PARTIE CLINIQUE (TRAITEM. OPTIQUE DE LA MYOPIE). Ul
ptrter, soit que leur constitution, soit que la disposition de leur esprit s'y oïpose. Et, il faut bien l'avouer, eu égard à Tincertitude du résultat, on n'ose ^rraiment pas trop insister, dans ces cas, pour taire subir ce martyre au malade, surtout s'il a encore un autre œil plus ou moins bon.
Cet aulre œil, en efTet, réclame alors la plus grande sollicitude. Il exige souvent même la suppression du premier, lorsque celui-ci, des années après le décoUemeiltde la rétine, et par suite des altérations profondes qu'il amène dans le globe tout entier, est devenu le siège d'une cyclite. Cette inflammation du corps ciliaire, la plus daniiereuse de celles qui atteignent le tractus uvéai, peut ineriacer l'autre œil d'ophthalmie sympathique. Cette dernière est d'autant plus à redouter, que l'inflammation de l'œil perdu, aussi bien que celle de son congénère resté sain, ne se déclare généralement pas d'une façon subite et ne s'accompagne pas toujours de symptôtnes aigus, de douleurs vives et d'une rougeur significative, comme dans les cas de blessure de l'œil par un corps étranger. Ces ophthalmies sont lentes et insidieuses, parce qu'elles peuvent se manifester par des symptômes auxquels on n'attribue pas de suite le caractère de l'ophthalmie sympathique. Souvent ce n'est qu'une diminution graduelle de l acuité visuelle sans aucun autre phénomène appréciable, ou de légères poussées de choi oïdite ou d'iritis séreuse^ etc. Il ne faut pas s'y liisser tromper, ni hésiter à sauver l'œil unique qui reste par Vénucléation de l'autre.
Quant au traitement de l'atrophie partielle ou même totale du nerf optique qui, comme nous l'avons dit, termine quelquefois le drame dont l'extrême myopie n'était qu'une scène, nous n'oserons pas forcer la main au lecteur. Nous préférons lui laisser choisir, entre les remèdes multiples (injections de strychnine, électricité, etc.), celui qui lui aura donné les meilleurs résultats, ou cel i pour lequel un maître plus fort que nous aura su lui inspirer la plus grande confiance.
traitement de la myopie à Vaide de verres correcteurs.
Ce que nous venons d'exposer touchant le traitement de la myopie ne concerne en somme que la myopie maligne; ces mesures ne sont dirii^ées que contre les accidents morbides qui l'accompagnent et qui, comme nous l'avons dit, forment un ensemble d'une gravité telle que l'altération de la réfraction n'y
I joue que le rôle d'un symptôme secondaire. Ce symptôme a cependant aussi la plus haute importance ; la preuve, c'est qu'il a fourni son nom à la maladie. De plus, il est presque seul en cause dans la myopie typique. Il est dofic temps que nous nous occupions de son remède, du traitement de la myopie comme amétropie proprement dite, d'une façon détaillée.
i Ce traitement n'est en réalité, nous le savons, qu'un traitement palliatif, c'est la correction du défaut optique par des moyens optiques. L'altération de la réfraction propre à la myopie consiste dans le fait que
AiS UNDOLT. — REFRACTION ET ACCOMMODATION.
l'œil esf adapté en permanence à une distance finie, c'est-à-dire qu'il ïc saurait réunir sur sa rétine que les rayons qui émanent d'un point plus m moins rapproché en avant de lui, en d'autres termes, des rayons divergenti (p. 118). Or, les verres concaves possédant le pouvoir d'imprimer aux rayons lumineux, quelle que soit leur origine, toute divergence voulue, suivant leur force, ces verres peuvent évidemment servir à adapter l'œil myope pour n'importe quel point de l'espace. Ils donneront aux rayons émanés de ce point la divergence qu'il faut à l'œil pour les réunir sur sa rétine. Ainsi, pour faire voir à grande distance, ou adapter à des rayons parallèles
un œil myope de 4 dioptries, en d'autres termes un œil adapté à ~, il faut une lentille concave 4, parce qu'elle donne aux rayons parallèles une divergence telle qu'ils semblent provenir de • Dans ce cas spécial, celui des
rayons parallèles, le point d'où ils semblent provenir après leur passage à travers le verre est, on s'en souvient, le foyer principal de celui-ci.
Le problème n'est pas beaucoup plus difficile lorsqu'il s'agit de rayons déjà divergents avant d'avoir rencontré le verre. C'est le cas lorsqu'on désire adapter un œil myope, non à l'infini, mais seulement à une distance déterminée, plus grande que celle à laquelle il voit distinctement. Supposons que notre myope de 4^ D désire voir nettement à 1 mètre. Pour changer la diver-
gence de rayons émanant de 1 mètre en divergence de-^, il faut évidemment un verre concave plus faible que dans le premier exemple. En effet, pour voir à 1 mètre, il faut 1 dioptrie de réfraction positive. Le myope de 4 en a donc 4 — 1 — 3 D de trop. Avec le concave 3, qui diminue la réfraction d'autant de dioptries, il est donc adapté à un mètre. ^ On peut calculer le même exemple d'une autre façon encore : Un œil de
4 D de myopie est adapté à 0'",25 ou 9". Sa réfraction est =
Pour voir à 1 mètre, il faut une réfraction de -~ = 1 D ou ou
et, pour changer la première adaptation en la seconde, il faut évidemment un verre égal à la différence qui existe entre les deux :
4,D— ID = 3D 1 1 i
25cni 100=» ~" 33.3<=«
OU
c'est-à-dire un verre de 0™,333 de distance focale = 3 dioptries,
Quelle que soit la méthode suivant laquelle on cherche le verre correcteur, elle est assez simple, surtout la première, celle qui se base sur le système