‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 73 sur 135 · INFLAMMATION DE LA TUNIQUE VAGINALE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DE LA TUNIQUE VAGINALE

arrive au bout de six à huit semaines; et avec elles se dissipent la vision double et l'injection périkératique.

Celte affection si rare reconnaît principalement pour canses étiologiqnes les blessures qui ont intéressé la capsule de Tenon. A ce sujet, nous devons signaler la strabotomie, après laquelle une capsulile de ce genre peut éclater, dans quelques cas rares, lorsque l'opérateur n'a pas suffisamment ménagé les rapports de la capsule avec la sclérotique et qu'il s'est servi d'instruments d'une propreté discutable (1).

L'inflammation de la capsule de Tenon suit parfois, mais moins directement, l'opération de la cataracte; alors elle résulte généralement de Tiridochoroïdite purulente qui survient après cette opération. L'exophllialmie légère qui se produit provient, sans nul doute, d'une inflammation de la capsule de Tenon, et ce fait ne laisse pas que d'avoir une certaine im[)()itance pratique; car l'énucléation des yeux atteints d'irido-choroidile purulente n'a pas toujours été, en n'observant pas une antisepsie des ])his scrupuleuses, sans de grands dangers, lorsqu'on y a eu recours dans h; seul but de débarrasser le malade d'un organe, voué à la destruction, ol dont la présence lui causait des souffrances intolérables. Dans ces circonstances fâcheuses, on a vu la capsule, brusquement mise k nu après l'énucléation, ou qu'on infectait en y déversant en partie le pus que contenait l'œil énuclée, continuer à fournir des produits inflammatoires, et laphlegmasie se propager le long des enveloppes du nerf optique, de manière à causer une méningite mortelle.

La capsulite s'observe encore, mais très rarement, après des érysipèles de la face, ou spontanément chez des malades qui se sont exposés à des changements brusques de température ou chez lesquels se sont rencontrés les traits de la diathèse rhumatismale et de l'infection spécifique (capsulite gommeuse) (2).

Le pronostic de la capsulile idiopathique est en général favorable, mais la durée de cette maladie est longue, quel que soit d'ailleurs le traitement

(1) Cet accident ne nous est arrivé qu'une seule fois sur cinq mille opérations de strabisme. Il s'agissait d'une jeune fille qui, vingt-quatre heures après l'opération, fut prise d'une exophthalmie analogue, pour le degré, à celle que nous avons signalée plus liant et s'accompagna d'une injection périkératique assez intense, bientôt dissimulée par un léger cliémosis. Contrairement à ce qui arrive pour la capsulite idiopathique, celte inflammation, très peu douloureuse, céda, au bout de quelques jours, à l'emploi de réfrigtirants et de quelques doses de calomel, sans avoir eu, pour la jeune malade, aucune suite fâcheuse. M. Mooren [Oplitli. HJitlieil.), sur 3705 opérations de strabisme, l'a rencontrée cinq fois. Bull (Med. Record, 1873), mentionne trois capsulites consécutives à des ténotomies du droit interne ; la proportion des cas n'est pas indiquée.

(2) Voici comment j'ai rapporté (Thérapeutique oculaire, p. 724) un cas de cette affection : (y Dans le courant de ces leçons, je vous ai montré un cas absolument insolite de capsulite gommeuse. Il s'agissait d'une dame de cinquante-six ans, chez laquelle deux incisions pratiquées à la périphérie du globe oculaire mirent à nu un tissu gommeux parfaitement caractéristique. Grâce à un traitement mercuriel énergique cette malade guérit, et il persiste sur son œil jouissant d'une bonne vision, une teinte gris ardoisé de la sclérotique s'étendant jusqu'à un demi-cenliniètre delà cornée. Ceite malade avait présenté les symptômes ordinaires d'une capsulite, mais à. allures chroniques. »

qu'on dirige contre elle. Le pronostic de la capsulite est moins favorable quand cette inflammation succède à un érysipèle facial, à une lésion Irauraatique où elle se complique presque constamment avec un degré plus ou moins accusé de cellulite orbitaire. Il semble qu*alors le tissu cellulaire, qui tapisse la capsule, devienne le siège d'une hypergenèse bien plus active que dans les cas de capsulite idiopathique, et que le tissu nouvellement formé, subissant une rétraction en quelque sorte cicatricielle, puisse exercer une influence funeste sur le point d'émergence du nerf optique et amener une cécité complète. Il s'est même produit des faits de ce genre dans des cas où l'exophtlialmie avait été très peu prononcée.

La capsulite qui accompagne les inflammations phlegmoneuses de l'œil est naturellement peu digne d'intérêt, à côté de l'aff'ection primitive, si grave par elle-même. Néanmoins il ne faut pas perdre cette complication de vue ; car c'est à elle qu'on doit très probablement rapporter les troubles généraux sérieux, qui surviennent parfois avec la panophthalmie (voy. la discussion du Congrès de Paris de 1888). La possibilité d'une infection de l'organisme par un œil atteint de panopbthalmie suite d'opération de cataracte, qu'on n'a pas enlevé ou qu'on enlève trop tard, ne saurait aussi s'expliquer que par une capsulite suppurative.

