébrales la pression intracrànienne s'accroît proportionnellement à la résorption du liquide accumulé dans l'espace des gaines du nerf optique.

Une seconde série d'expériences fut exécutée par M. Deulschmann d'après la méthode employée par MM. Manz et de Scliultén, afin de mieux encore rapprocher les changements provoqués chez l'animal en remplissant comme chez l'homme l'espace intervaginal du coté de la cavité crânienne par exagération de la pression cérébrale. Voici en quoi consistaiejit ces expériences :

« Je me servis, dit M. Dmlschmann, pour les expériences, do jeunes l.ipins rhoz lesquels on réussit encore à perforer le crâne, avec une forte canule pointue, pour pouvoir alors injecter de quantités variables d'une masse à injecter, soit dans l'espace subdural ou extradural, soit dans la substance du cerveau même. Il va sans /lire que la plus scrupuleuse antisepsie est de rigueur pour cette petite opération, non seulement pour cqui concerne les instruments et les mains, mais aussi pour ce qui regarde la stérilisation de la masse à injecter, attendu qu'il faut ici éviter toute complication résultant de l'opération même. Je me servis, au début, d'une solution de chlorure de sodium, de l'huile et de la paraffine, mais finalement je trouvai que l'agar-agar, mélangée avec de l'encre de Chine, et modérément chauffée de façon à pouvoir être injectée fluide, répondait le mieux à tous les besoins. On obtient par là une réduction d'espace de la capacité crânienne qui persiste un certain temps (attendu que l'agar-agar, après être injectée, ne se résorbe t|u'en minime partie), comme cela a lieu dans les expériences de Schulten après l'introduction d'un fragment de cire. Par contre, l'introduction est, dans mes expériences, beaucoup plus facile, la possibilité d'une stérilisation complète bien plus aisée et la constatation de la présence de la masse injectée, grâce au mélange de l'encre de Chine qui la colore en noir, bien plus commode. J'ai renoncé à la mensuration de la pression intracrànienne, ne voulant pas compliquer inutilement l'expérience. Les mensurations correctes de Schuttén ont démontré un accroissement constant en procédant à ce genre d'expériences, et finalement il m'importait seulement d'accroître la pression cérébrale par l'introduction d'une quantité maxima, que l'animal pouvait supporter sans mourir, à un tel point qu'une quantité suffisante de liquide cérébro-spinal respectivement de masse injectée, pouvait être, par ce procédé, chassée dans l'espace intervaginal des nerfs optiques. La description des expériences prouve que j'y suis toujours parvenu. Je me contente du rapport de trois expériences les mieux réussies qui peuvent aussi servir de types :

1. « On injecte à un jeune lapin 0,25 gr. de l'agar noircie dans l'espace subdural — à peu près 6 pour 100 de son contenu. L'animal ne présente, à part un peu de vacillement pendant les premières secondes, aucun phénomène cérébral. Ophthalmoscope : distension des veines, faible rétrécissement des artères sur les deux yeux, état normal après une demi-heure qui persiste à rester sur les deux yeux. L'animal est alerte et mange bien. On le tue après six jours. Dans l'espace subdural, on rencontre une mince couche d'agar qui recouvre toute la convexité du cerveau. Nulle part trace d'irritation. Les deux espaces intervaginaux sont à peine visibles, à partir du chiasma, vers les parties déclives, ils sont remplis d'une masse noirâtre homogène, surtout vers leur extrémité bulbaire; distension de la gaine autant que dans un cas d'hydropisie moyenne dcf; nerfs optiques avec une stase papillaire chez l'homme. Microscope : oi)tici\-ioT\mxv,\ abstraction faite du contenu des gaines qui se compose d'une masse en partie homogène, en partie finement granuleuse — agar avec liquide cérébro-spinal — et contient beaucoup de grains libres (non renfermés dans des cellules) d'encre de Chine. Papilles absolument normales.

2. « Jeune lapin blanc. 21 IX 85. 0,25 gr. d'agar noire injectée dans l'espace subdural. Canule enfoncée un peu à gauche de la ligne médiane (à peu près 6 pour 100 du contenu cérébral injecté). Immédiatement l'ophthalmoscope montre, un accroissement des veines, un faible rétrécissement des artères, état de nouveau normal après quelques minutes.' L'animal est alerte. 2 X 85. Au même endroit du crâne, nouvelle injection de 0,25 gr. d'agar; de nouveau, faible dilatation des veines et rétrécissement des artères, 'qui^'se

■m DE ^YECKEP.. - MALADIES DIj NEUF 0I>TIQUE.

