BLESSURES DE L'ORBITE. — ANATOMIE. 7G
bords se recourbent si peu, que l'ouverture paraît presque complùlemeiU ronde.
c( En palpant le rebord orbilaire, on rencontre plusieurs points qui méritent une mention. Tout d'abord c'est Vincisura supraorbilalis, (\u\m peut sentir à travers la peau. Du côté latéral elle tranche le plus souvent netlemcnt avec le rebord orbitaire, tandis que du côté médial elle s'y confond insensiblement (fig. 200). En moyenne elle est placée à 25 millimètres de la ligne médiane. En sens médian de Vincisura supraorbitali.s, on n'obsei-ve pas rarement une seconde (enie, Vincisura frontalis, (jui est irénéralemenl plus superficielle que la première et par suite moins aisément palpable. D(î Vincisura supraorbitalis de côté jusqu'à l'extrémité de l'os frontal, la moitié latérale du rebord orbitaire est particulièrement puissante, saillante et résistante. Mais aussi le tranchant de ce rebord osseu.K est la cause que lors d'un choc, par une chute sur un sol dur et lisse, comme de la i^^lace, par exemple, les parties molles peuvent être coupées de dedans en dehors. Si l'on promène le doigt le long de ce bord, le doigt rencontre la sutura zygomatico-frontalis nettement perceptible, au-dessus de laquelle on doit chercher la glande lacrymale.
(( Le bord latéral est lisse et sans présenter de particularités, il en est de même de la pan'tie latérale du bord inférieur. Au-dessus du foramen infraorbitalis on sent souvent une sorte de voussure de l'os qui peut se produire de différentes manières. En premier lieu elle peut correspondre à la sutura infraorbitalis qui, en remontant, dépasse le rebord orbitaire, pour se diriger vers lesulcus infraorbitalis (Cv^. 200). Dans d'autres cas, c'est la suture entre l'os maxillaire et l'os malaire qu'on sent par le toucher, et encore dans une autre série de cas toute la surface osseuse se trouve épaissie entre les deux sutures, ou, là où les sutures se réunissent et dépassent en voussure le rebord orbitaire en se dirigeant en arrière. C'est cette partie décrite qui a été parfois prise par les explorateurs pour une fracture; pour le reste, le rebord orbitaire est d'une structure si caractéristique et si aisée à explorer au toucher que les différences de niveau qui se produisent ordinairement à l'occasion de fractures peuvent être constatées avec une entière précision.
« Les ouvertures de l'orbite, qui n'ont été que brièvement mentionnées plus haut, le canalis opticus et les deux fissures nécessitent encore une description plus détaillée. Le premier n'appartient, en quebjue sorte, à aucune des quatre parois de l'orbite mais aide à former la pointe du cône. 11 représente un tuyau s'élargissant en entonnoir en avant, d'une longueur de 8 à 9 millimètres et d'un diamètre moyen de G millimètres. Le canal aboutit en arrière à la cavité cérébrale moyenne et se dirige de l'orbite en remontant obliquement et en sens médian pour converger avec celui de l'autre côté.
« Les deux fissures se tiennent, ainsi que cela a été dit, des deux côtés de la paroi latérale de l'orbite. La supérieure, la plus courte, qui aboutit à la cavité cérébrale moyenne, a une forme en massue; son extrémité pointue se dirige en sens latéral, l'obtuse en sens médian; cette dernière n'est séparée
DE WECKEU ET LANDOLT. JV. — 49
du canalis opticus que par un mince feuillet osseux. Le rapetissement dans la partie latérale de la fissure s'effectue ordinairement d'une manière brusque par la saillie de la spina m. rect. lat. La largeur de la fissure est sujette à bien des variations individuelles et se présente même différente des deux côtés d un même crâne. Sa longueur est assez constante et mesure à droite
ÏIL
FiG. 201.
Construction linéaire de l'orbite. La ligne médiane (rn) est indiquée par une ligne pointillée ; le cône proprement dit de l'orbite, par des traits plus accentués que la parUe comque qui s'y trouve juxtaposée en avant. — a, axe de l'orbite.
presque constamment 22 millimètres, à gauche de 1 à 2 millimètres de moins (fig. 200). La fissura orbitalis inferior aboutit en arrière dans la fissura pterygo-palatina et en avant dans la fossa infratemporalis. En arrière elle converge avec la fissur. sup., et se confond finalement avec elle. Sa forme est rarement celle d'une simple fente arrondie en avant, plus souvent elle est à l'inverse de la fissure supérieure élargie en massue à son extrémité périphérique. Cet élargissement peut atteindre en diamètre
BLESSURES DE L'ORBITE. - ANATOMIE. 765 jusqu'à 1 centimètre (Tillaux), ce qui présente alors un avantage pour i'op.'ration de la résection du maxillaire supérieur. L'extrémité antérieure de la fissure se trouve de 10 à 18 millimètres du rebord orbitaire et on la rencontre à quelques millimètres en sens médian d'une lii,Mie verticale partant de la tubérosité malaire.
