‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 105 sur 327 · PARTIE CLINIQUE (TRAIEMENT DE L'HYPERMÉTROPIE · texte numérisé non relu

PARTIE CLINIQUE (TRAIEMENT DE L'HYPERMÉTROPIE

procurer au malade, pour un travail soutenu, doit représenter une quote, c'est-à-dire une quantité d'accommodation proportionnelle à l'amplitude de cette dernière; en d'autres termes encore, une fraction de cette amplitude, et non un nombre absolu de dioptries.

Quelle est cette quote d'accommodation qui doit rester disponible? La pratique nous a appris qu'elle est à peu près égale à un quart ou un tiers. En d'autres termes, nous avons constaté que des yeux bien portants peuvent travailler aisément, en employant les 3/4 ou les 2/3 de leur amplitude d'accommodation.

Prenons quelques exemples :

Quel verre convient à un emmétrope doué de 2 D d'amplitude d'accommodation, pour voir à 28 centimètres (3,5 D)? Le quart de son amplitude est 0,5 D. Si nous désirons le lui conserver, il faut donc considérer notre emmétrope comme ne disposant que de 2 — 0,5 — 1,5 D d'accommodation. Puisqu'il lui faut +3,5D pour voir à 28 centimètres, nous lui donnerons donc le verre convexe 3,5 — 1,5 = 2 D.

Et si cette même personne est hypermétrope de 1 dioptrie? Il lui faudra évidemment une dioptrie de plus, et le résultat sera le même.

La quote d'un quart paraît être, en effet, suffisante chez la grande majorité des emmétropes et des hypermétropes faibles. Mais l'observation journalière nous montre que, pour les hypermétropes for! s, oliligés de prélever sur leur accommodation, déjà pour voir au loin, un tribut permanent assez considérable, la quote accommodative en réserve pour le travail rapproché doit être augmentée et portée àl/3. Ainsi, prenons un hypermétrope de 7 dioptries, avec une amplitude d'accommodation de9D ; quel verre lui convient pour travailler à 33 centimètres (3 D) ? — La quote d'accommodation est représentée, pour

lui, par^ =3D. En les ajoutant aux 3 D de réfraction positive nécessaires

pour voir à 33 centimètres, on obtient 6 D. Outre ces 6 D, il lui enfant encore 7 pour corriger son hypermétropie, ce qui fait 13. Sur ces 13, son accommodation en fournira 9; il en restera donc 4 pour le compte du verre de lunettes.

On peut calculer le même exemple d'une autre façon encore : Pour voir à i/3 de mètre, un hypermétrope de 7 D réclame S -\- 1 — iOB. Le nôtre a 9D d'amplitude d'accommodation. 11 lui faut donc 10 — 9 = 1D pour s'adapter à la distance voulue. Mais, pour qu'il puisse y travailler d'une façon continue, il lui faut une quote d'accommodation en réserve ; celle-ci étant le tiers de ses 9 D, c'est-à-dire 3 P, nous les ajouterons au numéro ci-dessus, ce qui donnera 3 -|- 1 = 4 D.

Si le même hypermétrope n'a plus que 3D d'amplitude d'accommodation, il ne faudra que 1 D au delà de ce que son accommodation peut fournir pour la même distance; mais des 10 D réclamées, il n'en corrigera que 2 de son propre chef. Les 10 — 2 = 8 0 devront lui être procurées artificiellement

par la lentille convexe. C'est ainsi qu'il travaillera avec les 2/3 de son accommodation (2 D sur 3), de même que le précédent (6 sur 9 D).

On voit que de cette façon le numéro du verre additionnel nécessaire diminue, et cela d'une façon proportionnelle à l'amplitude d'accommodation, pour devenir nul, quand celle-ci a cessé d'exister. C'est la conclusion à laquelle la simple réflexion nous a conduit, lorsque nous avons dit que là où il n'y a plus d'accommodation, le verre correcteur, pour une dislance voulue, doit représenter la totalité de la réfraction exigée par cette distance, et pas davantage.

D'autre part, on remarque que le nombre absolu de dioptries représenté par la quote accommodative en réserve est plus fort, lorsque l'amplitude d'accommodation est plus grande. Ceci est tout à fait logique et se confirme tous les jours par la pratique. Un emmétrope de quarante ans, c'est-à-dire disposant de 4,5 D d'accommodation, lira encore à 1/3 de mètre, parce qu'il n'emploie que 3D, c'est-à-dire les 2/3 de la force de son muscle ciliaire, et en conserve 1/3 (1,5 D) en réserve. Mais cette dioptrie et demie sera tout à fait insuffisante pour un enfant de quinze ans, hypermétrope de 7,5 D. L'amplitude d'accommodation de ce dernier est de 12 D. Après correction de son amétropie, il lui reste encore 12 — 7,5 =4,5 D, donc une dioptrie et demie de plus qu'il ne faut pour voir à 1/3'". Mais cette accommodation en réserve est insuffisante pour un travail continu, attendu qu'elle représente

seulement de la force du muscle ciliaire; en d'autres termes, parce que

l'individu en question serait ainsi astreint à travailler avec les -~ de son accommodation. Pour le placer dans les mêmes conditions que l'emmétrope

de tout à l'heure, il lui faut -3- = 4D en réserve. Nous les lui procurerons à

l'aide du convexe 4. Le travail musculaire fourni par les deux personnes sera ainsi le même, et la pratique nous enseigne que le verre de 4 D de notre jeune hypermétrope ne sera pas une correction exagérée.

Je me hâte de dire ou de répéter que la quote d'accommodation qui nous occupe n'a pas encore été fixée d'une façon absolue. Je ne veux donc pas imposer ces fractions d'un tiers ou un quart comme étant immuables. De plus, pour des amplitudes d'accommodation faibles, à partir de 3 D (âge de quarante-sept ans environ), la valeur représentée par les oscillations possibles de la quote ne dépasse pas un quart de dioptrie, car certainement cette quote ne peut varier qu'entre 1/4 ou 1/3, et ne va pas jusqu'à 1/2. Un quart de dioptrie est presque toujours négligeable en pratique ; on n'a donc pas besoin de faire toujours ce calcul pour prescrire des verres de lunettes à un presbyte, par exemple. On lui donnera une demidioptrie de plus qu'il ne lui faut pour amener le punctum proximum à la distance voulue. Cette demi-dioptrie suffira en général pour son travail ; sinon, il y remédiera en éloignant un peu le livre (de 33 à 40 centimètres il y a déjà une nouvelle demi-dioptrie). Il le rapprochera, au contraire, s'il

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