ANOMALIES. — GÉNÉRALITÉS
grand (1). Dans les conditions habituelles, cet angle, qu'on désigne par la lettre grecque Y, est positif, c'est-à-dire que le grand axe de l'ellipsoïde cornéen passe en dehors de la ligne de regard principale. Comme il est généralement petit, et ne dépasse guère 3 à 5 degrés, le centre cornéen, qui nous sert de point de repère pour juger de la position d'un œil, nous paraît sensiblement situé sur la ligne de regard de cet œil. Mais, pour peu que cette valeur augmente, le centre de la cornée, et avec lui le globe oculaire tout entier, nous paraît déplacé en dehors. Si nous ne sommes pas exactement renseignés sur la valeur de l'angle y, la ligne de regard elle-même nous semblera déviée en dehors; il y aura strabisme divergent apparent. Cet aspect s'observe parfois chez certains hypermétropes, l'angle y étant généralement plus grand dans l'hypermétropie que dans l'emmétropie. On peut cependant le voir également chez des emmétropes.
Si, au contraire, l'angle y devient nul ou même négatif, nous serons exposés à une erreur inverse. C'est ce qui arrive surtout dans la myopie. L'expérience de l'occlusion alternative de chaque œil, ou bien les mensurations plus précises dont nous allons parler nous mettront rapidement à même de rectifier notre jugement.
M. Schôler a indiqué (irc/i. f. Ophtii., XIX, 1, p. 42-46, 1873)unprocédé très ingénieux pour reconnaître de très faibles déviations d'un œil. L'idée, qui lui a été inspirée par Helmholtz, est la suivante : Si l'on fusionne en une seule les deux images des yeux d'un individu, tout point symétriquement placé dans chacune des images apparaîtra sur un même plan, tandis que certains points, non symétriques, se peignant sur les rétines avec une disparation (2) plus ou moins considérable, paraîtra plus éloigné ou plus rapproché suivant son genre de disparation. C'est ainsi que l'iris, avec sa pupille généralement un peu décentrée, apparaît tantôt creusé en entonnoir, tantôt saillant, le bord pupillaire s'avançant contre la cornée.
En produisant sur chaque cornée un petit reflet en des points symétriques, les deux reflets sont généralement fusionnés en une image unique, située à peu près dans le plan pupillaire. Si les points ne sont plus symétriques (par suite d'une légère déviation de l'un des yeux), l'image unique apparaîtra bien en avant ou bien en arrière de la pupille. En déplaçant la flamme qui produit le reflet de l'œil dévié, on ramène l'image unique dans le plan pupillaire. On a ainsi, suivant l'auteur, un moyen d'une délicatesse extrême pour juger de la position réciproque des yeux (pour les détails du j procédé, voy. l'article original).
Mensuration de Vangle y, de Vangle x et du strabisme. — Si l'on 1 prend le centre de la cornée comme point de repère pour apprécier la posi- I tion du globe oculaire, il importe de savoir quelle distance angulaire le sépare de l'intersection de la surface cornéenne avec la ligne de regard,
(1) Voy. ce Traité, t. III, p. 110.
(2) Non-correspondance des deux images rétiniennes.
DE WF.CKER ET LANDOLT.