‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 37 sur 135 · INFLAMMATION DU NEI'.I" OPTIOUR · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU NEI'.I" OPTIOUR

il'iinp névrite ou d'une slase papillaii'e, atlenilu que les rcclKîrclics aïKildmiques et physiologiques ont démontré les voies de communication entre le cerveau et les espaces intervagineux d'une façon absolument certaine. Mais l'expérience sur l'animal peut aussi pour cela fournir la preuve directe.

rf J'ai essayé tout d'abord, chez des lapins, d'injecter un mélange de culture de slaphylococcus dans l'espace subdural du crâne, avec l'espoir que, par leur transport dans les espaces intervaginaux, il surviendrait une double stase papillaire. Pourtant, après avoir vainement sacrifié une série d'animaux, je m'abstins de ce genre d'expérience, car les animaux mouraient si rapidement par l'infection locale, qu'une affection oculaire ne pouvait plus se développer, ou lorsqu'on atténuait très fortement 1ns mélansos de spores, ils ne réagissaient pas du tout ou ne présentaient même plus une aft'ectiou locale du cerveau, mais se chargeaient de la suppression des rares spores infectantes. C'est pour cela qu'il fallait une masse infectante agissant lentement, mais sûrement pour servir d'infection de la cavité crânienne, et qui aurait pour suite aussi de ])roduire une augmentation lentement croissante de la pression et, pour obtenir ce but, je recommande la matière tuberculeuse déjà employée antérieurement par moi.

« L'expérience fournit alors, en effet, ce qu'elle doit produire. Vu l'importance de toute celte question, il me sera permis de relater l'exposé que j'ai fait antérieurement {Arch. f. Ophthalm., XXYII, 1, p. 227) de l'évolution de ces expériences.

« En usant des précautions antiseptiques, on injecte à des jeunes animaux avec la seringue de Pravaz, quelques gouttes de pus tuberculeux dans l'espace subdural du crâne. Il ne s'ensuit tout d'abord aucune réaction. Les animaux se comportent absolument d'une manière normale, seulement les veines s'élargissent momentanément un peu après l'injection, mais redeviennent de nouveau aussi vite normales. L'état général de l'animal reste bon; trois semaines après l'injection dans la cavité crânienne, on peut constater les premières altérations du fond de l'œil avec l'ophthalmoscope. Ils consistent pour les deux yeux dans un élargissement des vaisseaux rétiniens, avec un état tortueux particulièrement prononcé et une rougeur delà papille. Dans les jours suivants, la rougeur de la papille s'accroît encore, à ce qu'il paraît, principalement par l'apparition de nombreux et fins ramuscules vasculaires; en môme temps se signale un faible soulèvement, c'est-à-dire un gonflement des bords papillaires, ce qui fait paraître l'excavation centrale un peu rapetissée, mais davantage en creux. Le processus peut alors de nouveau rétrograder, ou il s'aggrave de la manière suivante : le gonflement papillaire se développe de jour en jour d'une façon plus manifeste, et la papille apparaît, comme le gonflement atteint au début principalement les parties marginales, sensiblement élargie en sens horizontal et vertical. La partie papillaire marginale se présente en bourrelet en forme de boudin contournant 4'excavation centrale sensiblement rapetissée. Par ce gonflement des parties marginales de la papille, aussi les rayons de fibres à myéline qui s'y adossent sont soulevés, sans pour cela être opacifiés, de manière que, par ce soulèvement, de même, un élargissement sensible de toute la région gonflée est donné. Après cela la partie centrale de la papille commence à prendre part au gonflement. Son niveau se soulève de plus en plus, de manière que, progressivement, le caractère de l'excavation s'efl'ace à peu près complètement. En même temps, le centre papillaire apparaît faiblement voilé; la substance papillaire, opaque. La coloration d'abord rougeàtre de la papille fait place à une légère pâleur, quoique les vaisseaux, principalement les veines, paraissent fortement distendus et qu'il apparaît sur la papille même une quantité de fins vaisseaux qui, en général, ne reviennent pas à la 'papille normale. En outre, les vaisseaux forment, eu passant de la papille dans l'épanouissement des fibres à myéline, un arc; en un mot, l'ensemble de l'image correspond à une aftection que nous désignerions chez l'homme comme stase papillaire {Stauungspapille). L'opacité de la papille s'accentue encore, il y apparaît de petits foyers isolés luisant comme de la graisse. Cinq semaines après l'injection du pus, le processus est arrivé à son acmé et devient, à partir de là, régressif. Le gonflement papillaire décroît alors journellçment à mesure que la pâleur s'accentue et que les vaisseaux se rétrécissent jusqu'à ce qu'enfin, après quatre autres semaines, apparaît l'image exquisite de l'atrophie du nerf, suite de névrite optique.

