‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 227 sur 327 · III · texte numérisé non relu

III

706 , NUEL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.

douloureuses persistantes des filets intra-oculaires, nous voyons suirvenir dans le second œil ordinairement une inflammation du nerf optique et du corps ciliaire; assez souvent l'ophtlialmie réflexe ne consiste, au moins au début, qu'en une asthénopie rétinienne, en des obscurcissements périodiques de l'œil, en une irritation ciliaire congestive , accompagnée de parésie accommodative. Le nom de névrose sympathique a été donné par Donders à ces troubles pour indiquer qu'il ne s'agit probablement pas d'altérations organiques profondes, mais bien d'une espèce d'amblyopie, dont les caractères ont beaucoup d'analogie avec ceux de l'amblyopie réflexe au premier degré que nous caractériserons un peu plus loin. On sait du reste que ces symptômes disparaissent avec l'excitation des nerfs de l'œil sympathisant. — Il est vrai qu'on tend aujourd'hui à mettre l'affection de l'œil sympathique sur le compte d'une immigration d'organismes inférieurs provenant de l'œil primitivement atteint. Mais en supposant que cette immigration vînt à se confirmer, il resterait encore à voir jusqu'à quel point l'affection du second œil est le fait de ces schizomycètes, et jusqu'à quel point elle est une conséquence de l'irritation ciliaire du premier œil. Il faudra toujours compter avec ce fait d'observation que l'œil sympathisant est toujours le siège de douleurs ciliaires. — Une observation de tous les jours démontre du reste que l'irritation, les douleurs ciliaires d'un œil affectent toujours plus ou moins la vision du second œil, témoin la photophobie, l'injection ciliaire, et même un certain degré d'amblyopie dans un œil lorsque son congénère est le siège de douleurs ciliaires, dans l'iritis, la cyclite, les kératites, les phlyctènes, etc.

Passons à la description des amblyopies réflexes en particulier. Nous avons en premier lieu celles qui sont provoquées par des états pathologiques des diverses branches du trijumeau (nerf dentaire supérieur, nasal, frontal, etc.). Nous y rattacherons ce que nous savons des amblyopies réflexes dues à l'irritation du tube digestif par des vers intestinaux; les matériaux sont trop rudimentaires pour que nous puissions établir pour elles une rubrique à part. — En second lieu, nous avons les amblyopies réflexes dont le point de départ est dans les organes génitaux. Ordinairement ces malades présentent des symptômes plus ou moins prononcés d'hystérie. D'autre part, l'asthénopie névroptique se rencontre assez fréquemment chez des femmes hystériques à divers degrés, mais dont le système génital n'est le siège d'aiicmi processus pathologique. Nous traiterons donc sous la rubrique « amblyopie hystérique » toutes ces amblyopies des hystériques, liées ou non à les altérations des organes sexuels.

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