‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 187 sur 327 · PARTIE GLLN. (TRAIT. DE LA PARÉSIE DE L'ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

PARTIE GLLN. (TRAIT. DE LA PARÉSIE DE L'ACCOMMODATION

minutie le régime du diabétique, et l'on emploiera avec les malheureux patients en proie à la sclérose du système nerveux central, la ressource incertaine des médications thermales, de l'hydrothérapie, des révulsifs, de l'électricité, des injections sous-cutanées de strychnine.

Nous avons dit qu'on pouvait hâter beaucoup la terminaison favorable de la paralysie accommodative en agissant directement sur le muscle ciliaire lui-même ou les ramuscules nerveux qu'il contient. Plusieurs observations de valeur (1) démontrent, en effet, que l'instillation d'un collyre à l'ésérine abrège notablement la durée de la guérison. Il faut seulement se garder de vouloir employer ce remède en solution concentrée et d'en exiger d'emblée l'effet maximal. On ne doit pas perdre de vue que l'ésérine remplace ici la faradisation appliquée aux autres muscles du corps, et que, comme celle dernière, administrée d'une façon imprudente, elle peut anéantir la vitalité du muscle paralysé, au lieu de la réveiller et de l'entretenir jusqu'au retour de l'innervation normale. On instillera donc une fois par jour une goutte d'une solution au 500^ Si l'on redoute l'action nuisible de ce médicament sur la conjonctive, on pourra s'adresser à la pilocarpine (t pour 100), qui, suivant Georges (2), agirait même dans les cas où l'alcaloïde du calabar reste impuissant.

Dans le cas où l'on serait désireux d'accélérer encore davantage la guérison de son malade, on pourrait avoir recours à l'électrisation localisée. Duchenne a recommandé la faradisation, qu'il pratiquait en plaçant deux petites électrodes métalliques aux deux extrémités du diamètre horizontal de la cornée, à 3 millimètres environ du bord de cette membrane. Certains électrothérapeutes redoutent l'action des courants faradiques sur Tappareil nerveux de l'œil, et conseillent, en conséquence, de ne jamais employer pour «et organe que les courants continus. On applique alors le pôle positif au niveau du premier ganglion cervical du sympathique (immédiatement ciu-dessous de l'apophyse mastoïde) et le pôle négatif sur les paupières fermées. Le courant, de 8 à 12 éléments, est maintenu pendant deux ou trois minutes, et l'on doit éviter toute interruption (Onimus) (3).

En raison de la grande autorité du savant qui l'a préconisé, nous devons mentionner encore le traitement de M. Goccius (4), qui consiste à instiller dans l'œil quelques gouttes d'une solution camphrée (1 : 300). Nous ne possédons pas d'expérience personnelle suffisante sur la valeur de ce médicament.

(1) Voy. entre autres : Manz, Klin. Monatsbl., VllI, p. 245-246, 1870. — Stammeshaus, Ueber die Funclionsstôrungen cl. Auges nach Ang. diphther. Inaug. diss., Bonn, 1870. — Woinow, Med. Bote, p. 301, 1875. — Badal, le Monit. méd., mars 1877.

(2) Georges, Ein Beitrag. z. Wirk. d. Jaborandi auf. d. Sphincter pup. u. Accomm. Apparat. Inaug. dissert., Greifswald, 1875.

(3) Voy. Webster, Phil. med. Times, 24 oct., 1874. — Gamuset, Gaz. des hôp., p. 209,

(4) Goccius, Tagebl. der deutsch. Naturf.-versamml. iii Leipzig, \>. 173

Enfin le spécialiste peut être appelé à se prononcer sur l'opportunité d'un traitement palliatif, optique, de la paralysie de l'accommodation. Lorsque cette affection est récente et bilatérale, le mieux est de laisser au début les veux dans un repos complet, et de protéger seulement, au moyen de verres fumés, la rétine exposée à l'éclairage exagéré qui résulte de la mydriase. Au bout de quelque temps, on pourra permettre de nouveau le travail visuel, et on viendra en aide aux forces renaissantes du muscle ciliaire au moyen de verres appropriés à l'état de réfraction du malade. Lorsque la paralysie est ancienne et sans espoir de guérison, il n'y a aucun inconvénient à traiter le sujet comme un simple presbyte, et à lui prescrire le verre de travail qui lui convient.

Rien n'est plus facile que d'adapter un œil dépourvu d'accommodation à n'importe quelle distance. Nous nous souvenons, en effet, que c'est précisément la réfraction dynamique qui complique souvent la détermination de l'état de réfraction, aussi bien que celle du verre de travail. Ici nous n'avons à compter qu'avec la réfraction statique, et avec celle requise pour la vision à la distance voulue. Le verre nécessaire sera représenté par la différence entre les deux. On n'a qu'à se souvenir que la réfraction de l'hypermétrope est négative, celle du myope positive, comme celle exigée pour toute distance finie. Nous pouvons nous dispenser de donner encore ici des exemples. Ce que nous en avons dit, p. 171, ainsi qu'aux chapitres cliniques de l'hypermétropie et de la myopie, suffit pour guider le lecteur dans le choix du verre nécessaire à l'œil dépourvu d'accommodation.

Lorque la paralysie du muscle ciliaire n'est pas complète, on déterminera avant tout l'amplitude d'accommodation, et prescrira le verre qui laissera au malade la quote requise pour le travail continu. Celle-ci devra généralement être assez forte (1/3 environ), comme nous avons eu l'occasion de l'exposer, p. 355.

Lorsque la parésie ou paralysie de l'accommodation est unilatérale et que l'autre œil fonctionne normalement, il est souvent difficile de faire travailler les deux yeux ensemble. Le verre correcteur de l'œil malade altère la grandeur de ses images rétiniennes, de telle sorte qu'elles ne se fusionnent pas toujours facilement avec celles de son congénère. De plus, elles ne sont nettes dans la vision binoculaire que pour une seule distance, aussi bien lorsque la paralysie est incomplète que lorsqu'elle est totale, tandis que le bon œil jouit d'une amplitude de vision distincte d'autant plus grande qu'il est plus jeune. Le médecin se trouve alors dans une position analogue à celle de l'anisométropie. A défaut de règles absolues, impossibles à formuler, c'est son propre jugement et les appréciations du malade touchant les verres qu'on lui essaye qui le guideront, pour chaque cas particulier, dans le choix des correctifs optiques.

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