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PARTIE CLINIQUE (TRAITEMENT DU SPASME D'ACCOMMODATION

l'étude soigneuse qu'ont faite des cas de ce genre MM. Jany (1), Frànkel (2) et Schliephake (3). Il s'agissait presque toujours de parésie des sympathiques avec ses phénonfiènes oculo-pupillaires caractéristiques.

La pathogénie de la crampe accommodatrice est encore plus obscure chez le malade de M. Stilling (4), où elle constituait le seul symptôme d'une fièvre intermittente. Le poison miasmatique s'était sans doute, par un caprice de localisation qui lui est habituel, fixé sur quelque région du système nerveux (moelle, ganglion ciliaire), d'où il déterminait, d'une manière directe ou réflexe, la contracture du muscle ciliaire.

Citons enfin une observation très intéressante, que M. Nagel a communiquée à la Société ophthalmologique de Heidelberg, en 1871. Un garçon de douze ans acquiert subitement, à la suite d'un fort refroidissement de la tête, une myopie de 5,2 D. En même temps, il existe une violente céphalalgie, une tendance continuelle à la convergence et un strabisme convergent très prononcé à chaque effort de fixation. Un collyre à l'atropine fit disparaître entièrement cette myopie apparente, qui fit place à une légère hypermétropie. Les autres symptômes cessèrent de même. Mais tous se manifestèrent de nouveau, aussitôt qu'au bout de quelques semaines l'atropine fut supprimée. Ils cédèrent à l'application d'une sangsue artificielle à la tempe. Une récidive, qui survint six mois plus tard, fut guérie radicalement par des injections de strychnine.

TRAITEMENT DU SPASME d'ACCOMMODATION

Nous savons que les collyres mydriatiques et le repos des yeux sont des remèdes surs pour rompre le spasme idiopathique de l'accommodation.

Ils ne sauraient suffire évidemment là où la crampe du muscle ciliaire est liée directement ou indirectement à une cause locale ou générale. Ici leur emploi doit s'accompagner du traitement de l'affection fondamentale. Les inflammations des organes et membranes extérieurs des yeux seront traitées avec le plus grand soin. Une rétine surmenée réclamera un repos absolu, la protection contre toute lumière vive au moyen de verres fumés, voire même le séjour dans l'obscurité complète. Lorsqu'il y a en même temps hyperhémie et que l'état général de l'individu ne s'y oppose pas, des émissions sanguines à la tempe pourront être très utiles, comme nous l'avons vu, par exemple,

(1) Jany, Berl. klin. Wochenschr. (goitre comprimant l'un des nerfs sympathiques et produisant céphalalgie, myosis et spasme d'accommodation du même côté).

(2) Fraenkel {Thèse de Breslau, 1874.), Migraine attribuable à la paralysie du grand sympathique, blépharospasme, myosis, crampe accommodatrice unilatérales.

(3) Schliephake, Arch. f. Augen- u. Ohrenheilk., V, p. 286, 1876. La paralysie du centre cilio-spinal, qui détermine la myose des ataxiques, ne s'accompagne qu'exceptionnellement d'une tension anormale de l'accommodation (Hempel, Coppez).

(4) Stilling, Klin. Monatsbl, XIII, p. 5-30, 1875.

m LANDOLT. — RÉFRACTION ET ACCOMMODATION.

dans l'observation citée par M. Nagel. D'après le même auteur, des injections hypodermiques de strychnine seraient quelquefois efficaces.

L'insuffisance des droits internes sera traitée suivant les régies que nous avons indiquées pages 455 et 464.

Un œil qui pourrait donner lieu à un spasme d'accommodation par ophthalmie sympathique sera immédiatement énucléé.

Les maladies générales et les affections du système nerveux central qui pourraient être en cause fourniront la principale indication thérapeutique. Cette dernière variera naturellement suivant la nature du cas, suivant le siège de la lésion à combattre, suivant la constitution de l'individu qui en est atteint. Aussi nous est-il impossible de nous engager dans le détail du traitement applicable à chaque catégorie particulière. M. Pagenstecher {loc. cit.) dit avoir guéri radicalement un cas de spasme d'accommodation dû à un état d'irritation spinale, à l'aide du courant constant, appliqué sur la colonne vertébrale. M. Leber obtint également, chez son malade, une guérison rapide par l'emploi de la morphine, en injections sous-cutanées.

LES MYOTIQUES

On peut produire artificiellement le spasme du muscle ciliaire au moyen de certaines substances qu'on appelle des myotiqurs, parce qu'elles ont en même temps pour effet le rétrécissement de la pupille, la myosis.

Les myotiques les plus puissants et les plus employés dans la pratique proviennent de la fève de Calabar {faba calabarica ou semen physostigmatiSy) fruit du Physostigma venenosum (Balfour). Cette plante, une espèce de Phaseolus, appartient donc aux Légumineuses.

On ne se servait autrefois, comme collyre myotique, que de Y extrait alcoolique de Calabar (Sharpey), dont M. Th. Fraser (1) découvrit l'action sur la pupille, M. Argyll Robertson (2) celle sur l'accommodation. C'est à ce dernier surtout que revient le mérite d'avoir introduit le nouveau médicament dans la pratique scientifique. Celui-ci fit ensuite l'objet des recherches de plusieurs savants (3), parmi lesquelles celles de Donders et Hamer sont les plus remarquables.

L'extrait alcoolique de Calabar, employé sous forme d'une solution qui n'était jamais tout à fait limpide, ou incorporé à des tablettes gélatineuses, ou porté sur la conjonctive à l'aide d'un papier imbibé de cette substance, était toujours plus ou moins irritant pour la muqueuse de l'œil. Il n'était pas toléré longtemps, et son action était assez incertaine, soit parla difficulté du dosage, soit par l'altérabilité de la préparation.

(1) Th. Fraser, Thèse d'Édimbourg, juillet 1862.

(2) Argyll Robertson. Edimb. medico-surg. Soc, février i883.

(3) Harley, Hulke, Bowman, Soelberg Wells, de Graefe, Rosenthal, Schelske et autres.

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