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MYOPIE ATYPIQUE DE CAUSES RARES

L'allongement de l'axe de l'œil, quoique étant l'origine la plus fréquente de la myopie, et pouvant porter cette anomalie de réfraction à des degrés très élevés, n'est cependant pas la seule cause capable de faire passer le foyer du système dioptrique en avant de la rétine. Souvent c'est ce dernier lui-même dont le foyer se déplace par suite de l'augmentation de sa force réfringente.

C'est ainsi qu'on voit parfois un œil d'une longueur ne dépassant pas même le minimum compatible avec l'emmétropie, myope par suite d'une augmentation de courbure de sa cornée. Ce sont des cas exceptionnels. Nous nous souvenons, en effet, que les mensurations de Donders déjà, et toutes celles qui ont été faites après lui, établissent que la cornée, loin d'être plus convexe chez les myopes, se montre même souvent plus aplatie chez eux que chez les emmétropes.

L'exemple le plus frappant et le plus caractéristique de cette myopie de courbure (M"^) est la cornée conique. La première surface réfringente de l'œil affecte, dans ces cas, comme l'indique le nom, une forme acuminée, facilement reconnaissable à son profil, et donnant lieu aux phénomènes catoptriques et dioptriques que nous avons déjà mentionnés page 317. Le sommet du cône présente une courbure d'un rayon tellement petit, que la myopie d'un œil affecté de kératocone peut facilement atteindre 30 D et plus, alors que la myopie axile dépasse rarement 20 ou 22 D. Nous n'avons pas encore rencontré un chiffre supérieur à 25 D résultant de l'excès de longueur d'un globe oculaire.

Par malheur, ces cornées coniques ne sont pas seulement excessivement convexes, ce à quoi on pourrait facilement remédier par des verres d'une concavité équivalente, mais leur courbure est généralement fort irrégulière.

Elle s'éloigne d'abord encore bien plus de la sphéricité, se rapproche plus de celle d'un hyperboloïde que la courbure de la cornée normale. Cependant les essais de M. Raehlmann et d'autres praticiens, pour neutraliser l'effet de la difformité cornéenne au moyen de verres hyperboliques, n'ont pas donné, jusqu'à présent, des résultats très satisfaisants. C'est que, dans la plupart des cas, la surface de la cornée n'est même pas une surface

(l) Landolt, art. Strabisme in Dict. encyclop. des se. méd. de Dechambre, p. 278, et Arch. d'opht, lU, p. 297.

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