PARTIE CLIN. (TROUBLES VISUELS DANS LA MYOPIE MALIGNE
A côté des causes inhérentes à l'organe lui-même, qui amènent le rapprochement exagéré de l'objet, il y a des causes extérieures non moins nombreuses.
Mentionnons entre autres : la mauvaise disposition des sièges et des tables; par exemple, des sièges trop bas, ou au moins relativement trop bas pour des tables horizontales; la finesse trop grande de certains travaux: gravure, broderie, couture, dessin mathématique, lecture d'impression trop petite; le manque de netteté de Vobjet, dû à une typographie défectueuse. Une encre trop claire, un papier mauvais rendent la vision malaisée en diminuant la facilité de distinction entre le fond et l'objet. C'est le cas, par exemple, pour l'écriture à l'ardoise. L'insuftîsance de l'éclairage devient ainsi, sans doute, souvent une cause indirecte, mais puissante, de la myopie.
Impossible et inutile d'aiReurs d'énumérer toutes les circonstances qui peuvent agir dans le même sens. Chacun les découvrira facilement, et le travail toujours croissant qu'on exige des yeux dans les pays civilisés tend à en augmenter encore le nombre.
Il va sans dire, d'autre part, que, si nous admettons que la congestion céphalique, due à la position inclinée, joue un rôle prépondérant dans la production de la myopie, nous attribuons la même importance à toute autre cause capable d'engendrer cette même congestion. Ainsi, le travail dans des pièces surchauffées, mal aérées, encombrées; la chaleur des sources lumineuses trop rapprochées de la tête, les anomalies circulatoires de toute espèce peuvent déterminer et déterminent très souvent une hypérémie de la tête et des organes visuels aussi funeste que celle qu'amène la position vicieuse du corps.
Nous en dirons autant des circonstances qui, comme une constitution faible, ou des dispositions héréditaires, peuvent provoquer la choroïdite.
Troubles visuels dans la myopie maligne.
Nous avons déjà passé en revue les troubles visuels dus au défaut optique, à l'amétropie proprement dite, qui accompagnent nécessairement toute myopie : l'impossibilité de voir à grande distance, dans certains cas le désaccord entre la convergence et l'accommodation, etc.
A ces inconvénients s'ajoutent encore, dans la myopie maligne, les calamités infiniment plus graves qui résultent de la cause même de celle-ci.
lettre). — Green (J.), Transact. Amer, ophth. Soc, p. 105, 1871. — Thomson, Transact. Amer., ophth. Soc, p. 310,1871 ; Amer. Journ. ofmed. Sciences, vol. LXX, p. 383, 1875.
— Javal, Société de méd. prat.,'iLl oct. 1880. — Risley, Philad. med. Times, p. 673, 1881.
— Fuchs, Arch. f. Ophth., t. XXVIII, p. 139, 18,82. — Prouff, Reu. clin. d'Oc, 1883. ™ Szili, Centralbl. f. pract. Augenheilkunde, ip. 358, déc. 1883.
m LANUOLT. — RÉFRACTION ET ACCOMMODATION.
LTiypérémie du fond de l'œil donne souvent lieu, au début déjà, et dans des degrés très faibles de myopie, à des 'phénomènes d'asthénopie de toute sorte : photopsies, scintillement apparent dans l'espace, fatigue des yeux. Le myope éprouve souvent, au fond de l'orbite, plus tard dans le front tout entier, une sensation de pression, qui peut aller jusqu'à une véritable céphalalgie. La douleur devient de plus en plus intense, de plus en plus fréquente, quelquefois même constante, et affecte souvent la forme d'une névralgie. Il n'est pas rare, en effet, de voir ces phénomènes, comme d'ailleurs l'asthénopie en général, confondus avec des névralgies dépendantes d'une affection du système nerveux et traités en conséquence, sans aucun succès, cela va sans dire, et au détriment de l'état général.
L'illusion de taches sombres voltigeant devant l'œil ne fait presque jamais défaut en pareil cas. Ce sont les ombres, projetées sur la rétine, de corpuscules suspendus dans le corps vitré; on désigne ces apparitions sous le nom collectif de mouches volantes. Tout œil contient des corpuscules semblables, même l'œil normal. Ce sont alors sans doute des débris cellulaires, des déchets nutritifs du corps vitré, ou d'autres irrégularités de ce tissu transparent. On ne les aperçoit pas dans les conditions ordinaires, parce que leurs ombres sont trop peu intenses, et que la rétine en a l'habitude. Mais il est facile de les rendre visibles en fixant une surface uniformément éclairée, le ciel, un épais brouillard bien éclairé, l'océan, une rue poudreuse, un mur, ou simplement un papier blanc, réfléchissant la lumière solaire. ïls apparaissent plus sûrement encore à travers un diaphragme percé d'un trou d'épingle et très rapproché de l'œil, l'autre étant fermé. Le trou d'épingle forme une source lumineuse unique et très petite, pour laquelle l'œil n'est pas adapté, et qui rend l'ombre plus nette et plus intense.
Le myope voit ces phénomènes avec plus de facilité, parce qu'il est rarement adapté à la source lumineuse. De plus, lorsque la myopie est pernicieuse, la sensibilité de la rétine subit une exagération pathologique au début. Plus tard, enfin, à ces corpuscules presque physiologiques s'en ajoutent d'autres, dus à l'exsudat rétinien et choroïdien. Ceux-ci sont alors plus nombreux, plus grands, plus gênants et plus effrayants pour le malade. Il leur prête toute, espèce de formes, ne tarit pas dans leur description, qu'il accompagne volontiers d'un dessin fidèle. C'est une preuve des tourments qu'ils lui font éprouver et de l'anxiété avec laquelle il les observe. Cette observation même le place dans un cercle vicieux, car, plus il poursuit ces fantômes, plus il en est harcelé, rien n'étant plus fatigant que l'observation de ces phénomènes entoptiques. C'est ainsi qu'ils deviennent une cause à la fois directe et indirecte d'affaiblissement de la vue.
Mais ce dernier s'accuse d'une manière alarmante surtout lorsqu'aux troubles de circulation s'ajoutent des altérations anatomiques du fond de l'œil. En même temps que l'ophthalmoscope révèle l'accroissement du staphylôme, Tirrégularité toujours plus grande dans la disposition du pigment