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PARTIE CLINIQUE (LES MYDRIATIQUES

LES MYDRIATIQUES

L'accommodation peut être paralysée artificiellement par certaines substances, qui dilatent en même temps la pupille. Ce dernier eiïet, plus apparent et aussi plus tôt connu que celui sur le muscle ciliaire, leur a valu le nom de mydriatiques. On emploie ces substances, toutes fortement toxiques, sous forme de collyres, ou de pommades, ou de petits morceaux de papier ou de gélatine qui en sont imbibés, et qu'on introduit dans le sac conjonctival.

Les quatre mydriatiques les plus actifs sont des alcaloïdes de solanées, qui ont entre eux la plus grande similitude dans leur composition chimique et dans leur action physiologique. On se sert des sels solubles qu'ils forment avec l'acide sulfurique, chlorhydrique, salicylique, bromhydrique.

Ce sont :

1° Vatropine, retirée en 1831, par Mein,^ de VAtropa Belladona (1) préparée à Fétat pur par MM. Geiger et Hesse, en 1833, — et Yhomatropîne, un dérivé de l'atropine, découverte par M. Ladenburg ;

2° La duboisine, extraite par MM. Gérard et Petit, de la Duboisia mijop or 0 ides;

S° Vhyoscy aminé j alcaloïde de VHyoscyamus niger, découvert par MM. Geiger et Hesse en 1833.

La daturine, que MM. Geiger et Hesse ont extraite des feuilles et des semences du Datura stramonium, est identique avec l'atropine.

MM. de Planta et Ladenburg considèrent également comme identiques la duboisine et l'hyoscyamine. Il n'existe donc essentiellement que deux alcaloïdes mydriatiques fournis par les solanées : Vatropine etVhyoscyamine ; encore ces deux substances sont-elles isomères. Nous ne mentionnons pas spécialement Vhyoscine, qui ne diffère de l'hyosciamine que par la faible solubilité en chlorure double qu'elle forme avec l'or.

Un mydriatique qui n'appartient pas à la famille des solanées est :

4" La gelsémine, substance résineuse extraite par M. Wormsley du Gelsemium sempervirens (Alton. Apocynées), dont ce chimiste a tiré l'hydrochlorate de gelsémine. Ce sel, ainsi que le sulfate de gelsémine, est applicable sous forme de collyre.

Tous ces mydriatiques, introduits dans le sac conjonctival, filtrent à travers la cornée, et ont pour effet, lorsqu'ils sont employés à une certaine

(1) Van Swieten {Commentaria in Boerhavii Aphorismos, t. III) a mentionné déjà l'influence de la belladone sur la pupille. — Himly {Goetting. gelehrte Anzeig., 1800) découvrit l'action mydriatique de la jusquiame et généralisa l'emploi de ces substances en oculistique. — Wells (Philosoph. Transactions, t. I,, p. 378, 1811) étudia plus particulièrement leur influence sur l'accommodation. Donders).

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concentralion : 1" de dilater la pupille au maximum et de la rendre immobile; 2° de paralyser entièrement l'accommodation. Il y a donc une différence essentielle entre l'action des mydriatiques et celle de leurs antagonistes, les myotiques. Ces derniers, quoique réduisant la pupille à un diamètre bien inférieur au plus petit qu'elle présente à l'état physiologique, ne lui ôtent cependant pas toute mobilité, de même qu'ils laissent toujours persister une certaine contractilité du muscle ciliaire. Ils agissent à la fois sur le punctum remotum et sur le punctum proximum, en rapprochant ces deux points de l'œil, sans cependant les faire coïncider, sans abolir l'amplitude d'accommodation. Les mydriatiques, par contre, influent uniquement sur le punctum proximum, qu'ils éloignent graduellement de l'œil jusqu'à ce qu'il se confonde avec le punctum remotum dans la paralysie complète du

FiG. 131.

muscle ciliaire, l'anéantissement de l'accommodation, la réduction à zéro de son amplitude.

Pour mieux nous rendre compte de l'action d'un mydriatique, considérons les deux diagrammes (fig. 131 et 132), que nous empruntons à Donders (1), en les adaptant encore au système métrique. Ils représentent l'influence d'une goutte d'une solution au 120' de sulfate d'atropine sur l'accommodation (partie supérieure) et sur le diamètre de la pupille (partie inférieure).

Les chiffres placés sur la gauche, au-dessus de zéro, correspondent à des dioptries, la courbe ppp au maximum de réfraction (punctum proximum); la courbe rrr au minimum de réfraction (punctum remotum). Les divisions comprises entre les deux courbes donnent donc l'amplitude d'accommodation.

(1) Donders, loc. cit., p. 585 et 586, éd. angl.; p. 494 et 495, éd. allem.

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