IV. — Névrite diabétique
Le diabète peut donner lieu à des affections diverses du nerf optique e, de son expansion intra-oculaire ; ce qui nous interesse a savoir, c e.t .i la u é ence du sucre dans le sang peut, à l'instar d'autres principes tox.q s, Tnt îner uue neurite avec amblyopie centrale. On voit, d'après notre co lafa ateur M. Nuel (t. III, p. 673), que le plus grand -"^ - ' ^ ™; blvoDie diabétique), ceux qui consistent en un scolome cential et qu il est S de egarder comme typiques, même s'il y a un rétrécissement concea-
ql' d: champ visuel, lui paraissent dépendre d'-tement du dia e e la nrésence du sucre dans le sang. Telle est aussi I opinion qu a proclamée Leber n pense que la forme la plus légère de l'affection du nerf op.i ue Ltis'te dans u'e simple anMyopie central, avec champ muel penpherique libre et résultat ophthalmoscopique négatif. j Nous retrouvons dans la véritable neunte diabétique « 'so ume^ mêmes symptômes cliniques que pour celle produite par d autres int.x o "n S'"gi.-il d'un cas peu prononcé, l'amblyopie centrale ne se rev r qu la présence d'un scotome relatif qu'on a même asse. de peine a d montrer' L'amblyopie centrale date-t-elle depuis - - ; '
un scotome absolu peut aisément être reconnu, se "^'"^ scotome relatif lorsqu'une amélioration ou même -^^ ^^^ZZlZ blyopie centrale survient. Une certaine ténacité du mal s ^-^fl^^^^^'^^^l^, pJr la nature de l'intoxication plus persistante et moms f; « « 2. primée que l'intoxication alcoolique, par exemple. Pour cette «'S»' - Lus admettons volontiers qu'un agrandissement u -^^^f " lion de la vision excentrique entraînent ici des degrés eleve» d ambljop, avec atrophie partielle du nerf aisément visible à l'ophll.a moscope
Ce que nous croyons erroné, c'est que, si chez un d.abetique il suiMcni
DIVERSES VAUIÉTÉS DE NÉVRITE HÉTIIO-RULOAIUE. Ml
un (lei^ré élevé d'amblyopie, avec rétrécissement du champ visuel, ou môme des phénomènes d'hémanopsie, on veuille néanmoins rani'ei' ces cas dans le i;roupe des neurites (Leber). La fréquence des hémorrhai^ies intra-oculaii'es chez les diabétiques est connue, cette même tendance se présente pour les fi^aines du nerf, et môme les centres nei veux ; c'est elle qui explique ces abolitions partielles ou totales de la vision avec atrophie prononcée du nerf, mais pas plus que cela ne s'observe pour l'intoxication alcoolique la dégérescence axile du nerf ne devient totale. Aussi, si l'on veut aller dans ces cas à la recherche du symptôme cardinal, le scotome central, on verra qu'il fait défaut, ou, si le cas est déjà trop avancé pour se renseii;ner à cet égard, que rien ne démontre le début de l'amaurose par une amblvopie centrale. Le grand nombre de diabétiques succombant au coma diabétique et présentant d'autres phénomènes cérébraux préalables, indique suffisamment que des altérations primitives des centres nerveux peuvent être rei-ardées comme l'origine de l'atrophie du nerf optique avec abolition totale ou partielle, mais excentrique du champ visuel.
Encore ici, ce qui doit intéresser avant tout le clinicien, c'est qu'une amblyopie légère, portant tout d'abord sur le sens des couleurs el débutant avec un scotome relatif, peut être un des symptômes initiaux du diabète et attirer l'attention, expliquer l'affaissement des forces, l'insomnie, la disparition de l'appétit, la polyurie, tous les symptômes d'un diabète resté jusqu'alors inaperçu. Il se présente même des cas où le trouble delà vision centrale est l'unique symptôme morbide accusé par les malades ; seul, Texamen des urines met sur la voie de la cause originaire du mal. Ce fait prouve déjà que les cas ded abète faible, amendable, comme la forme arthritique, sont plutôt ceux qui engendrent la véritable amblyopie centrale, suite de neurite; qu'au contraire des altérations nutritives portant sur la totalité du nerf et surtout sur son expansion centrale sont l'apanage des diabètes graves à complications cérébrales.
Qu'à l'inverse de ce qui s'observe pour les manifestations oculaires dans les affections rénales, par exemple, l'apparition d'une amblyopie centrale ne doit pas être regardée comme une complication redoutable, au point de vue du genre de diabète, résulte clairement de l'appréciation de Leber qui dit : (( L'apparition de l'amblyopie est sous certains rapports véritablen^ent un avantage pour les malades, attendu qu'elle rend possible un diagnostic précoce et, par suile, un traitement du mal à une époque où un résultat tavorable peut être encore obtenu. » Certainement, il en est ainsi lorsque le diabète agit directement sur le nerf, en y provoquant une neurite intracanaliculaire, mais il est étrange de trouver cette appréciation dans un article traitant des « affections diabétiques du nerf optique » (Gracfe, Saemischf t. V, p. 898) où se trouvent à la fois comprises l'atrophie du nerf optique et l'hémianopsie comme conséquences du diabète. Évidemment, il s'agit ici de deux genres de maladies absolument distinctes : l'une, siégeant dans le nerf optique même et sous l'influence directe d'une intoxication gly-
cosurique- l'autre, sous la dépendance de lésions centrales qui, elles, ont pu môme engendrer le diabète, comme cela s'observe à la suite de blessures du crâne (Moutard Martin).
En parcourant l intéressant article de notre collaborateur M. iNuel (t. lli, p 074-677), on voit aussi que ces neurites diabétiques, sans signes ophtlialmoscopiques ou avec très faible atrophie partielle du nerf, donnent un pronostic favorable qui <( s'assombrit » lorsqu'une fois il y a des symptômes d'atrophie bien manifestes. La raison est bien simple, il s'agit ici de deux affections absolument distinctes, d'une neurile périphérique et d'une atrophie de cause centrale : l'une ne conduisant, même dans les cas les plus invétérés et les moins accessibles au traitement, pas à une cécité et telle que l'on peut compter au moins « sur la conservation de la vision qui existe encore » (Leber) ; Vautre, menaçant, non seulement la vision, mais directement la vie, en dénotant que les centres nerveux sont le siège de lésions graves, portant surtout sur les vaisseaux et entraînant des hemorrhagies interstitielles, si fréquentes chez les diabétiques.