‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 36 sur 135 · INFLAMMATION DU NEUF OPTIQUE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU NEUF OPTIQUE

tenté de créer une uiiicjue réduction (juoique durable de l'espace intracrânien, mais en répétant les injections avec une substance qui ne se résorbe à la rigueur que fort lentement, j'ai cherclié à accroître de temps en temps la pression pour me rapprociier de cette exagération croissante, telle qu'elle se produit par exemple à l'occasion de l'évolution de tumeurs. Comme il ne s'agissait ici absolument que d'obtenir ïeiïel pur de l'action de la pression, j'ai tenté, par une antisepsie scrupuleusement observée, d'éviter toute complication, ce à quoi je suis aussi parvenu. Le résultat des expériences M démontré qu'on réussit chez l'animal à produire, en exagérant la pression dans la cavité crânienne, un état anatomi(iue des espaces intravaginaux tel qu'on l'observe chez l'homme sous l'influence des diverses réductions d'espaces dans la cavité du crâne par des processus pathologiques ; il survient une hydropisie vaginale nervi optici et de fait tellement développée, qu'à mon savoir et d'après mes propres observations, elle ne se rencontre en général pas à un plus haut degré chez l'homme.

«L'ensemblejdes phénomènes cliniques démontra aussi chez les animaux en expérience l'action persistante de l'exagération de pression et l'image ophthalmoscopique montrait — grâce à la coloration de la masse injectée avec l'encre de Chine — ce que la micropsie confirme, à savoir que le remplissage de l'espace intervaginal des nerfs optiques déterminait l'anneau noir circumpapillaire. Enfin l'observation clinique apprit, que ce remplissage de l'espace intervaginal persistait pendant un certain temps, pendant des semaines. La masse qui remplisait l'espace se composait, ainsi que cela parut, d'un mélange d'agar provenant directement de l'injection et de liquide cérébro-spinal déplacé par l'augmentation de pression cérébrale.

(( Mais, en fin de compte, cela importe peu : l'espace intervaginal se trouvait fortement rempli; le nerf optique, ses gaines et les papilles étaient libres iV inflammation et absolument normaux. C'est là le résultat le plus important et le principal de l'expérience. — Les phénomènes rapidement transitoires des vaisseaux près de la papille qui succédaient immédiatement à l'injection, respectivement l'accompagnaient, sont l'expression naturelle du changement brusque de tension dans les espaces en communication les uns avec les autres, mais ne sont pas le début d'une stase papillaire.

« V exagération de la pression cérébrale, respectivement le remplissage des espaces intervaginaux, tel que les autopsies nous les ont appris à connaître, ne suffisent conséquemment pas pour établir dans les papilles optiques des changements anatomiques durables, bien entendu encore moins pour produire une image ophthalmoscopique quon puisse mettre en quelque rapport que ce soit avec la stase papillaire. L'hydropisie des gaines ne peut donc pas être envisagée comme cause de la stase papillaire dans le sens de la théorie de la stase. Doit-on en général l'envisager comme une cause immédiate de l'affection oculaire, ou n'est-elle que médiate ou enfin n'est-elle qu'un phénomène secondaire?

«Leber (Internat. Congr. London, 1881) est probablement le premier et est

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jusqu'alors à peu près resté le seul qui attribue à l'hydropisie tlu nerl optique un autre rôle que celui de l'effet d'une pression; d'après lui elle esi la cause directe de la stase papillaire lors des tumeurs cérébrales et la méningite, mais dans le sens suivant. «Des tumeurs intracrâniennes, de même que la tuberculose s'accompagnent de congestions vasculaires, de l'hydropisie des ventricules et d'augmentations de tension. Les produits de matériaux d'échange de ces néoplasies, se mélangeant avec la transsudation inflammatoire, agissent comme irritatif inflammatoire et donnent lieu en arrivant avec le liquide cérébro-spinal dans l'espace intravaginal du nerf jusqu'cà son extrémité, à l'évolution de la neurite et de la papillite. » Seulement chez Go^NeY^i {A manuel and altas of med. ophth., ^2^ edit, London, 1882) je rencontre une interprétation semblable. « L'extension de la gaine du nerf optique seule est probablement insuffisante pour produire une papillite par un simple effet mécanique, mais peut peut-être accroître le processus né d'une autre manière, surtout si le liquide présente une qualité irritante et lorsqu'il peut trouver son passage dans les espaces lymphatiques de la papille. »

Nous-même avons exposé et appuyé l'opinion de notre ami de Jaeger, que la simple compression ne pouvait pas être invoquée pour expliquer l'évolution de la stase papillaire. De Jaeger, cinq ans avant Leber, était de cet avis et démontra {loc. cit., p. 31) que l'image de la stase papillaire ne correspondait pas à ce que la stase veineuse et la compression près de l'extrémité oculaire du nerf optique doivent produire. Les expériences de M. Deutschmann viennent de donner la démonstration expérimentale de ce que de Jaeger, Leber et Gowers ont soutenu. En se plaçant donc absolument sur ce terrain, M. Deutschmann recherche maintenant, par de nouvelles expériences faites identiquement, mais avec une substance infectée, à donner la preuve qu'un autre élément doit intervenir pour déterminer la papillite précédée de la stase papillaire.

« Tout d'abord, dit le sagace expérimentateur, j'introduisis directement dans la gaine du nerf optique, sectionnée près du foramen opticum, une petite quantité de solution de chlorure de sodium qui renfermait des traces de staphylococcus. Il survint, après deux a trois jours, une énorme papillite. Déjà, le premier jour après rinjection, la papille optique est fortement rougie et gonflée, les veines très .listendues, les artères peut-être un peu rétiécies. Le second jour, le gonneinent papillaire est deja très notable aver forte opacité et trouble rétuiien. Microscope : forte névrite et périnévrite avec papill.rétinite exquisite ; la papille est, avec cela, gonflée au point que cela ne pourrait s.rencontrer qu'avec la plus forte stase papillaire. »

« Ces expériences, qui réussissent chaque fois avec la même précision, dit M. Deutschmann, démontrent que lorsque des germes infectants arrivent dans l'espace intervaginal des nerfs optiques, ils produisent ici, resp. à l'extrémité bulbaire du nerf, une névrite ou papillite avec le type de la stase papillaire. Ici se trouve, en outre, simultanément la preuve que dans le cas où le liquide cérébro-spinal a acquis des qualités propres à engendrer l'inflammation, Teflet qu'il produira près de l'œil se présentera sous forme

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