<( La dissection démontre, à peu d'exceptions près, une tuberculose miliaire étendue à toutes les enveloppes du cerveau, éventuellement des tubercules solitaires de la sub-

slance cérébrale même, exceplionnellemciU placés seulement à la convexité du cerveau; la partie intracrànienne du nerf optique est noruiale ; à partir du foramen opticum, il est un peu élargi, près du foramen scléral, plus ou moins épaissi, en forme d'ampoule, à une époque plus avancée, avec des soulèvements ondulés. Aux premières étapes, névrite et périnévrite avec exsudation finement granulée et coagulée dans l'espace inlerva^inal- plus tard, tubercules dans le tissu de la gaine. Les phénomènes inllammatoires ne commencent qu'à partir du foramen opticum, ou périphériquement par rapport à celui-ci, et s'accroissent d'intensité vers le globe oculaire. La papille est gonllee, la trame du tissu cellulaire proliférée; une quantité de fins capillaires traverse le tissu infiltré d'un nombre modéré de corpuscules lymphatiques. La rétine se trouve un peu repoussce et sa trame de support pullulée; aussi la couche des fibres paraît au proche voisinage un peu épaisse.

((Ces expériences prouvent que des substances ini'ectantes transportées dans la cavité crânienne s'écoulent avec une certaine rapidité dans l'espace intervaginal pour s'arrêter près de l'entrée dans le globe oculaire, tout d'abord d'une manière mécanique. Ces substances déversées doivent s'écouler avec une certaine rapidité, parce que ce n'est que de celle façon qu'on peut s'expliquer l'intégrité des parties centrales du nerf optique. Les germes infectants n'ont pas le temps de rester attachés en route. Ce n'est que par l'entraînement par un liquide que ce degré de rapidité peut être atteint. Voici pourquoi il n'y a ni 7ieurite descendante ni périneurite optique, tandis que déjà à l'extrémité bulbaire l'infection a eu lieu depuis un certain temps.

(( 11 faut penser que les choses se passent de la manière suivante. Le dévèloppement des tubercules des enveloppes cérébrales après l'inocula- • tion s'accompagne d'une hyperhémie inflammatoire. Nous rencontrons constamment les traces d'une hydrocéphalie externe aiguë. Ce liquide hydrocéphalique tend naturellement à s'écouler dans l'espace vaginal des gaines, surtout si la pression cérébrale s'accroit de plus en plus, avec l'évolution en masse de tubercules miliaires. Ce liquide contaminé de germes infectants s'accumule tout d'abord près de l'entrée du nerf optique dans 1.^ globe de l'œil et ne détermine ici — cm début — qu'une simple inflammation du nerf optique et de sa papille, donnant ultérieurement lieu au développement d'une tuberculose miliaire des gaines. — Que la papillite ne peut se produire (( grâce à la pression dérivant des tubercules vaginaux » démontre le fait qu'elle se développe à une époque où un tubercule évolué de la gaine vaginale n'existe pas encore. Mais aussi pour des époques ultérieures la possibilité d'une pareille explication se trouve exclue par les données de l'examen anatomique. Dans les cas d'une tuberculose très marquée, on ne rencontrait qu'une faible papillite, qui pouvait même encore complètement rétrograder; enfin même les plus grands tubercules des gaines montrent constamment la tendance à évoluer en dehors, qu'ils se soient développés dans la gaine interne ou externe, de façon qu'ils ne peuvent jamais exercer une pression de quelque importance sur le nerf optique même, resp. sur ses voies sanguines ou lymphatiques. Dans ces cas les recherches anatomiques démontrent alors justement que l'espace vaginal est très flasque, plissé entre les élévations tuberculeuses isolées; mais ce qui se produisit

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cornine IiyJropisie des espaces vaginaux dans ce processus morbide, ri'élail — comme chez l'Iiomme — Jamais même approximativement suffisant, pour pouvoir provoquer une action par pression.

