PARTIE CLINIQUE (TRAITEM. DE L'INSUFF. DES DROITS INT
une flamme de bougie placée à 5 mètres au moins. Le malade arrive ainsi à étendre le domaine de la vision simple.
Cette dernière peut se rétablir encore parfaitement après des semaines et des mois, si l'excès immédiat de correction n'a pas été trop fort. S'il n'en reste plus que quelques degrés, et que le malade soit obligé de reprendre son travail, on peut lui venir en aide avec des verres prismatiques. Comme ce strabisme ne se manifeste que pour grande distance, il suffit généralement de décentrer les verres correcteurs concaves comme l'indique la figure 127. Peu à peu l'équilibre musculaire se rétablira, si bien que le malade verra simple même sans cet artifice. Il est cependant absolument indiqué de surveiller ces cas jusqu'à entière et solide guérison. Il faut surtout ne pas considérer comme telle la seule disparition de la diplopie. Celle-ci peut être due à la suppression de l'image d'un œil, principalement dans le cas où il y a une différence notable de réfraction et d'acuité visuelle entre les deux yeux. Elle inaugure alors, au contraire, un nouvel état très fâcheux, le strabisme convergent définitif.
L'effet de la ténotomie sur l'amplitude de convergence étant encore peu connu, nous nous permettons de citer ici une observation de ce genre.
Elle concerne une jeune'fiUe de vingt ans, présentant un astigmatisme myopique de 1 D avec V = 0,5, et une amplitude d'accommodation normale aux deux yeux. Cette demoiselle souffre d'une insuffisance notable de convergence, qui va parfois jusqu'à un léger degré de strabisme divergent, avec diplopi» croisée. L'amplitude de convergence est la suivante
p — r = a 3 — (— l) = 4flm.
Elle est donc très faible, sa partie positive notamment est absolument insuffisante, surtout si nous avons égard à la quote en réserve que réclame un travail continu.
Immédiatement après la simple ténotomie de l'un des droits externes, on constate une amplitude de convergence de 6 — 1,75 = 4,25 am. Elle a donc été quelque peu augmentée et en totalité rapprochée. La malade peut converger jusqu'à 16 am, mais au delà de 57 centimètres elle accuse déjà une diplopie homonyme.
Le lendemain l'amplitude de convergence était plus étendue et plus rapprochée !
9 — 2,2 =6,8 am.
Mais peu à peu, le punctum remotum s'éloigna, sans que pour cela le proximum se fût arrêté dans sa progression vers l'œil. En d'autres termes, l'amplitude de convergence s'étendit à ses deux extrémités, si bien qu'au bout de trois semaines elle était de
12 — 0 = 12 am,
c'est-à-dire tout à fait normale. Il n'y avait plus de diplopie, et le travail rapproché s'accomplissait binoculairement et sans fatigue. Cet heureux résultat doit être attribué sans doute en partie aux exercices orthoptiques, stéréoscopiques et autres que nous fîmes faire à la malade pendant le cours de sa guérison.
Dans un autre cas d'insuffisance très élevée, où il n'y avait que 0,5 am de maximum de convergence et où le verre coloré faisait apparaître une diplopie croisée, nous pûmes réaliser par la ténotomie une amplitude de convergence de