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PARTIE CLINIQUE (CAUSES DÉTERMINANTES DE LA MYOPIE). Ml

M. Seggel (1), en examinant 1600 soldats, a trouvé :

Parmi les paysans 2 p. 100 de myopes.

— journaliers 4 — —

— artisans 9 — —

— négociants, imprimeurs, etc. 44 — —

— volontaires d'un an 58 — —

Ces derniers se recrutent, comme on sait, parmi les jeunes gens qui ont fréquenté des écoles supérieures, ou ont fait au moins des études plus longues que les autres.

M. Tscherning (2j trouve la myopie, parmi la population mâle du même âge, distribuée comme suit :

Journaliers, paysans, marins.

Artisans divers

Artisans à travail rapproché. . .

Artistes, ingénieurs, architect.

Négociants

Professions libérales

Nombre total.

Myopes.

Pour 100.

M. Buschbeck (3) a étudié l'action du travail visuel à courte distance chez des enfants occupés à enfiler des aiguilles dans les ateliers de tricotage mécanique. Ces enfants, qui en même temps fréquentaient l'école, ont fourni un contingent de myopes supérieur de 5,4 pour 100 (garçons et filles) à celui de leurs condisciples étrangers à cette occupation. Le nombre des myopes augmente chez eux avec leur ancienneté dans le métier. L'auteur a ' soin de faire remarquer que ce dernier n'est cependant contraire à l'hygiène sous aucun autre rapport.

On pourrait peut-être également citer à l'appui de cette hypothèse le fait constaté par tous les observateurs, que la myopie est plus fréquente dans les lycées que dans les écoles industrielles, les premiers exigeant généralement un travail plus prolongé que les dernières. M. Cohn cQ^mpte 30 à 55 pour 100 de myopes au lycée (Gymnasium), 20 à 40 pour 100 à l'école industrielle (Realschule).

La vision à courte distance peut provoquer i'éclosjon de la myopie et favoriser sa progression, dans les yeux prédisposés, de diverses façons : d'abord parla convergence qu'elle nécessite et la compression musculaire que celle-ci produit. Ce point n'est pas douteux, car, dans l'état de repos absolu, sous l'influence d'un anesthésique, d'une syncope, de la mort, les yeux se mettent en divergence. Ce ne sont pas seulement les droits internes qui se contractent et pressent sur l'œil lors de la rotation des yeux en dedans ; nous avons vu que les droits externes, tendus en même temps, le compriment également. Au surplus, il ne saurait y avoir de doute que les muscles de l'œil n'agissent peut-être jamais isolément. Tous se tendent certainement plus ou moins, quand bien même la résultante de leur action commune serait contraire au sens de leur action isolée. Cette contraction simultanée est d'ailleurs nécessaire pour que l'œil, maintenu dans sa position uniquement par les muscles et la capsule de Ténon avec ses attaches, tourne,, comme cela est démontré, autour d'un centre immobile. Une autre preuve s'en trouve dans

(1) Seggel, Bair. àrztl. InteUigen&blatt, p. 33, 1878.

(2) Tscherning, Arcli. f. Oplitli., XXIX, 1, p. 201, 1883,

(3) Buschbeck, Vierteljalirschr. f. gerichtl. Medicin, etc. janvier 1881.

la dépression qu'on constate sur des globes fortement myopes au niveau des droits supérieur et inférieur, et dans la petitesse relative du diamètre vertical de l'œil, constatée par Donders. Nous avons expliqué plus haut comment la compression du globe peut amener le slaphylôme postérieur et les altérations du fond de l'œil qui l'accompagnent.

Un autre facteur important à considérer dans le travail à courte distance est l'accommodation. Son rôle dans la production de la myopie a été exagéré par les uns, trop peu apprécié par les autres. Après avoir constaté que la plupart des jeunes myopes étaient atteints d'un spasme d'accommodation, dans ce sens que leur réfraction déterminée subjectivement se montrait sensiblement plus élevée qu'elle ne l'était en réalité, on a voulu voir dans l'accommodation le principal agent producteur de la myopie. On a eu tort certainement, et la preuve à l'appui qu'on a tirée de la statistique n'était surtout pas soutenable. Car tous les yeux, et non pas seulement les myopes, ou ceux qui le deviendront plus tard, ont dans leur jeune âge une tendance à exagérer leur réfraction par une contraction spasmodique du muscle ciliaire. Ce spasme n'est d'ailleurs pas plus intense chez les myopes que chez d'autres personnes. Il diminue et disparaît avec l'âge, et peut exister pendant des années, sans amener la moindre trace de myopie.

Mais, si ce spasme presque physiologique est bien supporté par des yeux normalement constitués, il est permis d'admettre que, dans des yeux prédisposés, il puisse devenir une des causes déterminantes de la myopie (1).

Il est, en effet, incontestable, que l'effort d'accommodation devient très souvent à lui seul une cause de fatigue et d'asthénopie. Pourquoi ne pourrait-il pas entraîner des altérations capables de produire la myopie dans des yeux prédisposés, ou contribuer au moins à l'augmenter?

On a donc certainement eu tort de nier toute influence de l'accommodation sur la production de la myopie. Au surplus, le raisonnement par lequel on a cru avoir poussé cette hypothèse à l'absurde, porte absolument à faux. On a dit que, avant de faire augmenter la réfraction dans des yeux myopes, l'accommodation devrait rendre d'abord myopes les hypermétropes, qui la fatiguent bien plus que les gens à vue courte, ces derniers en ayant peu ou pas besoin.

D'abord, c'est une erreur profonde, à notre avis, de croire que tous les yeux s'adaptent ou cherchent à s'adapter toujours aux objets sur lesquels ils sont dirigés. Très souvent ils ne regardent pas, c'est-à-dire ne fixent pas attentivement, en un mot, ne cherchent pas à obtenir des images rétiniennes nettes. C'est ce qui arrive surtout dans le regard vague. Mais beaucoup d'occupations, bien qu'elles ne puissent se passer de l'intervention de l'organe visuel, n'exigent cependant pas une vision absolument irréprochable, et s'exercent certainement souvent en dépit d'une adaptation imparfaite.. Tout hypermétrope ou emmétrope peut se surprendre à chaque instant

(1) Schiess, Hoscli, Chisolm et Mutres.

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