‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 247 sur 327 · III. - 5i · texte numérisé non relu

III. - 5i

LANDOLT ET EPERON

MOUVEMENTS DES YEUX

Diagnostic étiologique des paralysies oculaires.

Les circonstances étiologiques que nous venons d'énumérer se présentent généralement toutes à l'esprit du médecin qui se trouve en face d'une paralysie musculaire de l'œil. Une anamnèse soigneuse permettra promptement d'en éliminer la plupart, en dirigeant l'attention plus spécialement sur quelques-unes d'entre elles. Généralement, les affections de ce genre qui surviennent chez des individus encore jeunes et offrant les apparences de la santé, quand elles ne sont pas dues à un traumatisme, sont d'origine rhumatismale ou syphilitique. On doit donc suspecter la présence de la syphilis en pareil cas, et interroger le malade sur ses antécédents morbides. Le début à la suite d'un refroidissement, accompagné de douleurs frontales et périorbitaires, une sensation pénible lors des mouvements du globe plaideront en faveur d'une origine rhumatismale. Si ces deux causes ne paraissent pas être en jeu, il faudra rechercher s'il n'existe pas quelques symptômes frustes de tabès dorsal, l'anesthésie cubitale, les cardialgies, le masque d'insensibilité, les douleurs fulgurantes , l'abolition des réflexes patellaires et du réflexe pupillaire provoqué par la lumière, les troubles de la miction et de la défécation, etc. L'urine devra toujours être examinée aux fins de savoir si elle ne contient pas de sucre. Si toutes ces recherches demeurent sans résultat, on peut penser à une intoxication par le plomb ou par les autres substances nuisibles que nous avons mentionnées, en dernier lieu, à l'hystérie.

La nature des paralysies qui succèdent à la diphthérie sera bientôt reconnue, grâce à l'anamnèse. Cependant cette dernière devra être particulièrement minutieuse. Il peut arriver que des paralysies se produisent à la suite d'une angine sans aucune gravité apparente et qui peut avoir passé inaperçue du malade.

Celles qui pourraient être sous la dépendance d'un trouble circulatoire des centres nerveux s'accompagnent généralement des symptômes cérébraux habituels à ces lésions : céphalalgie, sensation de lourdeur de la tête, bourdonnements d'oreilles, inaptitude au travail, somnolence, etc. On recherchera soigneusement les causes qui peuvent provoquer ces troubles (altérations des fonctions digestives , constipation, excès de travail, de table ou de boissons alcooliques, parasites intestinaux, processus fébriles).

Si la paralysie est due à une altération anatomique du tissu encéphalique, elle ne saurait manquer d'être accompagnée par d'autres symptômes, tels que l'hémiplégie ou l'hémiparèse, la monoplégie, la paralysie faciale ou celle d'autres nerfs bulbaires^ l'abolition plus ou moins complète des fonctions cérébrales, les vomissements, les accès épileptiformes.

L'hystérie enfin se trahira par ses stigmates bien connus : plaques d'anesthésieou hémianesthésie complète, douleur ovarienne, boule hystérique,

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