« Pour ce qui concerne en outre Vorbite prise dans sa totalité, on fera mieux, comme cela a déjà été mentionné plus baut, de partir de l'idée que sa forme serait celle d'une cône absolument régulier. Celui-ci est par sa paroi latérale si intimement réuni au nez, que son plan adjacent s'y confond (fig.201). En outre ce cône n'est pas placé horizontalement, mais s'élève par sa pointe, située en arrière, à peu près de 15 à 20 degrés au-dessus de l'Iiorizon (fig. 202, h. h.). La position du cône fait alors que son axe doit se diriger en haut et en sens médian. Il se croise enfni avec celui de l'autre côté et cela dans la région de la selle turcique (fig. 201, a. a.). Pour ce qui
Construction linéaire d'une coupe sagittale de l'orbite. — h. h. Ligne horizontale, a. a. Axo do l'orbite
concerne les parois de l'orbite, ce sont surtout la latérale et l'inférieure qui paraissent occuper un emplacement oblique, ce qui doit exclusivement être rapporté à l'emplacement décrit de l'orbite dans son ensemble. Le plancher de l'orbite se trouvera dévié de sa position frontale de telle façon qu'il regarde latéralement et en bas.
« L'orbite présente des modifications multiples de la figure mathématique du cône, dont il faut surtout faire ressortir une, c'est que son bord latéral est plus en saillie que la construction devrait, en quelque sorte, le permettre. On est donc forcé, si l'on veut en avoir une image aussi fidèle que possible, d'ajouter à la base du cône encore un morceau en coin, comme l'indique la figure 201. Par cela l'angle, que les deux ouvertures orbitaires comprennent ensemble, est un peu plus obtus, que cela serait autrement.
« Des dimensions de l'orbite on trouve un très grand nombre d'explorateurs ; pourtant on n'a jusqu'à présent pas encore réussi à arriver à une entente. Pas un seul n'a mesuré un nombre assez considérable de crânes pour se mettre à même d'égaliser les erreurs que produisent les fluctuations indi-
Fig. 202.
Yiduelles et pour arriver aussi à des dimensions moyennes définitives; en outre les diverses mensurations ont été entreprises à un point de vue si peu uniforme, qu'elles ne permettent même pas la comparaison entre elles. C'est pour cette raison que je suis forcé de prendre pour base mes propres mensurations (Graefe-Saemisch, I, p. 11) quoique aussi celles-ci ne comprennent pas un matériel très vaste. La profondeur de l'orbite je la trouve sur des crânes d'homme de 430 millimètres , sur ceux des femmes de 405"™; mais cette profondeur varie extraordinairement, comme l'évolution en profondeur de toute la face, aussi bien au point de vue individuel, que national. Dans les notations de la littérature, les chiffres flottent entre 39,0 (Emmert) et SOjO™"' (Richet, Tillaux), ce sont là des différences énormes (1). Comme dans ces derniers temps la considération de la profondeur de l'orbite a gagné en importance, il ne paraît pas sans intérêt de donner aussi sur le vivant quelques points de repère qui permettent une appréciation approximative. Si l'on tient compte de la construction anatomique de la face, il est clair que le développement de la cavité orbitaire, ainsi que celui du maxillaii'6 supérieur se trouvent dans le rapport le plus rapproché. Le maxillaire va aussi loin en arrière que la fissura orbit. infer., dont l'extrémité se trouve assez sensiblement dans une même ligne avec l'ouverture du canalis opticus. Laisse-t-on tomber une verticale du canal optique, elle traversera la fissura pterygopalatina et apparaîtra dans le plan où le maxillaire supérieur se réunit au processus pterygoideus, attendu que l'extrémité inférieure du maxillaire supérieur recule un peu plus que l'extrémité supérieure. Pour ce qui concerne l'extrémité antérieure de l'orbite, elle montre qu'elle peut être mise en corrélation avec la circonférence inférieure du maxillaire supérieur. On trouve que la première molaire est le plus souvent exactement placée dans le plan frontal du milieu de la fosse lacrymale.
(l) J'ai pour une précédente édition de cet ouvrage fait à Clamart de nombreuses mensurations orbitaires, qui n'ont pas été connues du professeur Merkel, mais qui concordent avec les mesures qu'il a fournies, et flottent entre les chiffres extrêmes donnés par Emmart, d'une part, et ceux de Richet et Tillaux, de l'autre. Parmi ces longueurs, celles qui mesurent l'espace compris entre le bord orbitaire antérieur, d'une part, le trou optique et l'extrémité anléro-supérieure de la fente sphénoïdale, d'autre part, nous semblent les plus importantes.
Distance du trou optique.
Mesurée de l'angle interne (insertion du ligament palpébral inlcrno)
de l'angle externe (milieu du bord orbitaire externp)
— du milieu du bord supérieur
— du milieu du bord inférieur •••
Dislance de l'extrémité supérieure de la fente fiphénoïdale.
Millim.
Mesurée de l'angle interne
— de l'angle externe
— du milieu du bord supérieur
— du milieu du bord inférieur.
Millim.
(De W )