l) = 9 am
Dans un cas analogue, où il existait un strabisme divergent non paralytique de 6' et un de 1 am, nous arrivâmes à l'amplitude remarquable de
14 — (—0,5) = 14,5 am.
Outre les cas où la faculté de divergence fait défaut, la ténotomie des droits externes est contre-indiquée chaque fois que les muscles sont en général trop faibles. Ceci arrive surtout dans les hauts degrés de myopie. Ici les muscles, distendus par l'excès de développement du globe oculaire, ont perdu une bonne partie de leur contractilité. Le champ de fixation est restreint, de même que l'amplitude de convergence. Les excursions des yeux peuvent être réduites à 18° du côté interne, à 26** de l'externe (1). Il peut y avoir un maximum de convergence {p) de 1,5 am seulement, un minimum (— r) de 2 am, ce qui donne une amplitude [a) de 3,5 am.
En pareil cas, la ténotomie des droits externes ne saurait jamais donner un bon résultat. Elle diminue, il est vrai, l'amplitude de convergence du côté du punctum remotum, et l'augmente du côté rapproché, mais la diminution est plus grande que l'augmentation ; l'amplitude est donc en réalité restreinte, et, si elle était faible dès le début, il est matériellement impossible de ramener le punctum proximum àla distance du travail, sans produire un strabisme convergent énorme, se manifestant déjà à très courte distance. En d'autres termes, le minimum aussi bien que le maximum de convergence sera une valeur positive très élevée. Dans l'exemple cité, p peut donc devenir 7 am, alors que r devient -f- 4 am. La diplopie homonyme commencerait au plus à 25 centimètres, si ce n'est plus près encore, et l'amplitude de convergence ne serait plus que de 7 — 4 = 3 am. Souvent elle perdra encore davantage par la ténotomie.
De plus, elle serait en tous les cas si faible, que, quand bien même le punctum proximum binoculaire se trouverait à la distance du travail, celui-ci ne serait pas possible, parce qu'il n'existerait pas une force musculaire disponible suffisante pour le soutenir pendant une certaine durée.
Il faut se souvenir ici de ce que nous avons dit, touchant les degrés extrêmes de myopie, au commencement de ce chapitre clinique et dans le paragraphe relatif à cette forme d'amétropie: ce sont là des yeux malades, profondément altérés dans toutes leurs fonctions. De même que nous sommes impuissants à leur rendre une acuité visuelle normale, de même nos tentatives de rétablir de force la vision binoculaire seraient à l'avance frappées de stérilité.
Lorsque l'insuffisance des adducteurs a fait place à un véritable strabisme divergent, mais que celui-ci est encore périodique, on peut quelquefois y remédier à l'aide de verres prismatiques et concaves, mais ces cas sont très rares. Le strabisme divergent que nous rencontrons en pratique a généra-
(1) Landolt, Etude sur les mouvements des yeux (Ar ch. d'opht., p. 603, 1881).