‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 138 sur 327 · PARTIE GLINIQUb] (CAUSES DÉTERMINANTES DE LA MYOPIE). m · texte numérisé non relu

PARTIE GLINIQUb] (CAUSES DÉTERMINANTES DE LA MYOPIE). m

Mais, si on limite l'intervenlion chirurgicale aux cas de véritable insuffisance, elle peut avoir cet heureux résultat. Celui-ci parle alors, de même que l'influence favorable d'autres moyens qui diminuent l'effort de convergence, en faveur de l'opinion qui attribue à cette fonction une certaine importance dans la production de la myopie.

Il est un fait qui peut être interprété comme une démonstration de l'influence exercée par la convergence, aussi bien que par l'accommodation, sur l'amétropie qui nous occupe : c'est le petit nombre de myopes que l'on rencontre parmi les horlogers et les bijoutiers (1). Les deux métiers s'exercent cependant à très courte distance. Mais, ce qui dislingue ces industriels d'autres artisans qui travaillent de près, c'est qu'ils fixent avec un seul œil et à la loupe. La distance à laquelle ils travaillent est si courte, que la convergence serait impossible au moins pour une longue durée. De plus, la loupe les dispense de l'accommodation, de sorte que, de ce fait, il n'y a pas d'impulsion à la convergence.

La convergence et l'accommodation ne sont cependant pas les seules conditions dont il faille tenir compte parmi les facteurs qui pourraient favoriser la production de la myopie dans le travail à courte distance. 11 y a encore la position de la tête et du corps tout entier. Dans l'immense majorité des cas, le travail rapproché s'accomplit dans une position assise, le corps courbé en avant, la tête penchée sur l'objet fixé. Cette attitude, lorsqu'elle se prolonge pendant toute une journée, et se répète des années durant, doit entraver considérablement la circulation. Le développement des organes du thorax et de l'abdomen en souffre. La digestion se fait mal, la constipation est la règle, les extrémités sont froides. Tout cela contribue à congestionner la tête. Si cette hypérémie active et passive a des conséquences fâcheuses pour les constitutions les plus robustes, elle devient délétère pour des yeux disposés à la choroïdite et à l'ectasie du globe, à la myopie maligne.

Le travail de près peut manifester son influence de différentes façons. On remarquera même que les trois modes principaux que nous avons mentionnés sont si intimement liés entre eux, que l'un appelle nécessairement l'autre. L'exagération de la convergence amène celle de l'accommodation.

cataractes molles sur un enfant d'environ dix ans, il constata ensuite une hypermétropie de 5,57. (L'enfant avait donc été myope avant l'opération.)

L'hypermétropie diminua pendant dix ans, jusqu'à 4,5 sur un œil et 2,5 sur l'autre, ce qui équivaut à l'augmentation de la myopie qui aurait existé s'il n'y avait pas eu aphakie. En même temps, le malade accuse une forte asthénopie, avec diminution de l'acuité visuelle, hypérémie des nerfs optiques et insuffisance des droits internes.

Après la ténotomie de l'un des droits externes, l'asthénopie cesse, et l'hypermétropie ne diminue plus. L'auteur pense que ce serait là un exemple frappant pour prouver l'influence qu'exercent les difficultés de convergence sur le développement de la myopie (Schneller, Tagebl. cL Vers, deutscher Naturf. u. Aerzte ui Danùg, p. 250, 1881).

(1) M. Cohn {Centralbl. /. pract. Aiigenheilkunde, avril 1877j ne trouve que 12 pour 100 de myopes parmi les bijoutiers et horlogers, tandis qu'il en a compté 45 pour 100 parmi les lithographes. — M. Dor mentionne également la rareté des myopes parmi les horlogers.

m LANDOLT. — RÉFRACTION ET ACCOMMODATION.

Celle-ci, par elle-même déjà, puis par le trop grand rapprochement de l'objet qu'elle nécessite et la position qui donne lieu à l'hypérémie céphalique, favorise la production de la choroïdite. L'affection des membranes du fond de l'œil entraîne une diminution d'acuité visuelle qui, à son tour, rend obligatoire le rapprochement graduel de l'objet et l'exagération de la convergence.

Quelquefois ce cercle vicieux s'ouvrira, au contraire, par la diminution de l'acuité visuelle, d'autres fois, par le spasme d'accommodation. Mais, par quelque point que l'individu soit saisi dans cet engrenage, il le passera en entier, il parcourra inexorablement la série de ces influences fâcheuses, qui s'ajoutent l'une à l'autre pour aggraver le mal.

Quand on considère cet enchaînement de causes nuisibles, on ne s'étonne plus des progrès rapides et constants que fait la myopie sur un œil qu'elle a une fois attaqué, surtout lorsque ce dernier y est de naissance déjà disposé, ou qu'il est dépourvu de résistance.

Ce fait est rendu surtout évident par les statistiques, qui démontrent que, si la réfraction augmente en général pour tous les yeux, elle progresse d'une façon bien plus marquée chez les myopes. Aussi est-il plus que probable que, si l'on n'avait pas seulement compté le nombre des myopes qui ont progressé, mais si l'on avait prêté une attention particulière à leur constitution, on aurait trouvé que ce sont ceux qui montrent le type le plus accentué de la myopie pernicieuse dont la réfraction a subi la plus forte augmentation.

Or l'influence du travail de près sur la myopie étant incontestable, il va de soi que toutes les conditions qui tendent à raccourcir la distance de celui-ci peuvent devenir indirectement une cause de la myopie.

Ces conditions sont multiples.

Ce sont d'abord toutes celles qui entraînent une diminution de Vacuité visuelle. En approchant l'objet, l'œil cherche à suppléer par l'agrandissement au manque de netteté de l'image rétinienne. Les taies de la cornée, les défauts optiques et les affections du fond de l'œil de toute nature peuvent jouer ainsi un rôle accessoire, mais encore assez important dans l'histoire de la myopie.

Ce n'est qu'à ce titre, nous semble-t-il, que Vastigmatisme doit être considéré comme susceptible de produire la myopie. Certains auteurs très compétents voudraient lui attribuer un rôle plus direct, dont l'explication nous paraît encore sujette à caution (1).

(1; Quant à la fréquence de l'astigmatisme myopique, M. Green trouve 54 pour 100 d'astigmates parmi les myopes (examinés subjectivement seulement), M. Nordenson, sur 33 myopes, autant d'astigmates, M. Snellen, sur 1273 yeux astigmates, 59 pour 100 myopes. M. Horner, en examinant un grand nombre d'enfants avant leur entrée à l'école, trouve 2 à 4 pour 100 de myopes, affectés presque tous sans exception d'astigmatisme myopique, si bien qu'il incline à admettre que la myopie congénitale consiste toujours dans l'astigmatisme myopique, et serait par suite attribuable à la conformation du crâne {Communication par

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