PARTIE CLINIQUE (TRAITEM. DE L'INSUFF, DES DROITS INT
lement depuis longtemps dépassé de beaucoup les degrés corrigibles par des moyens optiques.
Le traitement orthoptiqne lui-même n'a que très peu de prise sur lui. Et cela s'explique de soi. Toute personne douée de deux yeux qui voient est, pour ainsi dire, constamment sous l'influence de la stimulation à la convergence. A moins de regarder à l'infini, elle est toujours obligée de converger plus ou moins, pour voir simples les objets qui l'entourent. Elle pratique donc sans cesse les exercices qui devraient l'habituer à converger et l'empêcher de tomber dans le strabisme divergent. Si ce dernier s'établit, il n'y a par conséquent que fort peu d'espoir que ces exercices suffiront pour la guérir du strabisme, qu'ils ont été impuissants à prévenir. Les muscles droits internes sont trop faibles pour maintenir ou seulement produire la convergence. Chez les jeunes personnes débiles, aux yeux surmenés, des manœuvres de convergence forcées ne sauraient qu'augmenter la fatigue des muscles oculaires.
Le traitement chirurgical est, en effet, le seul efficace dans les hauts degrés d'insuffisance de convergence, et, à plus forte raison, dans le strabisme divergent.
Si le strabisme divergent est de degré faible, nous le corrigerons à l'aide d'une ténotomie simple, ou double, en ayant soin de bien nous rendre compte de la force relative et absolue des muscles en conflit, de l'amplitude de convergence totale, de la valeur relative des éléments qui la composent, ainsi que de tous les moyens que la thérapeutique chirurgicale et pacifique met à notre disposition.
Lorsque le strabisme divergent a duré longtemps et a atteint un haut degré, la vision binoculaire est presque toujours irrémédiablement perdue. L'opération ne se pratique alors que dans un but cosmétique. Il suffit de supprimer la divergence et de rétablir la direction parallèle des yeux dans la vision au loin. La contractilité des droits internes, favorisés dans leur action par le reculement des externes, rendra aux yeux leur aspect normal dans le regard à distance, quand bien même elle n'amènerait pas la convergence jusqu'au punctum remotum du myope.
On a rarement à craindre ici un excès d'effet de l'opération, à cause de l'inertie des muscles adducteurs et de la tendance à la divergence naturelle à beaucoup d'yeux myopes. Lorsque l'acuité visuelle est bonne, la myopie pas trop élevée aux deux yeux, on peut cependant encore tenter le rétablissement de la vision binoculaire après l'opération, au moyen du stéréoscope. Ces tentatives ne sont d'ailleurs que rarement couronnées de succès, et ce dernier ne présente même pas toujours un grand avantage pour l'individu. La vision binoculaire est, en effet, utile surtout à une distance rapprochée, pour laquelle la convergence est précisément insuffisante en pareil cas.
Lorsque le strabisme divergent dépasse 15 degrés, la ténotomie la plus étendue ne suffit pas pour sa correction, On peut alors y ajouter une ténotomie sur l'autre œil. Si l'œil dévié est de beaucoup inférieur à son congé-
nère, nous préférons combiner le reculement du droit externe avec l'avancement du droit interne, suivant la méthode que nous avons indiquée (1).
Il n'est pas rare que l'effet maximum de ce procédé énergique soit encore impuissant à corriger le strabisme divergent extrême qu'on rencontre fréquemment dans les plus hauts degrés de myopie. On y ajoutera alors la lénotomie du droit externe de l'œil non strabique, voire même l'avancement de son droit interne.