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B. PHYSIOLOGIE DES PARTIES CENTRALES DE L'APPAREIL NERVEUX OPTIQUE

Sous le rapport physiologique, il n'y a rien de particulier à dire des fibres optiques dans leur parcours depuis le nerf optique à travers le chiasma et les bandelettes optiques. Elles ne s'y divisent pas, n'affectent aucun rapport avec des cellules nerveuses, et jouent simplement le rôle de conducteurs isolés. L'état d'excitation, né dans leurs extrémités périphériques, se propage dans la direction centripète jusqu'à l'une ou l'autre station ganglionnaire (1).

Dans le mésocéphale, nous avons, comme aboutissants ganglionnaires des fibres optiques, la partie postérieure de la couche optique, notamment le pulvinar et le corps genouillé externe, puis le tubercule quadrijumeau antérieur; il y a de plus les fibres descendant dans le pédoncule cérébral, notamment dans le noyau d'origine des nerfs oculo-moteur commun et pathétique.

Selon toutes les apparences, ces ganglions, que la physiologie générale caractérise comme des centres pour des réflexes compliqués, ne sont nullement le siège des sensations visuelles. Ces dernières naissent dans une partie de l'écorce cérébrale, dans l'écorce du lobe occipital, dans laquelle nous

(1) Voyez toutefois la remarque au bas de la page 554. Si les observations mentionnées en cet endroit venaient à se confirmer, il y aurait dans le nerf optique des fibres conduisant l'influx nerveux dans une direction centrifuge.

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avons poursuivi de nombreuses radiations optiques. Dans la couche optique, le tubercule quadrijumeau antérieur et dans le noyau de l'oculo-moteur commun, l'excitation des fibres nerveuses optiques provoquera les réflexes nombreux, quelquefois très compliqués, que nous savons être la conséquence d'impressions visuelles diverses.

Il y a lieu de demander aussi à la physiologie quelles sont donc les voies d'innervation visuelles allant aboutir à l'écorce cérébrale.

Nous avons bien décrit les nombreuses radiations optiques allant de la couche optique et des tubercules quadrijumeaux à l'écorce occipitale. Mais dans quelle mesure ces radiations servent-elles aux innervations visuelles conscientes? D'autre part l'existence du faisceau qui, d'après Wernicke, va directement de la bandelette optique à l'écorce occipitale, est encore plus ou moins problématique.

Nous savons que chez l'oiseau, l'abblation d'un lobe optique (= tubercule quadrijumeau) produit la cécité de l'œil opposé, et que l'ablation des deux lobes optiques rend l'animal tout à fait aveugle. Les fibres optiques allant à l'écorce paraissent donc toutes passer chez l'oiseau par les tubercules quadrijumeaux. Toutefois, cela n'autorise pas à admettre la même chose .chez les mammifères supérieurs. Nous savons que beaucoup de fonctions qui chez les mammifères siègent dans les couches optiques sont chez les oiseaux localisées dans les tubercules quadrijumeaux. Les essais d'ablation des tubercules quadrijumeaux chez des mammifères ont produit des troubles visuels, la cécité même; mais ils nous semblent trop peu nombreux pour décider la question de savoir si toutes les fibres optiques passent par cette station.

D'un autre côté, la destruction d'une couche optique produit des troubles visuels chez le mammifère (lapin) ; mais d'après Knoll {Centralbl. f. d. med. Wiss., 1872), l'opération a cet effet seulement lorsque l'enveloppe blanche de la couche optique, renfermant les racines de la bandelette optique, est comprise dans la destruction. L'observation clinique elle aussi semble démontrer (Nolhnagel, Top. Diagn. de Gehirnkr.) que des lésions bornées à l'intérieur de la couche optique ne produisent pas de troubles des sensations visuelles. La physiologie n'a donc jusqu'ici reconnu, en fait de racines optiques allant vers l'écorce occipitale, que celle qui provient du tubercule quadrijumeau antérieur (voyez à la p. 548 le schéma du parcours de cette racine).

Le tubercule quadrijumeau antérieur, le pulvinar et le corps genouillé externe s'atrophiant après la perte delà vision, on peut se demander si les fibres passant par ces stations sont toutes interrompues par de la substance grise. La question n'est pas définitivement résolue ; on sait seulement que beaucoup de ces fibres sont interrompues par la substance grise.

Sur la dernière question s'en greffe une autre, celle de savoir si dans le nerf optique il faut supposer deux espèces de fibres optiques, dont les unes iraient dans l'écorce provoquer des sensations visuelles, et dont les autres se borneraient à provoquer des réflexes dans le mésocéphale. — La physiologie tend à ne plus admettre les fibres excito-raotrices, c'est-à-dire des fibres centripètes ne donnant jamais lieu à des sensations, mais produisant seulement des actions réflexes. Aussi admettons-nous, conformément au schéma de la figure 138, que les fibres optiques terminées dans les tubercules quadrijumeaux peuvent y provoquer des réflexes, et néanmoins se continuent, après intercalation de cellules, dans l'écorce occipitale. — En est-il de même des fibres qui, d'après Stilling, se rendent dierctement au noyau d'origine de l'oculo-moteur commun? Et si on venait à démontrer que les racines de la bandelette optique qui remontent depuis l'olive et le pont de Varole sont des fibres optiques, devrait-on faire l'hypothèse, très invraisemblable, d'une voie d'innervation optique consciente faisant un immense crochet descendant à travers la moelle allongée ?

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