dissipent après quelques minutes. Le 7 X, on s'aperçoit, pour la première fois, qu.» l'animal paraît remarquablement inculte et rugueux; pupilles étroites, mais reagissantes, l'animal a constamment la tendance d'aller à droite; pas do paralysie, mange bien, mais paraît constamment las et somnolent, reste assis à la même place et n'accroît absoment pas comme un animal normal qui sert de contrôle. On aperçoit autour de la papille claire et à contenu précis un anneau étroit, mais qui s'élargit de jour en jour; il •i l' ispcct d'un stapliylome postérieur, mais contournant toute la papille, et qui ne présente pas de changement de niveau. Le 6 XI 85, injection réitérée de 0,25 gr. d'agar an même endroit du crâne ; immédiatement après, de nouveau, faible élargissoment des veines et rétrécissement des artères sur les deux papilles; état normal quelques nunutes après L'animal marche maintenant d'une façon marquante à droite; est cumplètcmeiit apathique, poil remarquablement rugueux et hérissé, somnolence conlinuelle. Pupilles étroites réaffissautcs. L'animal mange bien, mais ne s'-dCcvoilnuUemenl.Ophthalmoscope : état tout à'^fait normal, excepté un large anneau noir qui entoure la papille et qu'on interprèle comme distension hydropique de la gaine par le liquide cérébro-spinal mélangé à l'a-ar noire. L'animal est tué le 2 XII 85, quarante et un jours après la première injecîion. Dissection : la surface du cerveau, aux deux tiers recouverte d'une couche d'agar noire mesurant à peu près 2 millimètres; en quelques endroits, 1 millimètre. Cette couche adhère en dehors plus intimement à la dure-mère, de façon qu'en la détachant des masses entassées y restent en contact. Seul, le tiers le plus antérieur de la surface cérébrale est libre. En arrière, une faible couche de l'agar en partie mollasse se continue dans la substance cérébrale jusqu'aux tubercules quadrijumeaux. Les deux gaines du nerf optique sont fortement distendues a partir du foramen opticum, colorées en noir et élargies en ampoule à leur extrémité bulbaire. Microscope : dans les espaces intervaginaux, une grande quantité de masse amorphe et finement granulée avec beaucoup de grains libres d'encre de Chine, qui imprègnent aussi la gaine externe. Papilles absolument normales, à. l'instar des troncs optiques.

3. « Jeune lapin blanc. 12 YllI 85. 0,25 gr. d'agar (6 pour 100 du contenu du crâne) injectés dans la substance cérébrale superficiellement à gauche de la ligne médiane. Ophthalmoscope : des deux côtés, faible élargissement des veines et rétrécissement des artères. L'animal oscille un peu, mais se remet tout de suite. Il devient, dans les jours qm suivent l'exécution, apathique, marche constamment en trébuchant et vacillant, reste le plus souvent assis tranquille ; pupilles étroites, mange. 20 VIII 85, nouvelle injection do 0 25 gr. d'agar au même endroit. Mêmes symptômes oculaires, comme auparavant qui se di^ssiperit après quelques minutes. Dans les jours suivants, l'animal devient absolument apathique ; lorsqu'on le pousse à marcher, il ne peut pas avancer, tellement il oscille il cesse de manger et reste assis complètement apathique. Ophtkalmoscope ' papilles absolument normales. A l'entour des deux papilles, on aperçoit déjà, peu de lours après la première injection, un anneau noir de largeur modérée, comme chez l'animal précédent. On tue le lapin le 31 VllI 85, c'est-à-dire trois semaines après la première injection. Autopsie : pas trace de méningite. Surface cérébrale normale a l'exception d'une petite tache noire à la région du lobe frontal gauche — le point de pénétration de la canule. Dans le lobe frontal gauche, une tumeur de la grandeur d un pois fortement gonflée, tumeur composée de l'agar noire et qui fait exactement l'impression d'une tumeur mélanique du cerveau. Les deux espaces intervaginaux des nerfs sont fortement distendus à partir du foramen opticum, noirâtres et élargis sous itornic d'ampoule près de leur extrémité bulbaire. Microscope : espaces inlervaginaux en entier remplis d'une masse noirâtre entremêlée de fins grains d'encre de Chine, en partie amorphe, en partie finement; granulée. Le tissu trabéculaire arachnoïdien est, l)'ir cette masse, repoussé contre la gaine externe. Pas trace d'une affection inllaniuiatoire Papilles absolument normales. Tumeur d'agar dans le cerveau entourée d'éléments nerveux détruits, cellules gliales, myéline, quelques rares cellules lymphoïdes et des résidus de corpuscules rouges du sang. Enveloppes du cerveau intactes a la convexité el à la base. »

« J'ai voulu, dit M . Deutschmann, avec ces expériences, autant que cela était possible, tenter d'imiter IV/c^ion pure d'une exagération de pression dans la cavité crânienne telle qu'on l'admet chez l'homme. Je ne me suis pas cuii-

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