‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 88 sur 135 · BLESSURES DES PAROIS ORBITAIHES · texte numérisé non relu

BLESSURES DES PAROIS ORBITAIHES

propageant son action, nne portion de l'os mal disposée par sa configuration pour pareil amortissement, et qui se fracture alors par contre-coup.

1° Ce sont les fractures directes qui se présentent comme simples fissures ou fractures avec dislocation des bords, qu'on peut encore le mieux diagnostiquer par une exploration de l'orbite même, quoique les lésions concomitantes soient, en général, si étendues que la conslalalion d'une lésion osseuse des parois orbitaires importe, vu la gravité de la blessure, généralement fort peu. Cette constatation directe est ordinairement rendue impossible, quelque temps écoulé depuis la blessure, par Vliénioplithalmos, Ix projection de Vœil et sa véritable dislocation^ si des fragments osseux ont réduit, eu s'incurvant, la capacité orbitaire.

Un écart sensible des parties fracturées, ainsi que la pénétration d'esquilles dans l'orbite, donnera, le plus souvent, lieu à de très abondants épanchements de sang. Le diagnostic peut alors devenir très difficile, car l'impossibilité absolue de refouler quelque peu le globe oculaire, peut aussi revenir à un simple hémophtbalmos, ce qui n'implique pas un envahissement de la cavité orbitaire par des parties osseuses fracturées. M. Berlin pense que nous pouvons dire avec certitude que dans les degrés les plus prononcés d'exophthalmos où le globe oculaire a été complètement expulsé de sa cavité, ce déplacement doit s'expliquer principalement par la dislocation des parois osseuses, quoique celle-ci n'a pas besoin d'être persistante dans la même forme et le même degré, qui a nécessité l'expulsion de l'œil. Nous diagnostiquerons la dislocation par envahissement des os, juste par l'impossibilité du retour de Toeil à son ancienne place, une fois Thémophthalmos disparu et en général l'exophthalmos ne conserve pourtant pas son degré primitif. Il doit être cité ici, pour justifier jusqu'cà quel point la dislocation peut être poussée, l'observation que Hoffmann (Monatschrift f. Gebstiirtsk.y IV, 6) a relatée, et que nous donnons d'après le résumé de Berlin.

En décembre 1850, H... fut appelé poiii' donner ses soins à un garçon nouveau-né cliez lequel le globe oculaire pendait sur la joue, retenu encore par le muscle droit inférieur et un peu de tissu connectif lâche. Les paupières étaient fortement gonflées et on vit dans l'orbite une masse charnue. On coupa le globe et la guérison eut lieu rapidement. L'accouchement s'était effectué très lentement, mais sans intervenlion de l'art. En avril 1852, la femme accoucha de nouveau. Comme la tôle tarda à passer, les contractions utérines faisant défaut, on la dégage avec le forceps. En traversant l'ouverlurc des parties génitales, un globe oculaire tomba dans la main de l'accoucheur. L'enfant paraissait mort, mais fut rappelé à la vie. L'œil tombé était le droit, l'orbite se trouva rempli de sang coagulé. L'œil gauche proéminait aussi un peu. Au-dessus du tuber frontalis dexter se trouvait un enfoncement osseux notable. La mort survint rapidement après la naissance. L'autopsie montra un enfant bien nourri posant 8 livres; diamètre antéro-postérieur, 4",3/4 ; transversal, 4"l/2 ; oblique, 5. L'oibite droite remplie de sang, forte compression du crâne. Le cerveau recouvert de masses de sang, principalement en arrière; il y avait de même beaucoup de sang à la base du crâne. Les deux parties orbitales du frontal se trouvaient fracturées. Le frontal droit était incurvé de près de trois quarts de pouce. L'examen de la mère, immédiatement après la naissance, avait fait constater un promontoire très saillant et des os du coccyx proéminents d'une manière inusitée. La femme devenue de nouveau enceinte, en 1853. fut soumise par 11...

DE WEGKER. -t:MÂLADIES DE L'ORBITE.

afin de sauver l'enfant, à l'accouchement prématuré et succomba. L'examen anatomique révéla à H... uue et) nju gâta de 3", un diamètre transversal de 4"37-i et oblique de" 4"1/2. Promontoire un peu saillant. La réunion delà dernière vertèbre lombaire avec le coccyx n'était pas aussi arrondie que d'ordinaire, mais présentait un bord tranchant. ^

La fracture de la paroi externe ne présente pas, par la lésion des parties avoisinantes, des troubles fonctionnels qui lui soient propres. L'emplacement exposé de celte paroi, pour ce qui concerne son rebord, fait que les fractures directes sont encore assez fréquentes et parmi elles, celles où un projectile a directement atteint le rebord ou la paroi même. Bien plus rares sont les fractures de cette région produites par des armes, une contusion, comme l'observation de Berlin (loc. cit,^ p. 589). Le projectile peut fracturer la paroi en ne frappant que le rebord; lorsqu'il atteint directement la paroi, il a ordinairement détruit le globe oculaire pendant son passage. Les blessures qui atteignent la partie supérieure de la paroi externe peuvent mettre à nu le cerveau. De même, lorsque, surtout par la pénétration de projectiles, la partie de la paroi externe avoisinante du trou optique a été fracturée, la fracture se complique non seulement de déchirures de la choroïde, mais même du nerf optique, sans que le globe oculaire ait eu besoin d'avoir été directement atteint. La description de pareilles blessures variant suivant le lieu de pénétration, la position du malade au, moment où il a été blessé et la nature du projectile surtout, n'offre aucun intérêt pratique.

Les fractures de la paroi orbitaire interne , directes ou indirectes, peuvent compliquer les fractures d'autres parois, mais aussi, surtout, lorsqu'il s'agit d'une lésion directe, n'intéresser de préférence que l'os planum del'ethmoïde,, si facilement perforable par des coups d'armes, de parapluie, de fleuret, de clef, etc. A cette fracture de la lame papyracée participe ordinairement celle de l'osunguis, et il surgit alors tout de suite deux symptômes particuliers qui sont V écoulement du sang par le nez et la production d'un emphysème orbitaire. Il est vrai que l'emphysème peut aussi survenir à la suite des fractures des parois supérieure et inférieure de l'orbite qui mettent le tissu orbitaire lâche en communication avec l'air que renferment les sinus frontaux et 1 antrum Highmori, ainsi que nous le verrons encore tout à l'heure ; mais ici l'emphysème ne se produit tout d'abord pas avec cette instantanéité, comme à la suite d'une communication établie avec les fosses nasales, et en outre l'air n'est pas chassé aussi brusquement dans l'orbite à chaque tentative que fait le blessé pour se moucher. Le signe serait donc absolument pathognomonique, ainsi que l'écoulement abondant de sang par le nez, si la déchirure du sac lacrymal ne parvenait pas à elle seule se compliquer d'emphysème orbitaire (voy. Maladies des voies lacrymales).

Les fractures de la paroi inférieure de l'orbite ne s'observent comme lésion directe qu'à la suite d'une pénétration d'un projectile ou d'un instrument pointu ; comme fractures indirectes et directes, elles font partie des fractures directes et indirectes du maxillaire supérieur, principalement de l'os de la pommette. Ni le déplacement, ni renfoncement des os ne contribue

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