« Il ne reste donc qu'un unique moyen d'explication possit)le pour les résultats de ces expériences : Vaffcctlon inflammatoire de la papille qui s accroît jusgu à une stase papillaire n'a rien à faire avec la stase par pression; elle est r effet de germes capables d'engendrer une inflammation, germes qui arrivent avec le liquide cérébro-spinal delà cavité crânienne dans les espaces vaginaux, s arrêtent à Vextrémitê bulbaire, s'y fixent rt produisent ici leur action infectieuse. »

On voit que notre confrère met ici sur un seul et môme pied l'effet irritatif du liquide qui engendre, à part la tuberculose miliaire et des tubercules solitaires, une hydrocéphalie aiguë dans le crâne, une papillite près de l'anneau sclérotical; l'effet infectieux sui generis ne se développe près de l'anneau que simultanément avec l'évolution de semblable produit dans le crâne. Avec raison, à notre avis, M. Deutschmann soutient que si Manz a pu, avec de simples injections d'eau dans le crâne des animaux soumis à l'expérience, obtenir sinon des inflammations près de l'entrée du nerf optique, mais des symptômes manifestes d'hyperhémic et de congestion, c'est que Manz a travaillé sans les précautions de l'antisepsie. Aussi chez lui la réaction du côté du cerveau, de ses enveloppes et même de la plaie du crâne sont absolument autres que ce qu'observent de Schultén et Deutschmann. Chez ces confrères, on ne voit suivre, même après les traumatismes les plus violents, nulle trace de réaction directe, et Ton peut en tirer l'enseignement [U'atique, si nous observons parfois des blessures formidables chez l'homme, qui intéressent le crâne et le cerveau, sans trace de réaction, c'est que le traumatisme s'est accompli dans des conditions parfaites d'asepsie. Au contraire, le contraste de la réaction directe que Manz voit éclater près de Tendroit lésé du crâne et du cerveau, même après une blessure relativement légère, montre qu'ici un rôle important revient pour ce qui concerne la suite de la blessure à l'infection accidentelle; aussi l'animal, si docile pour l'expérience aseptique, succombe en général trop tôt pour permettre d'étudier les altérations inflammatoires des papilles, l'infection les emporte. Avec M. Deutschmann on peut donc actuellement admettre que :

« Seule, Vexagération de la pression dans le crdne ne conduit pas à une affection morbide de Vextrémitê intr a-oculaire du nerf optique. Le principal facteur qui la provoque, doit être la présence de produits aptes à engendrer une inflammation, produits qui arrivent de la cavité crânienne par des voies préformées dans les espaces inter vaginaux. »

D'où proviennent ces produits ? A cet effet, il faut récapituler avec M. Deutschmann les principales affections qui se compliquent de stase papillaire et de papillite. En première ligne, il faut citer les tumeurs où l'absence de la complication est la rare exception. Les produits irritatifs entraînés dans les espaces intervaginaux doivent ici provenir d'un mélange du liquide

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cérébio-spiual, d'une part, avec les élémenls morbides de l'hydro.;éphalie ain,ë qui accompagne si souvent l'évolution des tumeurs, et se rencontre d'autant plus accusée que cette évolution est plus rapide, d autre part du mél-iiio-e du liquide cérébro-spinal avec les produits d'échange de la neoplasie croissante. La présence d'une hydrocéphalie d'un degré var.able se rencontre presque toujours avec le développement de tumeurs, et comme le courant du liquide cérébro-spinal vers les gaines est centrifuge, ce mélange doit forcément prendre son chemin vers l'anneau scléral ; mais en 1 absence même dans un cas exceptionnel, d'un pareil mélange, celui des produits nulriti^fs du néoplasme avec le liquide cérébro-spinal doit donner des qualités anormales à celui qui baigne l'entrée orbitaire du nerf optique. La force orooulsive de l'exagération de pression causée par la tumeur n a pas besou, d'êU-e marquée ici, car il résulte des expériences de Deutschmann concernan Îonbthalmie sympathique que, si l'on injecte dans l'espace intervaginal lïrue distance du lobe oculaire, une solution stérilis e de chlorure de sodiuni teinté d'encre de Chine, et qu'on sacrifie l'animal, es grains d encre se sont accumulés près de l'extrémité oculaire du nerf, mais u ont pas

cheiniaé en sens centripète. ... • ,

Donc sans exagération de pression, les substances infectieuses arriveront dés qu'elles se sont mélangées au liquide cérébro-spinal vers 1 anneau scle- Scal Si l'on admet donc une qualité particulière des produits d échange de a néoplasie, ayant pour effet de pouvoir produire dans le crâne une tlammation sécréloire, - et la constance de l'hydrocéphalie aigue nous y forcTèn quelque sorte, - la constance de la papillite ne doit pas non plus

