PARTIE CLINIQUE (LES 31YDRIATIQUES
Les chiffres rangés sur l'horizontale, à partir de zéro, indiquent le temps écoulé depuis l'instillation : fig. 131, des minutes; fig. 132, des jours.
Les chiffres sur la gauche, au-dessous de zéro, indiquent en millimètres le diamètre de la pupille, dont les variations sont représentées par la courbe ddd.
On voit (fig. 131) que la pupille commence à se dilater au bout de douze minutes, et qu'en vingt-quatre minutes la mydriase a atteint son maxi mum, qu'elle conserve pendant plus d'une journée. Elle ne revient que lentement et graduellement au diamètre normal et à la mobilité physiologique, c'est-à-dire au bout de treize jours environ (Hg. 132).
D'après le texte de Donders, la diminution de l'accommodation commence
FiG. 132.
' à se faire sentir quelque peu après l'influence mydriatique. Mais c'est surtout le maximum d'effet sur le muscle ciliaire, la paralysie complète de l accommodation, qui est atteint notablement plus tard que la mydriase absolue. Au bout de cent trois minutes seulement, les courbes p et r coïncident, marquant ainsi la perte du pouvoir accommodateur. Dans l'expérience citée, cet effet a persiste pendant plus de trente-six heures (fig. 132), pour disparaître ensuite plus promptement que la mydriase, comme l'indique l'ascension rapide de la courbe ppp (fig. 132).
j La ligne rr n'a pas été altérée; elle est restée droite; ce médicament
I n'ayant aucune influence sur la réfraction statique. Le fait qu'elle ne coïn-
I cide pas avec l'abscisse zéro, mais se trouve au-dessus d'elle, indique que la
j personne examinée, M. Hamer, était légèrement myope.
I Les deux expérimentateurs ont fait encore les observations suivanles,
j qui sont des plus curieuses :
DE WECKEK ET l,ANDOLT. III. —
Lorsque l'œil est sous l'influence du mydriatique, sans que son muscle ciliaire soit entièrement paralysé, comme cela arrive, par exemple, quelques jours après l'instillation, son amplitude d'accommodation relative se comporte comme celle d'un myope : La quantité d'accommodation mise en jeu est toujours moindre que la quantité de convergence qu'elle accompagne. Donders cite l'exemple suivant : c( Thus, M. Hamer, on tlie sixth day, t'ound, » that while witli convergence to 9" of liis eye w^hicli had not been subjected » to instillation, about the half of the total accommodation came into play, » the eye which had undergone the opération » (instillation), «attained only » a fifth ofwhat it was now capable of at the maximum of convergence (1). »
Or, pour voir à 9'', c'est-à-dire, à peu de chose près, —, il faut 4 am de
convergence et 4 D de réfraction positive. L'amplitude d'accommodation de l'œil non soumis au mydriatique était sans doute la même que celle de l'autre avant l'expérience, c'est-à-dire environ 6 D (fig. 131). Avec une myopie de presque une dioptrie, il lui fallait, en effet, la moitié de son amplitude, c'est-à-dire 3 D pour s'adapter à la distance voulue. Avec cette convergence, l'œil atropinisé ne mettait en jeu que le cinquième de son amplitude d'accommodation, c'est-à-dire 1 D. En effet, le diagramme fig. 132 nous montre que, ce sixième jour, l'amplitude d'accommodation était de 5D.
Nous nous souvenons que l'inverse avait lieu pour les myotiques, qui augmentent l'excitabilité du muscle ciHaire à tel point que l'accommodation dépasse toujours de beaucoup la convergence.
Un phénomène inverse aussi de celui provoqué par les myotiques, c'est la micropie qui se manifeste sous l'influence des mydriatiques : les objets paraissent plus petits à l'œil atropinisé, parce que l'effort d'accommodation anormalement grand qu'exige leur vision nette les fait supposer plus rap prochés qu'ils ne sont en réalité. En projetant son image rétinienne à si courte distance, l'œil juge nécessairement les objets trop petits (2).
La dilatation excessive de la pupille d'un œil entraine, à cause de l'éblouissement qui s'ensuit, le rétrécissement de la pupille de l'autre. Par la même raison, les objets paraissent beaucoup plus éclairés au premier œil qu'au second.
La myosis dans un œil ne provoque pas la mydriase dans l'autre. Cependant l'éclairement des objets est ici aussi en rapport avec le diamètre des deux pupilles.
La plus faible solution de sulfate d'atropine dont une goutte produise encore la mydriase est, suivant Jaarsma (3), de 1 : 80 000. La goutte ne contiendrait que 0°',0000008 de la substance ; l'effet commencerait à se montrer au bout d'une heure et durerait vingt-quatre heures.
(1) Donders, loc. cit., p. 586.
;2) Donders, Nederlandsch Lancet, t. VI, p. 607, 1851. (3) Jaarsma, loc. cit., p. 68.