Le traitement de la capsulite idiopathique sera complètement expectatif. Divers moyens, consistant dans l'emploi de frictions belladonées sur le front, de compresses chaudes et d'un bandeau compressif modérément serré, peuvent être mis en usage pour tenter d'abréger la durée du mal. Si des antécédents rhumatismaux, un refroidissement brusque, sont signalés comme causes originaires du mal, alors on pourra avoir recours à une série d'injections de pilocarpine, ainsi qu'à l'emploi du salicylate de soude, ou mieux encore du salicylate de lithine, à la dose de 2 à 3 grammes par jour. La méthode antiphlogistique et, en particulier, Tapplication d'une vessie remplie de glace pilée sur l'œil recouvert d'une compresse, ne sont, pour ainsi dire, indiqués que dans les cas de capsulite traumatique. Lorsque la capsulite est consécutive à la suppuration du globe oculaire, les moyens antiphlogistiques ne peuvent avoir pour résultat que de diminuer les forces du malade, sans atténuer ses souff'rances. En pareil cas, les antiseptiques, un débridement hardi et l'emploi de compresses imbibées d'une solution de sublimé chaude (1 pour 5000), ou l'usage des cataplasmes bien désinfectés, joints à des injections sous-cutanées de morphine, sont seuls capable d'accélérer le cours de la maladie, de soulager le malade et d'écarter les dangers d'une phlébite avec thrombose consécutive.

Appendice. — A la suite de la capsulite chronique peut-il se développer une hydropisie de la capsule de Tenon? Berlin (loc. cit,, p. 537) arrive, après avoir cité les observations uniques rapportées par Carron du Villards, à émettre l'avis que sa plume lui paraissait non seulement comme nous l'avons pensé «quelque peu poétique » (not. deuxième édition, p. 784), mais que vu les

HÉMORRHAGIES DE L'ORBITE. - HÉMATOME, licences anatomo-physiologiques que se permettait cette pluiiio on devaii lui refuser (( toute valeur dune observation sérieuse ». D'après Berlin ITivdropisie de la capsule de Tenon manquerait de toute base anatomique! ^

Il s'agissait, d'après Carron du Villards (Ann. d'OcuL, XL, p. UO) d'.n, i.Mu.o fille de dix-sept ans q,n portait une exophthalmie assez volu.nineus , accumpa-M.écd lu u extrêmement vives, survenant dès que la malade baissait la te:o. L'œ.l en n.n nc^ sain, était complètement amaurotiquc. L'extirpation on fut nrain ée n'. qu'il s'agissa^ d'une tumeur fibreuse. Quand o,! donna dli;:" d^ i^ ,u ''Ii:^ le but de sectionner le nerf optique, il s'écoula une grande quantité d'un liqnid ci rT • lœa s'affaissa et la tumeur disparut. L'examen presque immédiat de cet or'' e do m i les résultats suivants : c. Son séjour dans l'eau lui avait rendu la forme qu'i a t son ab a mn c est-à-dire qu'une tumeur uniforme Tenveloppait de tout s a t En l sortant le liquide s'échappa par une ouverture située à la partie infé ieu -e ' o ^snon dant al anneau fibreux d'où naît la bourse de Tenon. Je le replongeai de no^^u le liquide, et il se remplit derechef: j'avais donc alTaire à une cavité que e u , p posai d examiner avec le plus grand soin. Sortant l'œil de nouveau, ma en s ^ Hiverse de la première fois, c'est-à-dire en le saisissant par le point d'où 1 eau s'L, • pait,en eriaut la cornée en bas, il ne s'écoula aucun liquide et la tumeur con^e a . forme. Il s agissait donc d'une poche environnant l'œil de toutes parts et à anuci e J avais, dans le dernier temps de l'opération, pratiqué une ouvei-tui; Icid nT 1 ' L exan^en anatom.que de la pièce justifia complètement mon opinion. Avant iiU 1" t p

ouverture acciden telle un stylet mousse, je pus le promener dans toute la cir onférencê du globe. Le décollement de la bourse fibreuse de Tenon éiait complet jusqu'à ^ 0'^^^^^^ Ayant introduit une sonde courbée pour dilater un peu l'ouvenure accd t le et près avoir dégage le nerf optique de ses adhérences avec l'anneau fibro-ap n r t que qui entourait, je pus retourner la poche de telle sorte que l'œil était libre de toule enveloppe et que la face interne de la poche aponévrotique était devenue externe etc 1 être rn^nnrlé! P/^J^nd que l'exophthalmie des moutons atteints de la claveléedoit

être i apportée a une hydropisie de la capsule de Tenon.

ARTICLE YII

HÉMORRHAGIES DE L'oRBITE, HÉMATOME (kYSTE SAXGULXOLEM)

DE l'orbite

Les épanchements sanguins, spontanés ou traumatiques, peuvent se faire entre le périoste et l'os, dans le tissu cellulo-graisseux de l'orbite enfin entre le globe de l'œil et la capsule de Tenon. Il est, on le pense bien, tré. difficile de deferminer le siège exact de l'épanchement ; néanmoins on peul' jusqua un certain point, former un diagnostic précis, en se servant des signes différentiels exposés dans les premiers chapitres, et surtout en s'appayant sur la nature des causes qui ont déterminé la maladie Les én-i,, chements sanguins de Torbite sont anatomiquement si mal connus parce que, même dans les cas rares où, après un traumatisme, le sujet succombe on porte bien plutôt son attention sur les lésions qui ont entraîné h |morl que sur le chemin qu'a choisi le sang en se répandant dans le lis.u ori3itaire (Berlin). Pourtant, pour nous ophthalmologistes, l'importance de ces épanchements réside surtout dans le fait déjà signalé par Mevr (Beîtrcwe zur Augeuheilkunde, Wien, 1850), qu'ils peuvent être juxtaposés à la

^'^ WECKER ET LAXDOLr.

Page 1