""M^uto lÎ'forcément songer que nous sommes au moment de découvrir neul-être des micro-organismes pour les tumeurs en général; ce qui me 1 î déjà actuellement prouvé, c'est que le voisinage d'une tumeurdeyient que qL sorte un lieu de dépôt pour des micro-organismes et que 1 in - U ion inflammatoire qu'on constate assez fréquemment a l enteur de tururs (principalement celles du cerveau) s'explique par cette tendance de lorentration de germes à l'entour d'un néoplasme. M. Deutschmann «te a cet égard un exemple digne atout point d'attirer l'attention.

,i.„i,. I arrive à la clinique avec des troubles notables de l'œil droit; a " w ■ cxi le un^ 1 Ihi e du globe oculaire, la surface de l'ccil étaut fortcnen gauche .1 '2 scmibilité au toucher. Le mal s'est développe sur 1 œil

'■" ■ Tn.u^c sZnt nasal d , champ visuel, sans présenter de phénomènes inllan avec nn ••^ J énergiquement nié. La vision s'est peu à peu perdue; a

matoires. Un tiaumaiismi csi "-' s i „n,.tis«c et de très violentes douleurs surcécité «----.f . ' .^ '„rc^S^^^ montraient sur .'ceil droit,

istrrdécZalralor IcneUcment, il existe du cété ■ -^^^r ^'S'- Tiv,. svncchie postérieure totale, membrane pup.llaire, etc. Le \ .

é fu? o^é co'Inme corps étranger, éventuellement ^j^^^-;; "ss" nt'ilc

cléa l'œil gauche. L'examen m,croscopn|ue « ntait beaucoup de

,,ue l'œil .enlVrn.atl un sarcome V^f^^'l^'^t^Z^ l^^Zi^, en quantité notabh;,

r»sî:;irdS;sr«:M,:ir::KS^^ .len,. ..js .j.. . .ber.

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ciilosc ^par contre, on rencontra sur les coupes, dans le proche voisinage de la lumen r, des coccus simples et doubles, facilement colorables avec des couleurs d'aniline. Je m'àuis attendu à rencontrer pareille chose déjà, à cause de l'oplithalmie migrative de l'œil droit, si netlcinent accusée. Je ne puis que m'iniagiiier que les micro-organismes, arrivés d'une façon quelconque dans la circulation, se sont disposés alentour de la tumeur, choisissant cet endroit de prédilection juste à cause des altérations que la tumeur a provoquées dans l'œil. N'est-il pas permis de songer qu'à l'occasion de tumeurs intracràniennes il se présenterait une chose analogue? »

Un fait sur lequel M. Deutschmuuu u'ai)|juie pas, c'est l'aualogie absolue, comme image ophthalmoscopique, du début de l'ophthalmie migratrice et de la papillite suite de tumeur cérébrale. Ceux qui ont pu, pour ainsi dire, saisir au vol l'occasion de surveiller à l'ophtlialmoscope les débuts de l'ophtlmlmie migratrice confirmeront ce fait important. Aussi, sans aucune idée préconçue, on note dans notre observation (t. Il, p. 332), au moment où l'acuité visuelle de l'œil atteint d'ophthalmie migratrice tombe à un dixième, que « l'examen oplitbalmoscopique montre un léger trouble de la papille qui est modérément gonflée», et même on signale qu'avec l'amélioration « progressivement la papille du nerf optique s'afl'aisse. » Depuis, j'ai rencontré ce même début que j'ai signalé à mes élèves comme une papillite, tout en ne la déclarant que comme suite de lymphangite produisant un œdème papillaire, mais un fait qui ne saurait être nié, c'est que les micro-organismes migrent d'un œil par les voies lymphatiques du nerf optique, le chiasma, vers le congénère, provoquant un état analogue pour ce qui concerne l'aspect ophthalmoscopique, comme lorsqu'une pareille migration doit être admise, résultant d'une tumeur ou d'un foyer inflammatoire de la cavité crânienne. Est-il nécessaire de rappeler que l'on a décrit un mode delà transmission sympathique comme se localisant essentiellement dans le nerf optique, une papillite ou papillo-rétinite sympathique et qu'on la observée à la suite de tumeurs du nerf optique du côté opposé? L'analogie éclaterait encore bien plus, si la plupart du temps l'inflammation dans l'ophthalmie migratrice ne gagnait pas promptement les parties antérieures du tractus uvéal et ne soustrayait pas ainsi les changements qui se produisent du côté de la papille à l'inspection ophthalmoscopique, mais le fait de l'atrophie consécutive du nerf, analogue à celle qui résulte d'une papillo-rétinite de cause cérébrale, plaide aussi pour l'origine analogue de cause parasitaire. Que pour les papillites de provenance cérébrale, l'inflammation reste fixée à la papille et près de l'anneau scléral, tandis que cela n'est que fort exceptionnel pour l'ophthalmie migratrice, cela doit évidemment dépendre du genre des micro-organismes infectants, landis que pour la papillite cérébrale, c^est la pression exagérée qui aide ces micro-organismes à arriver plus promptement vers l'extrémité bulbaire du nerf optique et à s'y entasser en les charriant dans un courant naturel et même exagéré, le contraire doit avoir lieu pour Fophthalmie migratrice a son début; ici les spores infectieuses doivent remonter le courant, et l'on comprend qu'en ayant vaincu les obstacles pour arriver jusqu'à la' papille

