PARTIE CLINIQUE (PAQÉSIE DE L'ACCOMMODATION
veuses [Buhl (1), Oertel (2), Voelckers (3)] ou sur les cellules ganglionnaires de leur noyau d'origine [Déjerine (A)].
Il est à remarquer d'ailleurs que les affections les plus diverses de la gorge, sans être de nature diphthéritique, peuvent se compliquer de paralysie de l'accommodation [Hutchinson, Mooren (5)].
Au reste, la diphthérie n'est pas la seule maladie infectieuse dont les effets puissent se faire sentir sur le muscle ciliaire. La fièvre typhoïde, le typhus récurrent (6), le rhumatisme articulaire sont cités, dans plusieurs observations, comme la cause avérée d'une parésie accommodatrice, dont la genèse est sans doute la même que celle que nous venons d'indiquer.
Si des maladies aiguës nous passons aux altérations constitutionnelles chroniques, nous rencontrons tout d'abord la syphilis, cette cause universelle de toutes les lésions pathologiques imaginables. Son action nuisible sur l'appareil accommodateur peut dériver soit d'une lésion des centres de l'oculomoteur commun, soit plus souvent de la compression ou de la destruction des fibres de ce nerf par une infiltration de sa gaine, par des productions gommeuses ou des proliférations périostiques. M. Alexander (7) a même constaté la paralysie unilatérale du muscle ciliaire dans des affections syphilitiques corticales de l'encéphale, et attribue à ce symptôme une certaine valeur pronostique fâcheuse. M. Hutchinson (8), par contre, a rassemblé plusieurs exemples de parésie localisée à un œil et attribuables à une lésion plus périphérique, celle du ganglion ciliaire. La paralysie isolée des muscles de l'accommodation et de l'iris, que cet auteur appelle ophthalmoplégie interne, est presque toujours d'origine spécifique; au surplus, elle s'accompagne généralement plus tard de manifestations multiples sur les autres nerfs oculaires.
Quoique la nature des altérations nerveuses produite par le diabète nous soit encore inconnue, les exemples sont nombreux qui démontrent l'influence de cette anomalie de la nutrition sur le fonctionnement des nerfs crâniens, en particulier de la 3^ paire et de ses filets destinés au muscle deBriicke. Trousseau écrivait, il y a déjà longtemps, que les troubles accommodateurs peuvent être le premier symptôme qui décèle l'existence de la glycosurie. Et, en effet,
(1) Buhl, Zeitschr. f. Biologie, Bd III, p. 341.
(2) Oertel, Deutsches Arch. f. klin. Medicin, VIII, p. 242.
(3) Voelckers. Voy. Scheby-Buch, Arch. f. Ophth., XVII, p. 265, 1871.
(4) Déjerine, Arch. de PhysioL, 1878.
(5) Hutchinson, Ophth. Hosp. Rep., p. 436, 1873, et Mooren, Fûnf Lustren ophth. Wirksamkeit, Wiesbaden, 1882.
(6) Scheby-Buch, Bericht iiber 38 Fàlle v. Accommodationsldhmung ans den Kieler Kliniken {Arch. f. Ophth., XVII, p. 265, 1871).
(7) Alexander, Berl. klin. Woch., n° 21, 1878 et Deutsche med. Wochenschr., n° 41,1881. ^ (8) Hutchinson, Medico-chirurg. Transact., LXI, et Med. Times and Gazette, April 1878. C'est sans doute dans cette catégorie de cas qu'il faut ranger celui de M. Sichel {Gaz,, des Hop., p. 347, 1876) où la paralysie de l'accommodation était accompagnée d'une paralysie du moteur oculaire externe.
dans nombre de cas, c'est l'oculiste qui, conduit par la présence d'une paralysie d'un des nerfs de l'œil à analyser les urines, donne l'éveil sur celle maladie.
Certaines affections parasitaires ont également pour effet la paralysie de l'accommodation. Telle est la trichinose (1). Les désordres fonctionnels que produit dans les muscles l'envahissement de leur tissu par les trichines ne suffisent pas pour expliquer la participation du muscle ciliaire, attendu qu'on n'a pas encore rencontré ces parasites dans les muscles lisses. Il est encore plus difficile d'expliquer l'abolition de la faculté accommodatrice observée dans certains cas d'empoisonnement aigu produit par la viande de saucisses crues [Scheby-Buch (2), Ulrich (3), Eichenberg] ou la viande gâtée [Cohn (4)].
Les lésions primitives du système nerveux central y principalement de VencéphalCj s'accompagnent très fréquemment de parésie de l'accommodation. Elles intéressent alors les noyaux d'origine de l'oculo-moteur commun ou le tronc de ce nerf lui-même, qui est altéré par compression, par inflammation ou par destruction. Les simples troubles vasculaires de cette région sont capables de produire un affaiblissement de la faculté accommodatrice : l'anémie ou l'hyperhémie suffit, sans qu'il existe d'autre cause plusgrave.
C'est à ces anomalies circulatoires qu'on a rapporté la paralysie du muscle ciliaire observée dans les troubles digestifs (5). Il n'y a guère d'autre explication possible pour le cas étrange publié par de M. de Hasner (6), où une jeune fille était atteinte régulièrement, à chaque époque mensuelle, d'une paralysie complète de l'oculo-moteur commun, disparaissant au bout de trois jours, pour se renouveler à la période suivante.
Il va de soi que les altérations grossières de certaines régions cérébrales en rapport plus ou moins direct avec la 3' paire ou ses noyaux protubérantiels,. de même que Taugmenlation de la pression iiUracrânienne par une tumeur,, se manifestent toujours par une paralysie partielle ou complète du nerf accommodateur. Il serait superflu d'énumérer toutes les lésions spontanées ou d'origine traumatique qui rentrent dans cette catégorie. Il faut dire d'ailleurs que, comme pour le spasme du muscle ciliaire, les symptômes généraux qu'elles produisent sont d'une gravité telle, que les troubles accommodatifs passent souvent inaperçus au milieu d'eux. Citons cependant la sclérose
(1) Foerster, in Griife-Samisch, Handb. der ges. Augenh., vol. VII, chap. xiii, p. 179.
(2) Scheby-Buch, loc. cit.
(3) Ulrich, Klin. Monatsbl., p. 230, 1882.
(4) Cohn, Arch. f. Augenh., IX, 2, p. U8, 1880. Voy. aussi Leber, Arch. f. Ophih.r XXVI, 2, p. 236, 1880.
(5) Cocc'ms, Die Heilanstalt, etc. Leipzig, 1870 ; — Steffan, Nagels Jahresb., 1874., p. 25; — Leber, Erkr. d. Auges bei Diab. mell., p. 318-322 (Diabète aigu consécutif à un catarrhe gastrique); — et Unterharnscheidt, Klin. Monatsbl, p. 37, 1882 (Gastralgie).
(6) De Hasner, Arch. gén. de méd., p. 732, 1883.