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du nerf optique (lu cougénÈre, elles le dépassent et vont jusqu'à la partie la plus antérieure de la cavité oculaire, tandis que ceux projetés par le courant de liquide cérébro-spinal tendent à se développer sur place et a produire tout d'abord leurs effets dans leur point d'accumulation, dans l'extrémité oculaire de l'espace intravaginal. , ,, ,

On pourrait maintenant expliquer les rares cas où, avec le développement d'une tumeur cérébrale, la papillite fait complètement défaut ou ne s est développée que d'un seul côté, en admettant ce qui s'est passe chez certams animaux dans les expériences do Deutschmann, où la très faible stase naniUaire a avorté. Chez l'homme, cette phase transitoire a passe inaperçue, L laissant nulle trace ou n'aboutissant que d'un seul côté à une véritable papillite ici les matériaux d'infection s'étant accumulés, grâce a un passage dus facile à travers le canal optique, en quantité plus considérable.

Pour ce qui concerne le transport d'éléments infectieux provenant de neonlasmes tels (lue les tubercules et les gommes, la chose (démontrée, du reste par les expériences de Deutscimann, pour le premier genre de tumeurs) ne présente absolument rien de surprenant. Ne voyons-nous pas, dans d'autres régions du corps (la muqueuse des intestins, des voies respiratoires') la présence de dépôts tuberculeux devenir une cause d inflammation iusqû'à une certaine distance du dépôt même et contribuer à l'élimination de la néoplasie par suppuration? Pour cela, il n'est pas nécessaire que le badiUe du tubercule lui-même soit transporté dans le point ou éclate I innamnation éliminatrice, ni que ce point devienne, lui, un heu d'évolution de a uberculose. Pour ce qui concerne, du reste, la façon dont se comporte le voisinage de l'anneau sclérotical, lorsque le cerveau est le siège detubern.les il est bien possible, si l'individu en question vivait assez longtemps, nue là gaine du nerf optique deviendrait le siège d'un véritable transport a distance de germes et d'évolution de tubercules; mais, néanmoins, cela n csl pas nécessaire d'après ce que nous observons ailleurs. ....

Pour ce qui resarde les gommes, il est cliniqueinent admis que simultaiieuienl avec un dépôt de gommes dans le cerveau et ses enveloppes, une papilite gom.neuse peut se rencontrer, quoique les dissections n'aient, pas encore suflitainment appuyé ce fait. L'action curative du traitement spécifique e t la raison pour laquelle ou ne rencontre pas plus fréquemment a I autopsîèlls altératimis comme M. Michel (son Traite, p. 039) les a decriles.

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l::I""r-autr:s. txs îaisseat montrent une puUulation de leur men,brane adventive. les ptiénomènes de périvasculito. »

Du reste, la propagation directe de la tuberculose sur le nerf lui-même el

INFLAiMiMATlON DU NEUF OPTIQUE. 337

ses gaines n'oftVe aucun doule, ni celle de l'innitralioii goinnieuse; ce qui reste à démontrer, au point de vue analomo-palhologique, c'est Uinfection à distance par accumulation de germes près de Uanneau scierai, et cette démonstration sera toujours diflicile pour ce qui regarde les gommes, fugaces dans leur persistance et se développant presque toujours par séries.

M. Deutschmann admet l'infection à distance pour les entozoaires ducerveau, comme il l'a observé pour l'oplitlialmie migratrice où Ton rencontre, dans le cas de transmission d'oplilhalmie migratrice par suite d'un cysticerque siégeant dans le congénère, ce cysticerque renfermé dans une capsule de consistance gélatineuse avec une infiltration gris jaunâtre. De cette partie intiltrée de couleur gris jaunâtre on fait des cultures sur de l'agaragar, et il se développe aussi bien dans la culture faite à la surface que par ponction des staphylococcus jaunes et blancs {Archiv. f. Ophthalm., XXXII, I, p. 318).

Bien plus aisément, on peut s'expliquer la concordance de la papillite, suite d'infection^ dans les cas d'abcès du cerveau. Si, assez souvent, cette infection ne se produit pas, c'est que l'enkystement de l'abcès préserve le voisinage de l'anneau scléral de cette infection. Avec raison, M. Deutschmann fait observer qu'ici le fait indéniable de papillite avec une partie abcédée du cerveau ne s'explique que fort mal par exagération de pression et compression du nerf optique, suite d'hydropisie des gaines. De fait, lorsqu'une partie du cerveau abcède, l'exagération de pression intracrânienne, par réduction de l'espace de la cavité crânienne, n'a, le plus souvent, pas lieu. Le pus prend simplement la place de la-masse cérébrale détruite, mais les germes infectieux qu'il renferme constamment se propagent avec le courant du liquide cérébro-spinal, si un enkystement complet de l'abcès ne s'y oppose pas. Nous reviendrons, du reste, sur ce fait à l'occasion de l'étiologie de la papillite.

La même difficulté se présente pour expliquer par exagération de la pression intracrânienne la présence de la papillite ou de la neuro-papillito lorsqu'on la rencontre avec des méningites sans propagation directe de l'inflammation le long des nerfs. Cette propagation, du reste, avait été reconnue comme fort rare dans les simples méningites non compliquées de tumeuis de l'encéphale. Ici encore, les produits d'une méningite purulente s'accumulent ordinairement en couche si mince que l'on ne saurait parler d'une réduction d'espace de la cavité intracrânienne avec exagération de pression et hydropisie des gaines du nerf optique, à moins de vouloir faire constamment concorder avec ce genre de méningite une hydrocéphalie aiguë qui ne se retrouve plus à la dissection. La méningite purulente est incontestablement de nature infectieuse, et rien de plus naturel qu'elle puisse propager ses produits infectieux par le courant cérébro-spinal à la papille du nerf optique.

Nous n'insistons pas sur les autres affections du crâne et de son contenu qui peuvent se compliquer de papillites, et sur lesquelles nous aurons à revenir. Ce qui nous paraît de la plus haute importance clinique, c'est que

M. DeuUchmann, après avoir passé en revue toute la littéi^ture de ces diverses causes étiologiques, arrive à cette conclusion : Par la recherche amtomo-pathologuiue, clinique et expérimentale, } arme au même TéZat, ' savoir : que la stase papUlaire est une affection v^ammatoire ■ elle n'est pas àenvisager comme une stase dans le sens de la theone de Schmidt-Manz, mais elle est provoquée par des cames capables d ennendrer une inflammation - qu'elles soient maintenant de nature chimique ou parasitaire, comme le suppose la manière de Leber d ennsaner cette question. La stase papillaire est, par conséquent 1 equ.valen d'autres formes de neurite resp. papillite, comme on l'a observe cliniquement dans une série d'autres afïections cérébrales reconnues directement comme inflammatoires; elle ne s'en différencie que quantitativement. L exagération de la pression cérébrale ne joue ici qu'un rôle intermédiaire, en ce sens que les produits pathologiques arrivent, grâce à cette exagération, plus facilement dans les gaines du nerf optique. L'I.ydropisie des gaines n est donc pas la cause immédiate de l'affection papillaire, elle n'est qu au plus médiate ; « l'hydropisie » n'est donc pas nécessaire, au moins pour qu une papillite survienne, car elle peut, en présence de celle-ci, faire défaut. »

ARTICLE X

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